CHAPITRE XVII
1. Et Abraham était fils (âgé) de quatre-vingt-dix-neuf ans; et et Jéhovah apparut à Abraham, et il lui dit : Moi, (je suis) le Dieu Schaddaî, marche devant Moi, et sois intègre.
2. Et j'établirai mon alliance entre Moi et toi, et je te multiplierai beaucoup, beaucoup.
3. Et Abraham tomba sur ses faces; et Dieu parla avec lui, en disant :
A. ( C'est ) Moi, voici, mon alliance ( est ) avec toi, et tu seras pour père d'une multitude de nations.
5. Et l'on ne t'appellera plus de ton nom Abram, et ton nom sera Abraham, parce que je t'ai donné pour père d'une multitude de nations.
6. Et je te ferai fructifier beaucoup, beaucoup, et de toi je ferai des nations, et des rois sortiront de toi.
7. Et j'établirai mon alliance entre Moi et toi, et ta semence après toi, dans leurs générations, en alliance éternelle, afin que je te sois pour Dieu, et à ta semence après toi.
8. Et je te donnerai, et à ta semence après toi, la terre de tes voyages, toute la terre de Canaan, en possession éternelle, et je leur serai pour Dieu.
9. Et Dieu dit à Abraham : Et toi, tu garderas mon alliance, toi et ta semence après toi, dans leurs générations.
10. Ceci ( est ) mon alliance que vous garderez entre Moi et vous, et ta semence après toi : que tout mâle d'entre vous soit circoncis.
11. Et vous circoncirez la chair de votre prépuce, et ce sera en signe de l'alliance entre Moi et vous.
12. Et à l'âge de huit jours sera circoncis parmi vous tout mâle, dans vos générations, le né de la maison, et l'acheté par argent, de tout fils étranger qui n'(est) point, lui, de ta semence.
13. En circoncisant il sera circoncis le né de ta maison et Tacheté de ton argent, et mon alliance sera en votre chair en alliance éternelle.
1 A. Et le mâle incirconcis, qui n'est point circoncis dans la chair de son prépuce, et cette âme sera retranchée de ses peuples , elle a rompu mon alliance.
15. Et Dieu dit à Abraham : Saraï ton épouse, tu ne l'appelleras pas de son nom, Saraï, parce que Sarah (sera) son nom.
16. Et je la bénirai, et même je te donnerai d'elle un fils; et je le bénirai, et il sera en nation ; des rois de peuples sortiront d'elle.
17. Et Abraham tomba sur ses faces, et il rit, et il dit en son cœur : Nattra-t-il d'un fils (homme âgé) de cent ans? et Sarah fille (âgée) de quatre-vingt-dix ans enfantera-t-elle ?
18. Et Abraham dit à Dieu : Oh ! que Jischmaël vive devant Toi !
19. Et Dieu dit : Véritablement Sarah ton épouse t'enfantera un fils, et tu appelleras son nom Jischak, et j'établirai mon alliance avec lui en alliance éternelle pour sa semence après lui.
20. Et quant à Jischmaël, je t'ai entendu; voici, je le bénirai, et je le ferai fructifier, et je le ferai se multiplier beaucoup, beaucoup; il engendrera douze princes, et je le rendrai une grande nation.
21. Et j'établirai mon alliance avec Jischak que Sarah t'enfantera, vers ce temps fixe dans l'année suivante.
22. Et il acheva de parler avec lui, et Dieu s'éleva de dessus Abraham.
23. Et Abraham prit Jischmaël son fils, et tous les nés de sa maison, et tout acheté de son argent,, tout mâle parmi les hommes de la maison d'Abraham, et il circoncit la chair de leur prépuce, en ce même jour, selon que Dieu lui en avait parlé.
24. Et Abraham (était) fils (âgé) de quatre-vingt-dix-neuf ans, quand il circoncit la chair de son prépuce.
25. Et Jischmaël son fils {était) fils (âgé) de treize ans, quand il lui circoncit la chair de son prépuce.
26. En ce même jour Abraham fut circoncis, et Jischmaël son fils.
27. Et tous les hommes de sa maison, le né de sa maison et l'acheté de son argent, du fils étranger, furent circoncis avec lui.
CONTENU
1985. Il s'agit ici de l'union de l'Essence Divine du Seigneur avec son Essence Humaine, et de son Essence Humaine avec son Essence Divine, ainsi que de la conjonction du Seigneur par son Essence Humaine avec le Genre Humain.
1986. Jéhovah se manifeste au Seigneur dans son Humain, vers. 1. — en prédisant l'union, vers. 2, 3. — savoir, du Divin avec l'Humain et de l'Humain avec le Divin, vers. A, 5. — et que tout bien et tout vrai procéderaient du Seigneur, vers. 6. — qu'ainsi la conjonction du Divin avec le genre humain se ferait par le Seigneur, vers. 7. — et qu'il aurait le Royaume céleste, et le donnerait à ceux qui auraient la foi en Lui, vers. 8, 9. — mais l'homme doit auparavant éloigner ses amours et les cupidités honteuses de ses amours, et ainsi être purifié ; c'est ce qui a été représenté et ce qui est signifié par la Circoncision, vers. 10, 11. — Ainsi la conjonction se fera tant avec ceux qui sont nu - dedans de l'Église, qu'avec ceux qui sont hors de l'Église, vers. 12. — La purification devra absolument précéder, autrement il n'y aura aucune conjonction, mais il y aura damnation ; et la conjonction cependant ne peut exister que dans l'impur de l'homme, vers. 13, 14. — Prédiction de l'union de l'Essence Humaine avec l'Essence Divine, ou du Vrai avec le Bien, vers. 15, 16, 17. — Alors conjonction avec ceux qui sont dans les vrais de la foi, savoir, tant avec ceux qui sont de l'Église céleste, qu'avec ceux qui sont de l'Église spirituelle, vers. 18, 19. — Et ceux-ci seront aussi imbus des biens de la foi, vers. 20. — Conclusion : ces promesses s'accompliront par l'union de l'Essence Humaine avec
•i9C A KG AN ES CÉLESTES.
l'Essence Divine dans le Seigneur, vers. 21. — Fin de la prédiction, vers. 22. — Cela devait se faire ainsi, et s'est fait ainsi, vers. 23, 24, 25, 26, 27.
SENS INTERNE
1987. Vers. 1. Et Abram était fils (âgé) de quatre-vingt-dix neuf ans ; et Jéhovah apparut à Abram , et il lui dit : Moi, (je suis) le Dieu Schaddaï, marche devant Moi, et sois intègre. — Abram était fils (âge) de quatre-vingt-dix-neuf ans. signifie le temps avant que le Seigneur eût pleinement conjoint l'Homminc Interne avec l'Homme Rationnel ; Abram signifie le Seigneur dans cet état et dans cet Age : et Jéhovah apparut à Abram, signifie la manifestation : (il lui dit : signifie la perception :) Moi, (je suis) le Dieu de Schaddaï, signifie le nom du Dieu d' Abram dans le sens de la lettre, nom par lequel le Seigneur a d'abord été représenté devant eux : marche devant Moi , signifie le vrai de la foi : et sois intègre , signifie le bien.
1988. Abram était fils [âgé) de quatre-vingt-dix-neuf ans, signifie le temps avant que le Seigneur eut pleinement conjoint l'Homme Interne avec l'Homme Rationnel : c'est ce qu'on voit par la signification de Neuf, quand il précède Dix, ou ce qui est la même chose, de Quatre-vingt-dix-neuf avant Cent; car Abram, quand Isac lui naquit, était âgé de Cent ans. C'est surtout par les Nombres, ainsi que par les Noms, qu'on peut voir quel est le sens interne de 4a Parole; quels que soient les Nombres, dans la Parole, ils signifient des choses, comme signifient aussi les Noms; car il n'y a absolument rien dans la Parole, qui ne soit Divin, ou qui n'ait un sens interne; de là surtout résulte une preuve évidente que ce sens est bien éloigné du sens de la lettre ; en effet, dans le Ciel, on ne fait nullement attention aux Noms ni aux Nombres, mais on s'attache aux choses qui sont signifiées par les noms et par les nombres: par exemple, toutes les fois que se rencontre le nombre Sept, aussitôt à la place de sept l'idée de la sainteté se présente aux Anges, car Sept signifie la sainteté, parce que l'homme céleste est le Septième jour ou le
Sabbath, par conséquent le repos du Seigneur, N°* 84 à 87, 395, 433, 716, 881 : il en est de même de tous les autres nombres ; de Douze, par exemple; toutes les fois que se rencontre le nombre douze, l'idée de toutes les choses qui appartiennent à la foi se présente aux Anges, parce que les douze Tribus signifiaient ces choses, N° 577 : que, dans la Parole, les Nombres signifient les choses, c'est ce qu'on voit exposé dans la Première Partie, N°' 482, 487, 488, 493, 575, 647, 648, 755, 813, 893. Il en est de même du nombre Quatre-vingt-dix-neuf; si ce nombre signifie le temps avant que le Seigneur eût pleinement conjoint l'Homme Interne avec l'Homme Rationnel, cela résulte de la signification des Cent années qu'avait Abram, quand lui naquit Isac, par lequel est représenté et signifié l'Homme Rationnel du Seigneur, qui fut conjoint avec son Homme Interne, c'est-à-dire, avec le Divin ; dans la Parole, Cent signifie la même chose que Dix, parce que ce nombre est composé de dix multiplié par dix, et Dix signifie les Reliquiae, comme il a été expliqué dans la Première Partie, N° 576; on peut voir quelles sont les Reliquiae chez l'homme, N M 468, 530, 561, 660, 1050; et quelles sont les Reliquiae chez le Seigneur, N° 1906 : ces arcanes ne peuvent pas être davantage développés, mais chacun peut conclure, pourvu qu'auparavant il soit parvenu à connaître ce que sont les Reliquiae; car aujourd'hui on ignore ce que c'est : qu'on sache que les Reliquiae chez le Seigneur signifient les Divins biens qu'il s'est acquis Lui-Même par sa propre puissance, et par lesquels il a uni l'Essence Humaine à l'Essence Divine : d'après cela, on peut voir ce qui est signifié par le nombre Quattc-vingt-dix-neuf, qui, parce qu'il précède Cent, signifie le temps avant que le Seigneur eût pleinement conjoint l'Homme Interne avec l'Homme Rationnel; par Ismaël a été représenté le premier Rationnel chez le Seigneur, et il a été suffisamment montré, dans le Chapitre XVI, quel a été ce premier Rationnel ; mais par Isac est représenté le Rationnel Divin du Seigneur, ainsi qu'on le verra dans ce qui va suivre. Qu'Abram soit resté si longtemps dans la terre de Canaan, — maintenant la vingtquatrième année, dix ans avant qu'Ismaël naquît, et ensuite treize ans, — et n'eût pas encore eu un fils de Saraï son épouse, mais que la promesse d'un fils lui ait été faite alors pour la première fois, quand il avait quatre-vingt-dix-neuf an?, tout cela, chacun peut le III 20
voir, renferme un arcane ; l'arcane consistait à représenter par ces faits l'union de l'Essence Divine du Seigneur avec son Essence Humaine, et même l'union de son Homme Interne, qui était Jéhovah, avec son Homme Rationnel.
