‹ Arc-en-ciel et Sourcil-RougeChapitre 47 sur 66 · LE VOYAGE DU COMPAGNON · texte numérisé non relu

LE VOYAGE DU COMPAGNON

Le Compagnon, sur le chemin, passe en chantant... Il a vingt ans, sm- le chemin. « Ça, les belles iilles, j'ai le cœur hardi, et la poitrine bien poilue ! Qui veut du plaisir, dans les hautes herbes, de l'autre côté du chemin? »

Une main se tend vers lui, une main de femme. « Qu'est-ce qu'il y a dans ta main, jeune femme? — Mon amour, que je te donne! et j'y ai mis l'odeur de ma bouche pour le bonheur de ta bouche. — Viens donc avec moi, la belle ! »

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Le Compagnon, sur le chemin, passe en pleurant... Il a trente ans, sur le chemin. « Ça, les gens heureux, je suis à jeun encore que j'aie des bras robustes ! Est-ce que je ne trouverai pas à gagner mon pain de ce soir, dans Tusine, de l'autre côté du chemin?»

Une main se tend vers lui, une main d'homme, qui tremble un peu. « Qu'est-ce qu'il y a dans voire main, monsieur? — Un peu d'argent, que je te donne ! et si tu veux être domestique, j'ai une bonne place pour toi î — Laissez-moi en paix , monsieur ! »

Le Compagnon, sur le chemin, passe en rêvant... Il a vieilli, sur le chemin. « Ca, vous tous, est-ce que cela va durer longtemps ainsi ? Est-ce que vous ne pensez pas aux sauvages rêves des fronts sans chevets, et aux colères des ventres creux, de l'autre côté du chemin? »

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