1989. Abram signifie te Seigneur dans cet état et dans cet âge : on en trouve la preuve dans ce qui a déjà été dit sur Abram. Abram dans le sens interne représente le Seigneur, car lorsqu' Abram est nommé dans la Parole, on n'entend pas dans le Ciel d'autre Abram que le Seigneur : à la vérité, ceux qui sont nés dans l'Eglise, et qui ont, d'après la Parole, entendu parler d'Abram, savent ce que c'est qu'Abram, quand ils viennent dans l'autre vie ; mais Abram étant comme un autre, et ne pouvant leur apporter aucun secours, ils ne s'occupent plus de lui ; et ils sont informés que par Abram, dans la Parole, on n'entend nul autre que le Seigneur; quant aux Anges, qui sont dans les idées célestes et ne les fixent sur aucun homme, ils ne connaissent nullement Abram, c'est pourquoi, quand la Parole est lue par l'homme et qu'Abram est nommé, ils ne perçoivent que le Seigneur seul, et en entendant les paroles dont il est ici question, ils perçoivent le Seigneur dans cet état et dans cet âge, car ici Jéhovah s'entretient avec Abram, c'est-à-dire, avec le Seigneur.
1990. El Jéhovah apparut à Abram, signifie la manifestation : on le voit sans explication, car Abram, comme il a été dit, représente le Seigneur. Nul homme d'aucun globe terrestre n'a vu Jéhovah, Père du Seigneur, mais le Seigneur seul l'a vu, comme Lui -MO me l'a dit, dans Jean : « Personne ne vit jamais Dieu ; le Fils Unique, » qui est dans le sein du Père, Lui L'a exposé.» — I. 18; — Dans le Même : « Vous n'avez jamais entendu sa voix, ni vu son aspect. » — V. 37; — et de nouveau dans le Même : — « Non que personne » ait vu le Père, si ce n'est celui qui est chez le Père, celui-là a vu » le Père.» — VI. 46. — L'Infini Lui-Même, qui est au-dessus de
ous les Cieux, et au-dessus des intimes chez l'homme, ne peut être manifesté que par le Divin Humain, qui est seulement chez le Seigneur; la communication de l'Infini avec les finis ne peut pas venir d'autre part ; voilà pourquoi aussi, quand Jéhovah appparut aux hommes de la Très-Ancienne Eglise, puis à ceux de l'Eglise Ancienne, qui exista après le déluge, et ensuite à Abraham et aux Prophètes, il se manifesta à eux comme homme; que le Seigneur ait été
cet homme, c'est ce qu'il enseigne ouvertement Lui-Même dans Jean : « Abraham votre père fut content de voir mon jour, et il l'a vu, et » il s'est réjoui. En vérité, en vérité je vous dis : avant qu'Abraham » fût, Moi je suis. » — VIII. 56, 58; — et en outre dans les Prophètes, par exemple, dans Daniel, auquel il se montra « comme fils » de l'homme. » — VII. 13. — De là il est évident que l'Être Infini, qui est Jéhovah, n'a jamais pu être manifesté à l'homme que par l'Essence Humaine, conséquemment que par le Seigneur; et qu'ainsi il n'a été manifesté à nul autre qu'au Seigneur seul : mais aussi pour qu'il pût se trouver en présence de l'homme et se conjoindre à lui, après que l'homme se fut entièrement éloigné du Divin, et se fut plongé dans d'affreuses cupidités et par conséquent dans les choses purement corporelles et terrestres, Il prit réellement par naissance l'Essence Humaine même, afin de pouvoir ainsi adjoindre toujours l'Infini Divin à l'homme qui s'était si éloigné ; autrement les hommes auraient péri de la mort des damnés pour l'éternité. Tous les autres arcanes sur la manifestation de Jéhovah dans l'Humain du Seigneur, quand il fut dans l'état d'humiliation, avant qu'il eût pleinement uni l'Essence Humaine à l'Essence Divine et qu'il l'eut glorifiée, seront, , par la Divine Miséricorde du Seigneur, exposés dans la suite, autant qu'ils peuvent être mis à la portée de l'homme.
1991. // lui dit, signifie la perception : c'est ce qu'on voit d'après la perception du Seigneur, perception qui lui venait de Jéhovah, et dont il a déjà été parlé N° 1919 ; il a aussi été montré, N" 1602, 1791, 1815, 1822, que Jéhovah dit ou Dieu dit signifie, dans le sens interne, percevoir.
1992. Moi. je suis le Dieu Schatldaï, signifie le nom du Dieu a" zébrant dans le sens de la lettre, nom par lequel le Seigneur a d'abord été représenté devant eux : on en trouve la preuve dans la Parole, où H est dit d'Abram et de la maison de son père qu'ils ont adoré d'autres dieux. Dans la Syrie, d'où sortait Abram, il était demeuré des restes de l'Ancienne Église; et là plusieurs familles en avaient retenu le culte, comme on le voit par Eber, qui était de ce pays, et dont est issue la nation des Hébreux; elles avaient pareillement retenu le nom de Jéhovah, comme on le voit par les explications qui ont été données dans la Première Partie, N # 1343, et par Biléam, qui était aussi de la Syrie, et qui offrit des sacrifices et ap-
pela son dieu Jébovah : on peut voir que Biléam était de la Syrie, — Nomb., XXIII. 7; — qu'il offrit des sacrifices, — Nouib., XXII, 39, 40. XXIII. 1, 2, 3, 14, 29 ; — qu'il appela Jéhovah son Dieu, Nomb., XXII. 8, 13, 18, 31. XXIII. 8, 12, 16. — Mais il n'en fut pas de même de la maison deThérach, père d'Abram et de Nachor; cette maison était là parmi les familles des nations, qui nonseulement avaient perdu le nom de Jébovah, mais servaient même d'autres dieux, et à la place de Jébovahadoraient Se haddaï, qu'elles nommaient leur Dieu : qu'elles aient perdu le nom de Jéhovah, on le voit par ce qui a été rapporté dans la Première Partie, N° 13 A3 ; et qu'ils aient servi d'autres dieux, c'est ce qui est dit ouvertement dans Josué : « Josué dit à tout le peuple : Ainsi a dit Jéhovab, le » Dieu d'Israël : Vos pères ont habité au-delà du fleuve dès le siècle, » Thèrach, père d'Abtaham et père de Nachor, et ils ont servi d'au- » très dieux. Maintenant, craignez Jéhovah et servez-Le en intégrité » et en vérité ; et éloignez les dieux que vos pères ont servis au-delà » du fleuve et en Égypte, et servez Jéhovah. Et s'il est mal à vos » yeux de servir Jéhovab, choisissez-vous aujourd'hui qui vous ser- » virez, ou les dieux qu'ont servis vos pères, qui (étaient) au-delà du » fleuve, ou lesdieux des Émorréens. » — XXIV, 2, 14, 15. — Que Nachor, frère d'Abram, et la nation qui est sortie de lui, aient servi d'autres dieux, on en trouve aussi la preuve dans Laban le Syrien, qui demeurait dans la ville de Nachor et adorait des images ou Théraphim que Rachel lui enleva, — Gen., XXIV. 10. XXXI. 19, 26, 32, 34. — Voir ce qui en a été dit dans la Première Partie, N° 1356; qu'au lieu de Jéhovah ils aient adoré Schaddaï, qu'ils appelaient leur dieu , c'est ce qui est dit ouvertement dans Moïse : » Moi Jéhovah, ) ai apparu à Abraham, à Isac et à Jacob, comme » Dieu Schaddaï, et je ne leur ai point été connu par mon nom de » Jéhovah. » — Exod., VI. 3. — Par ce qui vient d'être dit, on peut voir quel fut Abram dans sa jeunesse, c'est-à-dire qu'il fut idolâtre comme les autres gentils, et que même, lorsqu'il fut dans la terre de Canaan, il n'avait pas rejeté de son cœur le Dieu Schaddaï, par lequel est signifié le nom du dieu d'Abram dans le sens de la lettre, et que devant eux, savoir, devant Abraham, Isac et Jacob, le Seigneur a d'abord été représenté par ce nom, comme on en trouve la preuve manifeste dans le passage cité, — Exod., VI, 3, Si le Seigneur
a voulu être d'abord représenté devant eux par le nom deSchaddal, en voici la raison, c'est que jamais le Seigneur ne veut détruire subitement, ni, à plus forte raison, en un moment, le culte qui a été semé en l'homme dès l'enfance, car ce serait arracher la racine,
et ainsi déiruire la sainteté profondément implantée de l'adoration et du culte, sainteté que le Seigneur ne brise jamais, mais qu'il ploie; la sainteté du culte enracinée dès l'enfance a cela de particulier, qu'elle ne souffre pas la violence, mais supporte une flexion lente et douce ; il en arrive de même à l'égard des gentils qui, dans la vie du corps ont adoré des idoles et ont cependant vécu dans une charité mutuelle; la sainteté de leur culte, parce qu'elle a été enracinée en eux. dès leur enfance, leur est ôtée dans l'autre vie, non pas en un moment, mais successivement; en effet les biens et les vrais de la foi peuvent être facilement implantés chez ceux qui ont vécu dans une charité mutuelle, ensuite ils les reçoivent avec joie, car la charité est l'humus même. Il en fut de même pour Abraham, Isac et Jacob, c'est-à-dire que le Seigneur souffrit qu'ils retinssent le nom du dieu Schaddaï, au point qu'il disait lui-même qu'il était le dieu Schaddaï; et cela, en raison de la signification de ce mot Des interprètes rendent le mot Schaddaï par le Tout-Puissant; d'autres, par le Foudroyant; mais il signifie proprement le Tentateur, et après
Job, qui, parce qu'il était dans les tentations, le nomme tant de fois, comme on peut le voir par ces passages : « Voici, Heureux l'homme » que Dieu châtie! Ne répudie donc pas la discipline de Schaddaï. » — V. 17. — « Les flèches de Schaddaï (sont) avec moi; les terreurs » de Dieu se rangent en bataille contre moi. » — VI. 4. — « H » abandonnera la crainte de Schaddaï. » — VI. 14. — «Moi, je » veux parler à Schaddaï , et je veux contester avec Dieu. » — XIII. 3. — « Il étend sa main contre Dieu, et se conforte contre » Schaddaï. » — XV. 25. — « Ses yeux verront sa ruine, et il boira » de la fureur de Schaddaï. » — XXI. 20. -— « (C'est) Schaddaï, tu » ne le trouveras pas, (il est) grand en puissance, et en jugement, v et en abondance de justice, il n'affligera point. » —XXXVII. 23. - Dans Joël : «AU quel jour! car le jour de Jéhovah approche; i il viendra comme une dévastation par Schaddaï. »-I. 15; — on peut encore en avoir une preuve dans le mot même de Schaddaï r
qui signifie vastation, par conséquent tentation, car la tentation est une espèce de vastation ; mais comme ce mot a tiré son'origine des nations qui étaient dans la Syrie, Dieu n'est point appelé Elohim- Schaddaï, mais il est nommé El-Schaddaï, et dans Job, seulement Schaddaï, et El ou Dieu est nommé séparément Comme, après les Tentations, il y a Consolation, ils attribuèrent aussi au même Schaddaï le bien qui en provient, comme dans Job, XXII. 17, 23, 25, 26; puis l'entendement du vrai qui en procède aussi; XXXII. 8; XXXIII. A; — et parce qu'il en était ainsi, il fut pris pour le dieu du Vrai, car c'est au Vrai, et jamais au Bien, qu'appartiennent la vastation, la tentation, la correction et la réprimande ; et comme le Seigneur a été représenté par lui devant Abraham, Isac et Jacob, le nom fut retenu, même dans les Prophètes; mais là, par Schaddaï, on entend le vrai, comme dans Ézéchiel : « J'entendis la voix des » ailes des Chérubins, comme la voix de beaucoup d'eaux, comme » la voix de Schaddaï, quand ils marchaient, (c'était) une voix de » tumulte comme la voix des camps. » — I. 24. « Dans le même : « Le parvis fut rempli de la splendeur de la gloire de Jéhovah, et la » voix des ailes des Chérubins fut entendue jusqu'au parvis extérieur, » comme la voix du Dieu Schaddaï quand il parle. » — X. 4,5; — là, Jéhovah désigne le bien, et Schaddaï le vrai ; les ailes, dans la Parole, signifient pareillement, dans le sens interne, les choses qui appartiennent au vrai. Isac et Jacob nomment aussi le dieu Schaddaï dans un sens semblable, c'est-à-dire, comme un Dieu qui tente et délivre de la tentation, et qui ensuite fait du bien : Isac dit à son fils Jacob, qui fuyait à cause d'ÈsaU : « Que le Dieu Schaddaï te bé- » nisse, et te fructifie, et te multiplie. » — Gen. XXVIII. 3. — Jacob dit à ses fils, qui s'en allaient en Egypte pour acheter du blé, quand ils craignaient tant Joseph : • Que le Dieu Schaddaï vous » donne des miséricordes devant cet homme, et qu'il vous relâche » votre autre frère et Benjamin. » — Gen. XLIII. 14. — Jacob, qui est nommé là Israël, dit en bénissant Joseph qui, plus que ses autres frères, avait été dans les maux des tentations et en avait été délivré : «Par le Dieu de ton père, et il t'aidera, et avec Schaddaï. ■ et il te bénira. » — Gen. XLIX. 25. — C'est donc d'après cela que le Seigneur a voulu d'abord être représenté par le Dieu Schaddaï, qu'Abram avait adoré , en disant : « Moi , y. suis le Dieu
» Schaddaï, » Et pareillement ensuite devant Jacob : t Moi, je suis » le Dieu Schaddaï. fructifie et multiplie. » — Gen. XXXV. 11 ; — C'était aussi parce que, dans ce qui précédait, il avait été question, dans le sens interne, des tentations. Le culte de Schaddal chez eux a tiré son origine de ce que, comme chez une certaine nation dont, par la Divine Miséricorde du Seigneur, il sera parlé dans la suite, il arriva aussi très souvent chez ceux qui ont été de l'Ancienne- Ëglisc, qu'ils entendirent des Esprits qui réprimandaient et qui ensuite consolaient; les esprits qui réprimandaient étaient perçus au côté gauche, sous le bras; des Anges alors se tenaient près de la tête pour diriger les Esprits et modérer la réprimande ; et comme ils pensaient que tout ce qui leur était dit par ces Esprits était Divin, ils nommaient Schaddal l'Esprit qui les réprimandait, et parce qu'ensuite il les consolait, ils l'appelaient Dieu Schaddal : dans ce temps, parce qu'ils ne comprenaient pas le sens de la Parole, ils étaient, comme y furent aussi les Juifs, dans cette croyance religieuse, que tout mal, et par conséquent toute tentation venait de Dieu, de même que tout bien, et par conséquent toute consolation ; mais pour se convaincre qu'il en est tout autrement, il suffit de voir ce qui a été dit dans la Première Partie, N°* 245, 592, 096, 1093,
1993. Marche devant moi, signifie le vrai de la foi : on en trouve la preuve dans la signification de Marcher, en ce que c'est vivre selon le vrai de la foi, N* 519; et dans la signification du Chemin, auquel se réfère le mot marcher, en ce que c'est aussi le vrai, comme on l'a vu N° 627.
199A. Et sois intègre, signifie le bien de la charité : cela est évident d'après la signification de Vintègre, en ce que c'est faire le bien qui provient du vrai, c'est-à-dire faire le bien par la conscience du vrai, ainsi par la charité, car celle-ci fait la conscience; voir sur cette signification le N° 612 ; mais comme, dans le sens interne, il s'agit du Seigneur, Vintègre signifie le bien de la charité, car de la charité procède le bien, de manière que le vrai même qui en provient est le bien.
1995. Vers. 2. Et j'établirai mon alliance entre Moi et loi, et je te multiplierai beaucoup, beaucoup. — J'établirai mon alliance entre Moi et toi, signifie l'union de l'Homme interne, qui est Jénovah,
avec l'Homme Intérieur; et je te multiplierai beaucoup, beaucoup, signifie la fructification de l'affection du vrai jusqu'à l'infini.
1996. J'établirai mon alliance entre Moi et toi, siynifie l'union de l'Homme Interne, qui est Jéhovah, avec l'Homme Intérieur : on le voit par la signification de Yalliance, en ce qu'elle est la conjonction; en effet, toutes les fois qu'il est fait mention, dans la Parole, d'une alliance entre Jéhovah et l'homme, l'alliance ne signifie, dans le sens interne, rien autre chose que la conjonction du Seigneur avec l'homme ; les alliances tant de fois contractées entre Jéhovah et les descendants de Jacob, n'ont pas représenté autre chose ; cela ayant déjà été confirmé dans la Première Partie, N°* 665, 666, 1023, 1038, 1864, il serait superflu de le confirmer ici de nouveau. L'Homme Interne du Seigneur fut Jéhovah, parce que le Seigneur a été conçu de Jéhovah ; or l'Homme Intérieur est représenté ici par Àbram ; c'est pourquoi l'alliance entre Moi et toi signifie l'union de l'Homme Interne, ou de Jéhovah, avec l'Homme Intérieur, par conséquent avec l'Essence Humaine du Seigneur.
1997. Je te multiplierai beaucoup, beaucoup, signifie la fructification du vrai jusqu'à l'infini : c'est ce qu'on peut voir par la signification être multiplié, en ce que multiplier se dit du vrai, N oi 43, 55, 913, 983; et comme il s'agit du Seigneur, être multiplié signifie la fructification du Vrai par le Bien jusqu'à l'infini, ainsi qu'il est dit plus haut. N° 1940. Il y a deux Affections, savoir, l'affection du bien et l'affection du vrai ; l'Affection du bien c'est de faire le bien par l'amour du bien ; l'Affection du vrai, c'est de faire le bien par l'amour du vrai ; ces deux affections semblent, à la première inspection, être les mêmes, mais elles sont en elles-mêmes distinctes, et quant à l'essence et quant à l'origine; l'Affection du bien, ou faire le bien par l'amour du bien, appartient proprement à la volonté, tandis que l'Affection du vrai, ou faire le bien par l'amour du vrai, appartient proprement à l'entendement; ainsi ces deux Affections sont distinctes entre elles comme la volonté et l'entendement : l'Affection du bien procède de l'amour céleste, tandis que l'Affection du vrai procède de l'amour spirituel ; l'Affection du bien ne peut se dire que de l'homme céleste, tandis que l'Affection du vrai ne peut se dire que de l'homme spirituel ; quant au céleste et à l'homme céleste, et quant au spirituel ou à l'homme spirituel, il a été suffisamment montré ce
que c'est daus la Première Partie. La Très-Ancienne Église, qui a existé avant le déluge, était dans l'affection du bien; mais l'Église Ancienne, qui a existé après le déluge, était dans l'affection du vrai; car celle-là était une Église Céleste, mais celle-ci était une Église spirituelle ; tous les Anges dans les cieux sont distingués en célestes et en spirituels, les célestes sont ceux qui sont dans l'Affection du bien, et les spirituels ceux qui sont dans l'Affection du vrai, le Seigneur apparaît aux Anges célestes comme Soleil, et aux Anges spirituels comme Lune, N°* 1529, 1530, 1531, 1838 ; cette affection, ou l'affection du vrai, le Seigneur l'a unie à l'affection du bien, qui est de faire le bien par l'amour du bien, lorsqu'il a uni l'Essence Humaine à l'Essence Divine : de là, être multiplié beaucoup, beaucoup, signitie la fructification à l'infini du vrai procédant du bien.
1998. Vers. 3. Et Abram tomba sur ses faces; et Dieu parla avec lui, en disant. — Abram tomba sur ses faces, signifie l'adoration : et Dieu parla avec lui, en disant, signifie le degré de la perception; il est dit Dieu, parce que le Seigneur est représenté par le Dieu Schaddaî qu' Abram a adoré, et aussi parce qu'il s'agit du vrai, qui doit être uni au bien.
1999. Abram tomba sur ses faces, signifie l'adoration : on le voit sans explication. Tomber sur ses faces était le rite d'adoration de la Très-Ancienne Église, et fut ensuite celui des Anciens; et cela, parce que la face signifiait les intérieurs, dont l'état d'humiliation était représenté par tomber sur ses faces; par suite, cela devint solennel dans l'Église Représentative Judaïque ; la véritable adoration ou l'humiliation du cœur porte avec soi la prosternation à terre sur les faces, devant le Seigneur, comme étant le geste qui en découle naturellement; car dans l'humiliation du cœur il y a reconnaissance qu'on n'est soi-même que souillure, et en même temps reconnaissance de la Miséricorde infinie du Seigneur envers une telle souillure ; quand le mental est tenu dans ces reconnaissances, le mental lui-même se baisse vers l'enfer, et fait prosterner le corps, et ne s'élève point avant qu'il soit élevé par le Seigneur; cela arrive dans toute véritable humiliation, avec la perception qu'on est élevé par la Miséricorde du Seigneur; tel a été l'humiliation des hommes delà Très-Ancienne Église; mais il en est autrement de l'adoration qui ne procède pas de l'humiliation du cœur. Voir N° 1153. On sait.
par la Parole, dans les Évangélistes, que le Seigneur a adoré et prié Jéhovah, et cela, comme si c'était un autre que lui-même, quoique Jéhovah fût en lui ; mais l'état dans lequel s'était alors trouvé le Seigneur était un état d'humiliation de Lui-Méme : il a été dit, dans la Première Partie, quel avait été cet état, c'est-à-dire que le Seigneur était alors dans la faiblesse humaine qu'il tenait de sa mère; mais autant il s'en dépouillait et revêtait le Divin, autant il était dans un autre état, qui est appelé l'état de sa Glorification; dans le premier état il adorait Jéhovah comme un autre que Lui-Même, quoique Jéhovah fût en Lui, car son Homme Interne, comme il a été dit, était Jéhovah ; mais dans le second état, savoir, l'état de gloriûcation, il parlait avec Jéhovah comme avec Soi-Méme, car il était Lui-Même Jéhovah. Toutefois, il est impossible de comprendre cet état de choses, à moins qu'on ne sache ce que c'est que l'Interne, et comment l'interne agit dans l'Externe; et en outre comment l'Interne et l'Externe ont été distingués entre eux et néanmoins conjoints ; mais cependant cela peut être illustré par quelque chose de semblable, savoir par l'Interne chez l'homme, et par l'influx et l'opération de l'Interne dans l'Externe chez lui : que l'homme ait un Interne, un Intérieur ou Rationnel, et un Externe, c'est ce qu'on a vu précédemment, N°* 1889, 19A0 ; l'Interne de l'homme est ce qui fait que l'homme est homme, et ce qui le dislingue des animaux brutes; par cet interne, l'homme vit après la mort, et il vit éternellement, et par lui l'homme peut être élevé parmi les Anges par le Seigneur; il est la première forme même d'après laquelle l'homme devient et est homme ; par cet Interne le Seigneur est uni à l'homme ; le Ciel même le plus près du Seigneur se compose de ces Internes humains, mais toutefois au-dessus du Ciel Intime Angélique, c'est pourquoi ces Internes appartiennent au Seigneur Lui-Même; ainsi tout le Genre Humain est très présent sous les yeux du Seigneur ; la distance qui apparaît dans le globe sublunaire est nulle dans le Ciel, et à plus forte raison au-dessus du Ciel ; Voir ce qui a été rapporté d'après l'expérience, N" 1275, 1277. Ces Internes des hommes n'ont pas la vie eu eux, mais ils sont les formes récipientes de la vie du Seigneur; autant donc l'homme est dans le mal, tant actuel qu'héréditaire, autant il est comme séparé de cet Interne, qui est au Seigneur et chez le Seigneur, par conséquent autant il est séparé du
Seigneur; car bien que cet Interne soit adjoint à l'homme et inséparable de lui, toujours est-il cependant que l'homme se sépare, pour ainsi dire, de cet Interne, selon qu'il s'éloigne du Seigneur; Voir N° 1594 ; mais cette séparation ne consiste pas en ce qu'il y a arrachement de l'interne, car alors l'homme ne pourrait plus vivre après la mort, mais elle consiste en un dissentiment et une dissension entre l'interne et les facultés de l'homme qui sont au-dessous, c'est-àdire qui appartiennent à son homme Rationnel et à son homme Externe : autant il y a dissentiment et dissension, autant l'homme est disjoint ; mais autant il n'y a ni dissentiment ni dissension, autant l'homme est conjoint au Seigneur par l'Interne, ce qui arrive selon qu'il est dans l'amour et la charité, car l'amour et la charité consignent ; c'est ainsi qu'il en est chez l'homme. Mais l'Interne du Seigneur a été Jéhovah Lui-Même, puisque le Seigneur a été conçu de Jéhovah. qui ne peut être divisé ni devenir l'interne d'un autre, comme celui d'un fils qui a été conçu par un père homme; car le Divin n'est pas divisible comme l'huma in, mais il est et demeure un et le même; le Seigneur a uni l'Essence Humaine avec cet Interne ; et comme l'Interne du Seigneur a été Jéhovah, il n'a pas été, comme l'Interne de l'homme, une forme récipiente de la vie, mais il a été la vie elle-même; l'Essence Humaine du Seigneur est aussi par l'union devenue pareillement la vie; c'est pour cela que le Seigneur a dit tant de fois qu'il est la vie, comme dans Jean : t De même que le Père a la Vie en Soi-même, » ainsi il a donné au Fils d'avoir la Vie en Soi-Mème. » — V. 26 ; — outre d'autres passages, dans le Même : — I. 4 ; V. 21 ; VI. 33, 35, 48 ; XI. 25. — Autant donc le Seigneur était dans l'Humain qu'il reçut par hérédité maternelle, autant il apparut distinct de Jéhovah et adora Jéhovah comme un autre que Soi-Même; mais autant le Seigneur dépouilla cet humain, autant il fut non distinct de Jéhovah, mais un avec Lui; le premier état fut, comme il a été dit, l'état d'humiliation du Seigneur, tandis que le second fut son état de Glorification.
2000. El Dieu parla avec lui, en disant, signifie le degré de la perception : on le voit par la signification de dire quand c'est Jéhovah qui dit, en ce que c'est percevoir, N 0 ' 1898, 1899; ici, c'est le degré de la perception, parce que le Seigneur était dans un état d'humiliation ou d'adoration, dans lequel selon son degré il était plus conjoint et plus uni à Jéhovah, car l'humiliation a cela avec elle: que les
perceptions soient de plus intérieures en plus intérieures, c'est ce qu'on a vu N° 1616.
2001. // est dit Dieu, parce que le Seigneur est représenté par le Dieu Schaddat, qu'Abram a adoré; et aussi parce qu'il s'agit du Vrai qui doit être uni au Bien : cela est évident d'après ce qui vient d'être dit Dans la Parole, le Seigneur est parfois nommé Jéhovah, parfois Jéhovah-Dieu, parfois le Seigneur Jéhovah, parfois Dieu, et cela toujours d'après une cause cachée dans le sens interne ; quand il s'agit de l'amour ou du bien, et de l'Église céleste, il est appelé Jéhovah; mais quand il s'agit de la foi ou du vrai, et de l'Église spirituelle, il est appelé Dieu, et cela constamment : la raison, c'est que l'Être même du Seigneur appartient à l'amour, et que l'Être qui en procède appartient à la foi, N M 709, 732 ; ici donc il est dit Dieu, parce qu'il s'agit du Vrai qui doit être uni au Bien ; une seconde raison ici, c'est que le Seigneur a voulu être représenté par le dieu Schadda! qu'Abram a adoré ; c'est pour cela que le nom Dieu continue à être employé dans la suite, car dans ce Chapitre Jéhovah n'est nommé qu'une fois, et Dieu l'est plusieurs fois, comme dans les Versets, 7, 8, 15, 18, 19, 22, 23.
2002. Vers. 4. (C'est) Moi, voici, mon alliance (est) avec toi, et tu seras pour père d'une multitude de nations. — (C'est) Moi, voici, mon alliance (est) avec loi, signifie l'union de l'Essenee Divine avec l'Essence Humaine : et tu seras pour père dune multitude de nations, signifie l'union de l'Essence Humaine avec l'Essence Divine; le père signilie de Lui; une multitude signifie le vrai; des nations signifie le nien provenant du vrai.
2003. C'est Moi, voici, mon alliance est avec toi, signifie l'union de l'Essence Divine avec l'Essence Humaine : on le voit par la signification de Y alliance , en ce qu'elle est la conjonction, ainsi qu'il a été dit, N°* 665, 666, 1023, 1038 ; qu'ici ce soit l'union de l'Essence Divine avec l'Essence Humaine, c'est ce qui résulte évidemment de cette signification, et du sens interne des choses précédentes, ainsi que des paroles mêmes : mon alliance est avec toi.
2004. Et tu seras pour père d'une multitude de nations, signifie l'union de l'Essence Humaine avec l'Essence Divine : on ne le peut pas voir de même par l'explication de chaque mot dans le sens interne, à moins qu'on ne considère ces mots par une certaine iaèe
commune par laquelle ce sens se manifeste ; tel est parfois le sens interne : quand il est tel, on peut l'appeler sens plus universel, parce qu'il est plus éloigné : de l'explication de chaque mot résulte ce sens le plus prochain, que du Seigneur procède tout vrai et tout bien ; car, ainsi qu'il sera dit plus bas, le Père signifie de Lui, c'est-à-dire, du Seigneur; la multitude, le vrai; et des nations le bien provenant du vrai; mais comme c'est par là, c'est-à-dire, par les vrais et par les biens, que le Seigneur a uni l'Essence Humaine à l'Essence Divine, ce dernier sens plus universel et plus éloigné surgit du premier sens ; les Anges perçoivent ainsi ces paroles, et alors tout ensemble l'union réciproque, savoir, l'union de l'Essence Divine du Seigneur avec son Essence Humaine, et de son Essence Humaine avec son Essence Divine; car, ainsi qu'il a été dit, ces mots : Moi, voici 9 mon alliance est avec toi, signifient l'union de l'Essence Divine avec l'Essence Humaine; et ceux dont il s'agit ici signifient l'union de l'Essence Humaine avec l'Essence Divine. Que cette union se soit réciproquement opérée, c'est un arcane qui n'a pas encore été découvert, et qui est tel, qu'à peine peut-il être exposé de manière à être compris ; car personne n'a encore connu la qualité de l'influx, et sans la connaissance de l'influx, on ne peut avoir aucune idée de ce que c'est que l'union réciproque ; toutefois cela peut être illustré quelque peu par l'influx chez l'homme, car il y a aussi chez l'homme une conjonction réciproque : par l'Interne de l'homme, dont il vient d'être parlé, N° 1999, la vie influe continuellement du Seigneur dans le Rationnel de l'homme, et par ce rationnel dans l'Externe, et même dans ses scientifiques et ses connaissances, et non seulement il les rend propres à recevoir la vie, mais encore il les dispose en ordre, et de cetle manière il fait que l'homme peut penser, et enfin il fait qu'il devient rationnel ; c'est là celte conjonction du Seigneur avec l'homme, sans laquelle l'homme ne pourrait jamais penser, ni à plus forte raison être rationnel ; chacun peut en avoir la preuve en ce qu'il y a dans la pensée de l'homme des arcanes innombrables de la science et de l'art analytique, et tellement innombrables, qu'ils ne pourraient être sondés pendant toute l'éternité; ces arcanes influent par l'homme interne, et nullement par les sens on par l'homme externe; mais de son côté l'homme va, par le6 scientifiques et les connaissances, au devant de cette vie qui procède du Seigneur, c'est
ainsi qu'il se conjoint réciproquement Quant à ce qui concerne l'union de l'Essence Divine du Seigneur avec son Essence Humaine et de son Essence Humaine avec son Essence Divine, elle est d'une transcendance infinie; car l'Interne du Seigneur a été Jéhovah Lui- Même, par conséquent la vie elle-même, tandis que l'interne de l'homme n'est pas le Seigneur, ni par conséquent la vie, mais c'est le récipient de la vie; il y a eu union du Seigneur avec Jéhovah, tandis qu'il y a non pas union du Seigneur avec l'homme, mais conjonction; le Seigneur par sa propre puissance s'est uni à Jéhovah, aussi est-ce pour cela qu'il est devenu la Justice, tandis que l'homme ne se conjoint nullement par sa propre puissance, mais par celle du Seigneur, de manière que c'est leSeigneur qui se conjoint l'homme: c'est cette union réciproque qui est désignée par le Seigneur, quand il attribue au Père ce qui est à Lui, et qu'il s'attribue ce qui est au Père, comme dans Jean : « Jésus dit : Celui qui croit en Moi, croit » non en Moi, mais en celui qui AVa envoyé. Celui qui Me voit, voit » Celui qui M'a envoyé. Moi la lumière, je suis venu dans le monde, > afin que quiconque croit en Moi ne demeure point dans les ténè- » bres.» — XII. 44, 45, 46; — Dans ces paroles sont cachés ces profonds arcanes, et même ceux qui concernent l'union du Bien avec le Vrai et du Vrai avec le Bien; ou ce qui est la même chose, l'union de l'Essence Divine avec l'Essence Humaine et de l'Essence Humaine avec l'Essence Divine ; c'est pourquoi le Seigneur dit : Celui qui croit en Moi, croit non en Moi, mais en celui qui M'a envoyé; et incontinent: Quiconque croit en Moi; au sujet de cette union qui intervient il s'exprime ainsi : Celui qui Me voit, voit Celui qui M'a envoyé. Dans le Même : « Les paroles que je vous prononce^ * je ne les prononce pas de Moi-Afùme; le Père qui demeure en Moi, » (c'est) Lui (qui) fait les œuvres. Croyez-Moi que je suis dans le » Père, et que le Père est en Moi. En vérité, je vous dis, celui qui » croit en Moi, les œuvres que je fais, il les fera aussi. » — XIV. 10, 11, 12 : Dans ces paroles sont les mêmes arcanes, savoir, sur l'union du Bien avec le Vrai et du Vrai avec le Bien, ou ce qui est la même chose, sur l'union de l'Essence Divine du Seigneur avec l'Essence Humaine, et de l'Essence Humaine avec l'Essence Divine ; c'est pour cela qu'il dit : Les paroles que je vous prononce, je ne les prononce pas de A foi-Même ; le Père qui est en Afoi fait les œuvres;
et incontinent; les œuvres que je fais; au sujet de l'union qui intervient ici pareillement , il s'exprime ainsi : Je suis dans le Père et le Père est en Moi : c'est là l'union mystique dont plusieurs parlent. Par tout ceci il est évident que le Seigneur n'a pas été un autre que le Père, quoiqu'il ait parlé du Père comme étant un autra que Lui- Mêrae , et cela à cause de l'union réciproque k qui devait se faire et qui fut faite ; en effet, il dit tant de fois ouvertement qu'il est un avec le Père , comme dans les passages cités : « Qui Me voit , voit » Celui qui M'a envoyé. » Jean, XII, 45; — puis : « C'est le Père » qui demeure en Moi. Croyez-Moi que je suis dans le Père et que le » Père est en Moi. » — Jean, XJV, 10 , 11 ; — et dans le Même : « Si vous Me connaissiez , vous connaîtriez aussi mon Père. » VIII, 19 ; — Dans le Même : « Si vous M'avez connu, vous avez aussi connu » mon Père , et dès à présent vous L'avez connu et vous L'avez vu. » Philippe lui dit : Montre-nous le Père. Jésus lui dit : Je suis avec » vous depuis si longtemps, et tu ne m'as pas connu! Philippe, qui » M'a vu a vu le Père; comment donc dis-tu : Montre-nous le Père? » Ne crois-tu pas que je (suis) dans le Père et que le Père est en Moi.* — XIV. 7, 8, 0, 10; — et dans le Même : « Moi et le Père nous som- » mes un. » — X. 30. — C'est de là que, dans le Ciel, on ne connaît pas d'autre Père que le Seigneur , parce qu'en Lui est le Père et qu'il est un avec le Père ; et quand on le voit, on voit le Père, comme il l'a dit Lui-Même. Voir N- 15.
2005. Le Père signifie de Lui; on le voit par la signification du Père, ainsi qu'il vient d'être montré dans ce qui précède , c'est-àdire que tout ce qui a procédé du Père a procédé du Seigneur, parce qu'ils sont un : l'Interne de chaque homme procède du père , l'externe procède de la mère, ou, ce qui est la même chose, l'âme même vient du père, le corps dont l'âme est revêtue vient de la mère; néanmoins l'âme avec le corps font un, car l'âme appartient au corps et le corps appartient à l'âme, aussi sont-ils inséparables : l'Interne du Seigneur a procédé du Père, par conséquent il a été le Père Lui-Même; de là vient que le Seigneur dit , que le Père est en Lui : « Je suis dans le Père et le Père est en Moi ; celui qui M'a vu, » a vu le Père ; Moi et le Père sommes un , » comme on le voit par les passages ci-dessus rapportés. Il est aussi appelé le Père dans la Parole de l'Ancien Testament, comme dans Esaïe : « L'Enfant nous
» est né, le Fils nous a été donné, et la principauté sera sur son » épaule; et Ton appellera son Nom, Admirable, Conseiller , Dieu, » Héros, Père d'éternité, Prince de la paix. — IX. 5, 6; — Chacun voit que l'Enfant qui nous est né et le Fils qui nous a été donné, c'est le Seigneur, lequel est appelé Père d'éternité : dans le Même « Tu (es) notre Père* car Abraham ne nous connaît pas, et Israël ne » nous reconnaît pas; To i , Jéhovah ! (tu es) notre Père, notre Ré- * dempteur, (c'est) ton nom de toute éternité. > LXIII. 16; — Là , c'est encore le Seigneur qui est appelé Jéhovah notre Père ; car il n'y a point d'autre Rédempteur. Dans Malachie : « N'avons-nous 9 pas tous un seul Père? Un seul Dieu ne nous a-t-il pas tous créés?» — II. 10; — Créer, c'est régénérer, ainsi qu'il a été montré dans la Première Partie, N** 16, 68, 472 : outre que partout, dans la Parole de l'Ancien Testament , par Jéhovah on entend le Seigneur , parce que tous les rites de l'Église L'ont représenté; et toutes les choses qui sont dans la Parole Le concernent dans le sens interne.
2006. Une multitude signifie le vrai : on le voit par la signification de multitude, en ce que c'est le vrai, ainsi qu'il a déjà été dit N° 1041 ; et par la signification d'être multiplié, en ce que cette expression se dit du vrai, N°* A3, 55, 013, 983.
2007. Des nations signifie le bien provenant du vrai : on en trouve la preuve dans la signification des nations; en ce que c'est le bien. Voir , dans la Première Partie , les N°* 1150, 1258 , 1250, 1260, 1416, 1840.
2008. Vers. 5. Et C on ne t'appellera plus de ton nom Abram, et ton nom sera Abraham, parce que je t J ai donné pour père d'une multitude de nations. — Qnne t'appellera plus de ton nom Abram, signifie qu'il se dépouillera de l'humain ; et ton nom sera Abraham, signifie qu'il se revêtira du Divin; parce que je t'ai donné pour père d'une multitude de nations, signifie, ici comme précédemment, que de Lui procèdent tout vrai et tout bien provenant du vrai.
2000. On ne t'appellera plus de ton nom Abram, signifie qu'il se dépouillera de l'humain; et ton nom sera Abraham, signifie qu'il se revêtira du Divin. On le voit par la signification du Nom; puis, par la signification d' Abram, et ensuite par celle d'Abraham. Dans la Parole, quand il est dit : Ton nom sera, cela signifie la qualité, ou que tel on sera, ainsi qu'il est évident pnr ce qui a été rapporté dans
la Première Partie, N°* 144 , 145 , 1754 ; et comme le Nom signifie la qualité, le nom renferme ici en un seul ensemble tout ce qui est dans le Seigneur; car, dans le ciel, on ne fait aucune attention au nom de quelqu'un ; mais quand quelqu'un est nommé, ou quand un Nom est prononcé, alors se présente l'idée de la qualité de celui dont le nom est prononcé, ou de toutes les choses qui sont à lui , chez lui et en lui ; c'est de là que le Nom, dans la Parole, signifie la qualité : afin que cela puisse être saisi par l'entendement, je vais encore tirer de la Parole plusieurs passages confirmatifs ; par exemple, celui qui concerne la Bénédiction , dans Moïse : « Que Jéhovah » te bénisse et te garde ! que Jéhovah fasse luire ses faces sur toi, et » ait pitié de toi ! que Jéhovah lève ses faces vers toi et mette en toi » la paix ! Ainsi ils mettront mon Nom sur les fils d'Israël. » Nomb. VI. 24, 25, 26, 27;— par là on voit clairement ce que c'est que le Nom; et mettre le nom de Jéhovah sur les fils d'Israël , on voit que cela signifie que Jéhovah bénit , garde , éclaire , a pitié et donne la paix; par conséquent , que tel est Jéhovah ou le Seigneur. Dans le Décalogue : « Tu ne porteras point le Nom de ton Dieu en vain, parce » que Jéhovah ne tiendra point pour innocent celui qui aura porté » son nom en vain. » — Exod. , XX. 7. Deutér. V. 11; — là, porter le Nom de Dieu en vain , signifie non pas le Nom , mais toutes les choses, tant en général qu'en particulier, qui appartiennent à son culte, et qu'on ne doit ni mépriser, ni, à plus forte raison, blasphémer ni souiller par des impuretés. Dans l'Oraison Dominicale : « Que ton Nom soit sanctifié ! que ton 'Royaume vienne ! que ta » volonté soit faite comme dans le ciel aussi sur la terre ! » — Luc, XI. 2;— là aussi, par le Nom on entend non pas lenom, mais toutes les choses qui appartiennent à l'amour et à la foi , car elles appartiennent à Dieu ou au Seigneur et viennent de Lui ; ces choses étant saintes, quand on les considère comme saintes, le règne du Seigneur vient, et sa volonté se fait sur les terres comme dans les cieux. Que telle soit la signification du Nom, c'est ce qu'on voit par tous les passages de la Parole de l'Ancien et du Nouveau Testament, partout où le Nom est employé ; comme dans Esaïe : « Vous direz en ce » jour-là: Confessez Jéhovah , invoques son Nom, faites connaître » parmi les peuples ses exploits, faites souvenir que son Nom est » exalté. )> — XII. 4 ; — là, invoquer le nom de Jéhovah et faire sou- III 21
'Mil ARCANES CÉLESTES.
venir que ce nom est exalté, ce n'est nullement placer quelque culte dans le Nom, ni croire que Jéhovah soit invoqué par son Nom, mais c'est invoquer Jéhovah par la connaissance de sa qualité, et ainsi par toutes les choses, tant en général qu'en particulier, qui procèdent de Lui. Dans le Même : « C'est pourquoi dans l'iirim honorez » Jéhovah ; dans les lies de la mer le Nom de Jéhovah Dieu d'Israël. » — XXIV. 15; — là, honorer Jéhovah dans l'Urim, c'est l'honorer par les saintetés de l'amour ; dans les îles de la mer le Nom de Jéhovah Dieu d'Israël , c'est par les saintetés de la foi. Dans le Môme : « Jéhovah notre Dieu ! c'est seulement en Toi que nous nous rap- » pellerons ion Nom. • — XXVL 13; — et dans le Même : « Je l'ex- » citerai du septentrion, et il viendra, depuis le soleil levant, il » invoquera mon Nom. » — XLI. 25 ; — se rappeler et invoquer le Nom de Jéhovah, c'est l'adorer par les biens de l'amour et par les vrais de la foi ; ceux du septentrion sont ceux qui sont hors de l'Eglise et dans l'ignorance du Nom de Jéhovah, et qui néanmoins invoquent son nom , quand ils vivent dans une charité mutuelle et adorent un Être Divin Créateur de l'univers; car c'est dans le culte et dans la qualité du culte et non dans le Nom , que consiste l'invocation de Jéhovah ; que le Seigneur soit de même présent chez les Nations, on le voit N" 932, 1032, 1059. Dans le Même : « Les na- » tions ont vu ta justice, et tous les rois ta gloire, et l'on t'appellera » d'un nom nouveau, que la bouche de Jéhovah énoncera. » — LXII. 2 ; — là, on t'appellera d'un nom nouveau signifie qu'on sera autre , savoir, créé de nouveau ou régénéré , qu'ainsi l'on sera tel. Dans Micbéc : « Tous les peuples marcheront, chacun au nom de son Dieu, » et nous, nous marcherons au nom de Jéhovah notre Dieu dans le » siècle et dans l'éternité. »— IV. 5;— marcher au nom de son Dieu, c'est, évidemment, avoir un culte profane; et marcher au nom de Jéhovah, c'est avoir le vrai culte. Dans MaJachie : « Depuis le lever » du soleil jusqu'à son coucher, mon Nom (sera) grand parmi les na- » tions, et en tout lieu le parfum (sera) offert à mon Nom, ainsi que » le gâteau de pure farine, car mon Nom (sera ) grand parmi les naît tions, » — I. 11; — là, par le nom est signifié non pas le nom , mais le culte, qui est la qualité de Jéhovah ou du Seigneur, d'après laquelle il veut être adoré. Dans Moïse : «Au lieu que Jéhovah votre » Dieu aura choisi, d'entre toutes les Tribus , pour y placer son
» Nom, et pour y faire habiter son Nom, vous apporterez là tout ce » que Je vous commande. »— Deutér. XII. 5, 11, li; XVI. 2, 6, 11; — là aussi, par placer son Nom, et y faire habiter son Nom, ce n'est pas le Nom qui est signifié, mais c'est le Culte, par conséquent la qualité de Jéhovah ou du Seigneur , d'après laquelle il doit être adoré ; sa qualité est le bien de l'amour et le vrai de la foi ; le nom de Jébovah habite chez ceux qui sont dans ce bien et dans ce vrai. Dans Jérémie : « Allez à mon lieu, qui (est) en Schilo, où j'ai fait » habiter mon Nom dans le commencement. » — VII. 12; — là, pareillement est signifié le culte, par conséquent la doctrine de la vraie foi; chacun peut voir que Jéhovah n'habite pas chez celui qui connaît seulement son Nom et le prononce, car le nom seul, sans l'idée de la qualité, sans la connaissance de la qualité et sans la foi de la qualité, n'est qu'un mot ; de là il est bien évident que le nom est la qualité et la connaissance de la qualité. Dans Moïse : c En ce temps- » là, Jéhovah sépara la tribu de Lévi , pour le servir et pour bénir » en son Nom. »— Deutér. X. 8; — là, bénir au nom de Jéhovah, ce n'est pas par le Nom, mais c'est par les choses qui appartiennent au Nom de Jéhovah, et desquelles il a été parlé ci-dessus. Dans Jérémie : t C'est ici son Nom , par lequel on l'appellera : Jéhovah » notre Justice. »— XXIII. 6;— là, le Nom, c'est la Justice, qui est la qualité du Seigneur, de Qui il s'agit Dans Esale : • Jéhovah M'a » appelé dès l'utérus, dès les entrailles de ma mère , et il a fait men- » lion de mon Nom. » — XLIX. 1 ; — là aussi il est question du Seigneur ; faire mention de son Nom , c'est instruire sur sa qualité. Que le Nom signifie la qualité, c'est encore ce qu'on voit avec plus d'évidence dans Jean : « Tu as quelque peu de Noms dans Sardes , qui * n'ont point souillé leurs vêtements ; et ils marcheront avec Moi » [habillés) de blanc , parce qu'ils sont dignes. Celui qui vaincra » sera couvert de vêtements blancs, et je n'effacerai pas son nom du » livre dévie; et je confesserai son nom devant mon Père et devant » les anges. Celui qui vaincra, j'écrirai sur lui le Nom de mon Dieu, » et le nom de la ville de mon Dieu* de la nouvelle Jérusalem, qur » descend du ciel, d'auprès de mon Dieu, et mon nouveau Nom. » — Apoc. III. h, 5, 12; — là, on voit clairement que le nom n'est pas le nom, mais qu'il est la qualité de celui qui est nommé ; le nom, dans le Livre de vie, n'est pas autre chose ; confesser son nom de-
vant le Père, et écrire sur lui le Nom de Dieu et de la ville, et le nouveau Nom, ce n'est pas non plus autre chose : il en est de même ailleurs, où il est dit que les noms sont écrits dans le Livre de vie et dans le ciel, — Apoc. XIII. 8; XVII. 8; Luc, X. 20. — Dans le ciel, ce n'est absolument que la qualité qui fait que l'un est connu par l'autre, et cette qualité dans le sens de la lettre est exprimée par le nom ; c'est aussi ce qui peut être évident pour chacun, en ce que sur la terre tout homme dont le nom est prononcé, se présente à l'idée de celui qui l'entend nommer , avec la qualité par laquelle il est connu et distingué d'un autre. Dans l'autre vie les idées restent, mais les noms périssent ; et cela a lieu à plus forte raison chez les Anges ; c'est de là que le Nom , dans le sens interne , est la qualité ou la connaissance de la qualité. Dans le Même : « Sur la tête de » celui qui montait le cheval blanc étaient plusieurs diadèmes; il » avait un Nom écrit, que personne ne connaît que Lui-Même ; il » était revêtu d'une robe teinte de sang, et son Nom est appelé la » Parole de Dieu.* — Apoc. XIX. 12, 13; — il est dit ici en termes clairs que le Nom est la Parole de Dieu, par conséquent la qualité du Seigneur qui était sur le cheval blanc. Que le Nom de Jéhovah soit la connaissance de sa qualité, savoir, la connaissance qui est tout bien de l'amour et tout vrai de la foi, c'est ce qu'on voit clairement par ces paroles du Seigneur : « Père juste, Moi, je T'ai » connu, et même ceux-ci ont connu que c'est Toi qui M'as envoyé ; » car je leur ai fait connaître ion Nom, et je le leur ferai connaître, » afin que l'amour dont Tu M'as aimé soit en eux, et que Moi (je » sois) en eux. » — XVII. 25, 26. — Et que le Nom de Dieu et du Seigneur soit toute Doctrine de la foi sur l'amour et sur la charité, doctrine qui est signifiée par croire en Son Nom, c'est aussi ce qu'on voit dans le Même Évangéliste par ces paroles : « A tous ceux qui » l'ont reçu, il leur a donné le pouvoir d'être (ils de Dieu, à ceux » qui croient en son nom. » — I. 12. — « Si vous demandez quelque •j chose en mon Nom. je le ferai ; si vous M'aimez, gardez mes com- > mandements. » — XIV. 13, 14, 15. — « Afin que tout ce que vous » demanderez à mon Père en mon Nom, il vous le donne. Ce que je » vous commande, c'est que vous vous aimiez les uns les autres. » — XV. 16, 17; — dans Matthieu : « Où il y a deux ou trois personnes * assemblées en mon Nom, j'y suis au milieu d'elles. » — XVIII. 20;
— là, ceux qui sont assemblés au Nom du Seigneur signifient ceux qui sont dans la Doctrine de la foi sur l'amour de la charité, par conséquent ceux qui sont dans l'amour et dans la charité : dans Je Même : « Vous serez haïs de toutes les nations, à cause de mon Nom. » —X. 22; XXIV. 9, 10. Marc. XIII. 10;— là, à cause de mon Nom, c'est évidemment à cause de la Doctrine. Que le Nom même ne produise aucun effet, mais que ce soit ce que renferme le Nom, savoir, tout ce qui appartient à la charité et à la foi, c'est ce qu'on voit clairement dans Matthieu par ces paroles : « N'avons-nous pas pro- » phétisé par ton Nom? et n'avons-nous pas chassé les démons par » ton Nom ? et n'avons-nous pas fait plusieurs miracles en ton Nom? » Mais alors je leur dirai ouvertement : Je ne vous connais point; » retirez-vous de Moi, vous qui faites des œuvres d'iniquité. » — VII. 22, 23 ; — par là il est évident que ceux qui font consister le culte dans le Nom, comme les Juifs dans le Nom de Jéhovah, et les Chrétiens dans le Nom du Seigneur, n'en sont pas pour cela plus dignes; parce que le Nom ne fait rien ; mais être digne, c'est être tel que Lui-Même a commandé qu'on fût, ce qui est croire en son Nom; et quand on dit que le salut n'est pas dans un autre Nom que dans celui du Seigneur, c'est dire que le salut n'est pas dans une autre Doctrine, c'est-à-dire qu'il n'est pas dans un autre amour que dans l'amour mutuel, qui est la véritable doctrine de la foi, qu'ainsi il n'est pas dans un autre que le Seigneur, parce que c'est du Seigneur seul que procède tout amour et par suite toute foi.
2010. Maintenant, puisque le Nom signifie la qualité et la connaissance de la qualité, on peut voir ce qui est signifié par les paroles de ce verset, savoir, par on ne t'appellera plus par ton nom Âbram, et ton nom sera Abraham, c'est-à-dire qu'il serait non tel qu'il a été, mais tel qu'il doit être. Il a été montré ci-dessus, N° 1992, qu'Abram a servi d'autre dieux et adoré le dieu Schaddaï, mais comme il devait représenter le Seigneur et même son Homme Interne, par conséquent le déleste de son amour, c'est pour cela que sa qualité a dû d'abord être effacée, c'est-à-dire que le nom d' Abram a dû être changé en une autre qualité par laquelle le Seigneur pourrait être représenté; voilà pourquoi la lettre (H) a été tirée du Nom de Jéhovah, — laquelle lettre dans le Nom de Jéhovah est la seule qui renferme le Divin et signifie Je Suis, ou Être, — et a été insérée dans
le nom d'Abram, de sorte qu'il fut nommé Abraham; il en est de même de Saraï, dont il sera question dans la suite; à son nom fut aussi ajouté la même lettre, et elle fut appelée Sarah : de là, on peut encore voir que, dans le sens interne de la Parole, Abraham représente Jéhovah ou le Seigneur : toutefois il faut qu'on sache que, dans les Représentations, la qualité de l'homme qui représente n'importe en rien, car dans ces représentations rien n'est réfléchi sur la personne, mais tout se reporte sur la chose qu'elle représente, ainsi qu'il a déjà été dit et expliqué, N°* 665, 1097 f., 1361. Ainsi la signification de ces paroles, dans le sens interne, est donc que le Seigneur se dépouillera de l'Humain et se revêtira du Divin, ce qui se trouve conforme aussi à l'enchaînement des choses qui précèdent, et de même à l'enchaînement de celles qui suivent, car maintenant va Otrc faite la promesse d'un (ils, Isac, par lequel devait être représenté le Rationnel Divin du Seigneur.
2011. Parce que je t'ai donné pour père d'une multitude de nations , signifie, ici comme précédemment, que de Lui procèdent tout vrai et tout bien provenant du vrai : cela est évident par la signification du Père, en ce que c'est de Lui ; par la signification de la multitude, en ce que c'est le Vrai ; et par celle des nations, en ce que c'est le bien provenant du vrai; Voir ci-dessus, N°* 2005, 2006, 2007. Que ces mêmes paroles, dans un sens plus universel ou plus éloigné, signifient l'union de l'Essence Humaine avec l'Essence Divine, c'est ce qu'on voit ci-dessus, N° 2004 ; car il en est de l'union de l'Essence Humaine du Seigneur avec son Essence Divine, comme de l'union du Vrai avec le Bien ; et de l'union de son Essence Divine avec son Essence Humaine, comme de l'union du Bien avec le Vrai ; cette union est réciproque : bien plus dans le Seigneur il y avait le Vrai même qui s'est uni au Bien, et le Bien même qui s'est uni au Vrai, car l'Infini Divin ne peut être appelé autrement que le Bien même et le Vrai même ; c'est pourquoi le mental humain n'est dans aucune illusion, quand il pense que le Seigneur est le Bien même et le Vrai même.
2012. Vers. 6. Et je te ferai fructifier beaucoup, beaucoup ; et de toi je ferai des nations, et des rois sortiront de toi. — Je te ferai fructifier beaucoup, beaucoup, signifie la fructification du bien à l'infini : et de toi je ferai des nations, signifie que tout bien vient du
Seigneur : et des rois sortiront de toi, signifie que tout vrai vient du Seigneur.
2013. Je te ferai fructifier beaucoup, beaucoup, signifie la fructification du bien à l'infini : cela est constant d'après la signilication de fructifier, en ce que cette expression se dit du bien, ainsi qu'on l'a vu, N" 43, 55, 913, 933; et parce qu'il est dit beaucoup, beaucoup, et qu'il s'agit du Seigneur, c'est une fructification à l'infini.
2014. De toi je ferai des nations, signifie que tout bien vient du Seigneur : cela est évident d'après la signification des Nations, dans leur sens pur et primitif, en ce que c'est le bien, ainsi qu'il a été dit dans la Première Partie, N°* 1259, 1260, 1416, 1849.
2015. Des rois sortiront de toi, signifie que tout vrai vient du Seigneur : on le voit par la signification de lioi, dans la Parole tant Historique que Prophétique, en ce que c'est le vrai, ainsi qu'il a été dit, N° 1672, mais cela n'a pas encore été expliqué. Par la signification des Nations en ce qu'elles sont les biens, et par la signification des Rois en ce qu'ils sont les vrais, on peut voir quel est le sens interne de la Parole, et combien il est éloigné du sens de la lettre : celui qui lit la Parole, surtout la Parole Historique, ne peut faire autrement que de croire que les nations y sont des nations, et que les rois y sont des rois, et qu'ainsi dans la Parole même (in Verbo ipsissimo) il s'agit des nations et des rois qui sont nommés; mais l'idée de nations et de rois est entièrement perdue quand la Parole est recueillie par les Anges, et à la place des nations et des rois succèdent le bien et le vrai : il est impossible que cela ne paraisse pas étrange, et même paradoxal, mais toujours est-il que la chose se passe ainsi ; chacun peut aussi s'en convaincre en ce que, si les nations et les rois signifiaient dans la Parole des nations et des rois, alors la Parole du Seigneur ne renfermerait presque rien de plus que tout autre livre d'histoire, ou tout autre écrit, et serait ainsi un ouvrage mondain, lorsque cependant il n'y a, dans la Parole, rien qui ne soit Divin, par conséquent rien qui ne soit céleste et spirituel : par exemple, dans ce verset, il est dit qu'Abraham serait fructifié, que de lui seraient faites des nations, et que des rois sortiraient de lui; qu'est-ce que cela, sinon des choses purement mondaines et nullement célestes? En effet, il n'y a là que la gloire du monde, qui n'est absolument rien dans le Ciel ; tandis que si c'est la Parole du Seigneur, il doit y avoir
la gloire du Ciel, et nullement celle du monde; c'est aussi pour cela que le sens de la lettre s'efface et s'évanouit entièrement quand il passe dans le Ciel, et se purifie au point que rien de mondain n'y reste mêlé; car par Abraham on entend non pas Abraham, mais le Seigneur; par être fructifié on entend non pas sa postérité qui croîtrait beaucoup, mais le bien de l'Essence Humaine du Seigneur, qui croîtrait à l'infini ; par des nations on entend non des nations, mais des biens; et par des rois, non des rois mais des vrais; l'historique restant toujours selon le sens de la lettre dans sa vérité, car il est vrai qu'il a été dit à Abraham, qu'il serait ainsi fructifié, et que de lui sortiraient des nations et aussi des rois. Que les Rois signifient les vrais, c'est ce qu'on peut voir par ces passages; dans Ésaïe: « Les fils de l'étranger bâtiront tes murs, et leurs Rois seront à ton » service. Tu suceras le lait des nations et tu suceras la mamelle des » des Rois. » — LX. 10, 16; — on ne voit nullement d'après la lettre ce que c'est que sucer le lait des nations et la mamelle des rois, mais d'après le sens interne on voit que c'est être gratifié des biens et être instruit des vrais. Dans Jérémie : « Ils entreront par les » portes de cette cité les Rois et les princes, s'asseyant sur le trône » de David, montant dans un char et sur des chevaux.» — XVII. 25; XXII. à; — monter dans un char et sur des chevaux, est une expression prophétique qui signifie l'abondance des intellectuels, comme on peut le voir par beaucoup de passages dans les Prophètes; de même, par les rois qui entreront par les portes de la cité, il est signifié dans le sens interne qu'on serait imbu des vrais de la foi ; c'est là le sens céleste de la Parole dans lequel passe le sens mondain de la lettre. Dans le Même : « Jéhovah dans l'indignation de sa co- » 1ère a dédaigné le Roi et le Prêtre : les portes de Sion ont été en- » foncées en terre; il a détruit et brisé ses barres; le Roi et les » princes {sont) parmi les nations, il n'y a point de loi.» — Lament II. 6, 9 ; — là , le Roi, c'est le Vrai de la foi ; le Prêtre, c'est le bien de la charité; Sion, c'est l'Église qui est perdue et dont les barres sont brisées; de là, le Roi et les princes sont parmi les nations, c'est-à-dire le Vrai et les choses appartenant au vrai seront bannis, au point qu'il n'y a pas de loi, c'est-à-dire, aucune chose de la doctrine de la foi. Dans Ésaïe : « Avant que l'enfant sache rejeter le „ » mal et choisir le bien, il sera abandonné l'humus que lu dedai-
• gnes en présence de ses deux Rois. ■ — VII. 16; — là, il s'agit de l'avènement du Seigneur ; l'humus qui sera abandonné, c'est la foi qui sera alors nulle, et dont les vrais, qui sont les Rois, seront dédaignés. Dans le Môme : « Je lèverai ma main vers les Nations, et » je hausserai mon étendard vers les peuples; et ils porteront tes fils » dans leur sein, et tes filles seront transportées sur l'épaule; les >• Rois seront tes nourriciers, et leurs dames tes nourrices. » — XLIX. 22, 23. — Les nations et les filles, ce sont les biens ; les peuples et les fils, ce sont les vrais, ainsi qu'il a été expliqué dans la Première Pnrtie ; on peut voir que les nations sont les biens, N°* 1259, 1260, 1416, 1849; et pareillement les filles, N°' 489, 490, 491; que les peuples sont les vrais, N°* 1259, 1260; et pareillement les fils, N ot 489, 491, 533, 1147; les rois sont donc les vrais en général dont on sera nourri, et leurs dames, les biens dont on sera allaité : dire les biens et les vrais, ou dire ceux qui sont dans les biens et dans les vrais, c'est la môme chose. Dans le Même : « Il fera une » aspersion sur beaucoup de Nations, les Rois fermeront leur bou- » che sur lui, parce qu'ils ont vu ce qui leur a été annoncé, et ont » compris ce qu'ils n'avaient point entendu. » — LU. 15; — là, il s'agit de l'avènement du Seigneur; les nations signifient ceux qui ont de l'affection pour les biens ; et les rois, ceux qui en ont poulies vrais. Dans David : « Maintenant, Rois, soyez intelligents; soyez » instruits, juges de la terre; servez Jéhovah avec crainte, et tres- » saillez avec tremblement ; baisez le Fils de peur qu'il ne s'irrite, » et que vous ne périssiez en chemin. » — Ps. II. 10, 11, 12; — les rois signifient ceux qui sont dans les vrais ; ceux qui sont dans les vrais sont aussi, d'après les vrais, nommés çà et là fils du roi; ici le Fils signifie le Seigneur, qui est appelé Fils, parce qu'il est le Vrai même et que tout vrai procède de Lui. Dans Jean : « Ils chanteront » un cantique nouveau : Tu es digne de recevoir le Livre, et d'en » ouvrir les sceaux. Tu nous as faits Rois et Prêtres à notre Dieu, i pour que nous régnions sur la terre. » — Apoc. V. 9, 10; — là, ceux qui sont dans les vrais sont appelés Rois : le Seigneur les appelle aussi fils du royaume, dans Matthieu : « Celui qui sème la bonne se- » mence, c'est le Fils de l'homme; le champ, c'est le monde ; la se- • » mence, ce sont les Fils du royaume; et l'ivraie, ce sont les fils du » méchant.» — XIII. 37, 38. — Dans Jean : « Le sixième Auge
■ versa sa coupe sur le grand fleuve de l'Euphrate, dont l'eau fut » desséchée, pour préparer le chemin des Bois, qui (doivent venir) » du lever du soleil. » — Apoc. XVI. 12 ; — il est évident que par l'Euphrate n'est point signifié l'Euphrate, et que par les rois qui doivent venir du soleil levant ne sont pas non plus signifiés des rois ; il a été dit ce que c'est que l'Euphrate, N 0 ' 120, 1585, 1866; par là on voit ce que signifie le chemin des rois qui doivent venir du soleil levant, on voit que ce sont les vrais de la foi qui procèdent des biens de l'amour. Dans le Même : « Les Nations qui sont sauvées mar- » cheront dans sa lumière, et les Rois de la terre apporteront en » elle leur gloire et leur honneur. • — Apoc. XXI. 24. — là, les nations signifient ceux qui sont dans les biens, et les rois de la terre, ceux qui sont dans les vrais ; c'est aussi ce qu'on voit clairement, en ce que là il s'agit de choses prophétiques et non de choses historiques. Dans le Même : « Avec la grande prostituée qui est assise » sur la multitude des eaux, les Rois de ta terre se sont prostitués, » et ils se sont enivrés du vin de sa prostitution.» — Apoc. XVII. 2; — et ailleurs : « Babylone a fait boire à toutes les nations du vin » de sa prostitution, et les Rois de la terre se sont prostitués avec » elle. » — Apoc. XVIII. 3, 9; — là, on voit pareillement que les rois de la terre ne signifient point des rois; il s'agit, en effet, de la falsification et de l'adultération de la doctrine de la foi, c'està-dire, du vrai ; c'est ce que représente la prostitution ; les rois de la terre sont les vrais qui ont été falsifiés et adultérés. Dans le même: c Les dix cornes que tu as vues sont dix Rois, qui n'ont pas en- » core reçu le royaume, mais qui reçoivent la puissance pendant » une heure avec la bête, comme Rois ; ceux-ci ont un même des- » sein, et ils donneront leur puissance et leur pouvoir à la bête. » — Apoc. XVII. 12, 13 ; — là, chacun voit encore clairement que les rois ne sont pas des rois; autrement il serait tout-à-fait impossible de comprendre que dix rois reçussent comme rois la puissance pendant une seule heure. Il est dit pareillement dans le Même : « Je vis la » bête et les Rois de la terre, et leurs armées assemblés pour faire » la guerre à celui qui était monté sur le cheval et à son armée. * — Apoc XIX. 19; — il est dit ouvertement, au vers. 13 du même Chapitre, que celui qui est monté sur le cheval est la Parole de Dieu, contre laquelle les rois de la terre sont dits être rassemblés ; la bête
signifie les biens de l'amour, qui sont profanés; les rois désignent les vrais de la foi, qui sont adultérés; ils sont appelés rois de la terre, parce qu'ils sont au-dedans de l'Église : la terre, c'est l'Église, N°* 662, 1066, 1067, 1262 ; le cheval blanc, c'est l'entendement du vrai; celui qui est monté sur le cheval, c'est la Parole. Il y a encore quelque chose de plus manifeste dans Daniel, Chap. XI, où il s'agit de la guerre entre le Roi du Midi et le Roi du Septentrion; là sont signifiés les vrais et les faux qui se sont livrés des combats, et les combats y sont aussi décrits historiquement par une guerre. Comme le Roi signifie le Vrai, on peut voir ce qu'il faut entendre, dans le sens interne, quand le Seigneur est appelé Roi, et aussi quand il est appelé Prêtre, ainsi que ce qui fut représenté chez le Seigneur par les Rois, et ce qui fut représenté par les Prêtres : les Rois ont représenté son Divin Vrai, et les Prêtres son Divin Bien ; toutes les lois de l'ordre, par lesquelles le Seigneur gouverne l'univers comme Roi, sont les Vrais; mais toutes les lois, par lesquelles il gouverne l'univers comme Prêtre, et par lesquelles il régit aussi les vrais eux-mêmes, sont les Biens ; car le gouvernement par les vrais seuls condamnerait chacun à l'enfer, mais le gouvernement par les biens retire de l'enfer et élève au Ciel, Voir N° 1728; comme ces deux gouvernements sont conjoints chez le Seigneur, ils étaient anciennement représentés par la Royauté conjointe au Sacerdoce, comme chez Malchizédeck, qui fut Roi de Salem et en même temps Prêtre au Dieu Très-Haut, — Genèse, XIV. 18. — et plus tard chez les Juifs, où l'Église Représentative dans sa forme, fut instituée par des Juges et des Prêtres, ensuite par des Rois; mais comme les Rois représentaient les vrais, qui ne devaient pas avoir le commandement, et cela, ainsi qu'il a été dit, parce qu'ils condamnent, voilà pourquoi ce gouvernement déplaisait tellement, que les Juifs furent réprimandés de ce qu'ils le demandaient, et que la qualité du Vrai considéré en soi, fut décrite par le droit du Roi, — I Sam. VIIL 11 à 18. — et antérieument il leur avait été commandé par Moïse, Deutér. XVII. 14 à 18; de choisir le vrai réel qui procède du bien et non un vrai bâtard, et de ne le souiller ni par les raisonnements ni par les scientifiques; c'est là ce que renferme le commandement au sujet du Roi dans Moïse, au passage cité ; il n'est personne qui puisse le voir d'après le sens de la lettre, mais c'est néanmoins évident d'après chaque mot
3>a ARCAISES CÉLESTES.
dans le sens interne, et par là il est constant que par le Roi et la Royauté il n'a été représenté et n'a été signifié rien autre chose que le Vrai.
2016. Quant à ce qui concerne la chose dont il est question, savoir, que c'est du Seigneur que procède tout Bien ainsi que tout Vrai provenant du bien, c'est une vérité constante, dont les Anges ont la perception, au point qu'ils perçoivent combien c'est par le Seigneur qu'existent le bien et le vrai, et combien c'est par euxmêmes qu'existent le mal et le faux ; ils font même cet aveu devant les âmes novices, et devant les esprits qui doutent; bien plus encore, ils confessent que c'est par le Seigneur qu'ils sont détournés du mal et du faux provenant de leur propre, et qu'ils sont maintenus dans le bien et le vrai; ils perçoivent même ce qui les en détourne ainsi et l'influx lui-même, Voir N° 1614 : mais si l'homme croit que de soi-même il fait le bien, et que de soi-même il pense le vrai, c'est par une apparence, parce qu'il est dans un état de perception nulle et dans la plus grande obscurité quant à l'influx; aussi conclut-il d'après l'apparence et même d'après l'illusion ; il ne s'en laisse jamais détourner, tant qu'il ne croit que par ses sens, et tant qu'il raisonne d'après les sens pour s'assurer si une chose est ; mais quoiqu'il en soit ainsi, l'homme cependant doit toujours faire le bien et penser le vrai comme de soi-même, car autrement il ne peut être ni réformé, ni régénéré ; on en peut voir la cause, N" 1937, 1947. Dans ce Verset il s'agit de l'Essence Humaine du Seigneur, qui doit être unie à son Essence Divine, et que tout bien et tout vrai viendraient ainsi de son Essence Div ine par son Essence Humaine jusqu'à l'homme ; c'est là un arcane Divin que peu de personnes croient, parce qu'elles ne le comprennent point, car on pense que le Divin bien peut parvenir à l'homme sans l'Humain du Seigneur uni au Divin ; mais il a déjà été montré en peu de mois, N°' 1676, 1990, que cela est impossible ; savoir, en ce que l'homme, par les cupidités dans lesquelles il s'est plongé et par les faussetés par lesquelles il s'est aveuglé, s'est tellement éloigné du Divin Suprême, que jamais il n'y aurait eu aucun influx du Divin dans le rationnel de son mental, si ce n'eût été par l'Humain que le Seigneur devait unir en Soi au Divin; c'est par son Humain que s'est opérée la communication; car ainsi le Divin Suprême a pu venir vers l'homme, ce que le Seigneur dit ouverte-
ment en plusieurs endroits, savoir, qu'il est Lui-Ménie le chemin, et et qu'il n'y a d'accès auprès du Père que par Lui ; c'est cela maintenant qui est dit ici, que de Lui, savoir, de l'Humain uni au Divin, procèdent tout bien et tout vrai.
2017. Vers. 7. Et j'établirai mon alliance entre Moi et loi, et ta sentence après toi, dans leurs générations, en alliance étemelle, afin que je le sois pour Dieu, et à ta semence après toi. — J'établirai mon alliance entre Moi et toi, signifie l'union : et ta semence après toi, signifie la conjonction avec ceux qui ont la foi dans le Seigneur : dans leurs générations, signifie les choses qui appartiennent à la foi: en alliance éternelle, signifie la conjonction avec eux : afin que je te sois pour Dieu, signifie le Divin du Seigneur dans Lui : et à ta semence après toi, signifie par suite le Divin chez ceux qui ont la foi en Lui.
2018. J'établirai mon alliance entre Moi et toi, signifie l'union : on le voit par la signification de Y alliance, en ce qu'elle est l'union ; ainsi qu'il a déjà été dit, N" 665, 666, 1023, 1038; dans ce Chapitre et précédemment, il a été très souvent question de cette Union, et il a été montré que Jéhovah, qui parle ici, était dans le Seigneur, parce qu'il était un avec Lui, dès le premier instant de sa conception et dès sa naissance, car le Seigneur a été conçu de Jéhovah, et par suite son Interne était Jéhovah ; c'est aussi ce qui a été illustré, N° 1900, par quelque chose de semblable chez l'homme, savoir, en ce que l'âme de l'homme est un avec le corps, ou en ce que son interne est un avec son externe, quoiqu'ils soient distincts entre eux, et parfois tellement distincts que l'un combat contre l'autre, comme il arrive ordinairement dans les tentations pendant lesquelles l'Interne réprimande l'Externe, et veut rejeter le mal qui est dans l'Externe ; et néanmoins ils sont conjoints ou ils sont un, puisque l'âme et le corps appartiennent au môme homme : soit pour exemple un homme qui pense autrement qu'il ne le montre sur son visage, qu'il ne s'exprime par la bouche, et qu'il n'agit par le geste ; c'est alors l'Intérieur qui est en opposition avec l'Externe, mais toujours est-il qu'ils sont un, car la pensée appartient à l'homme ainsi que l'externe du visage, de la bouche, du geste : mais il y a union, quand ces externes, ou le visage, le langage de la bouche et le geste, sont d'accord avec la pensée : ceci est pour l'illustration du sujet.
2019. El ta semence après toi, signifie la conjonction avec ceux qui ont la foi dans le Seigneur . cela est évident d'après la signification de la semence, en ce qu'elle est la foi, comme on l'a vu, N" 1025, 1447, 1610; et d'après la signification de Après toi, en ce que c'est suivre; marcher après quelqu'un est une formule usitée dans la Parole, comme dans Jérém. VII. 6; VIII. 2; Ezech. XX. 16, Marc, VIII. 34, Luc, IX. 23; XIV. 27; — - c'est pourquoi ici la semence après loi, signifie ceux qui sont dans la foi et suivent le Seigneur; dans le sens interne, ce sont ceux qui sont nés de Lui.
2020. Dans leurs générations, signifie les choses qui appartiennent à la foi : on le voit par la signification des Générations, en ce qu'elles sont les choses qui sont engendrées par la charité et qui en naissent, c'est-à-dire, tout ce qui appartient à la foi, ou, ce qui est la même chose, tous ceux qui sont régénérés par le Seigneur, par conséquent ceux en qui il y a la foi de la charité ; par la Divine Miséricorde du Seigneur, il en sera parlé dans la suite : que ce soit là ce qu'on enentend, dans le sens interne, par les Générations ainsi que par les Nativités, c'est ce qui a été montré dans la Première Partie, N°* 613, 1041, 1145, 1330.
2021. En alliance éternelle, signifie la conjonction avec eux : on en trouve la preuve dans la signification de Yalliance, en ce qu'elle est la conjonction, ainsi qu'il a déjà été dit, N°* 665, 666, 1023, 1038 ; que ce soit une conjonction avec ceux qui sont nommés semence, c'esteequi résultedeceque ces mots en a//iancet ; /erne//e suivent immédiatement ce qui est dit sur la semence, et de ce que le mot alliance est employé une seconde fois dans ce Verset ; ainsi la première fois, il se réfère à l'union de Jéhovah avec l'Essence Humaine, et la seconde fois à la conjonction avec ceux qui sont la semence. Afin qu'on ait une idée plus distincte de l'Union de l'Essence Divine du Seigneur avec l'Essence Humaine, et de la Conjonction du Seigneur avec le Genre Humain par la foi de la charité, il est à-propos, ici et dans la suite, d'appeler Celle-là Union, et Celle-ci Conjonction; celle de l'Essence Divine du Seigneur avec son Essence Humaine a aussi été une Union, mais celle du Seigneur avec le genre humain par la foi de la charité est une Conjonction ; ce qu'on peut voir en ce que , Jéhovah ou le Seigneur étant la Vie, et son Essence Humaine étant aussi devenue la vie, comme il a été expliqué ci-dessus, il y a Union
de la Vie avec la Vie ; mais l'homme n'est pas la Vie, il est un récipient de la vie, ainsi qu'il a aussi été expliqué ci-dessus; quand la Vie influe dans un récipient de la vie, il y a Conjonction, car elle lui est adaptée, comme ce qui agit l'est à ce qui reçoit l'action, ou comme ce qui est vivant en soi l'est à ce qui est mort en soi, lequel ensuite vit; le principal et l'instrumental, ainsi qu'on les appelle, paraissent, il est vrai, conjoints, comme s'ils étaient un; mais néanmoins ils ne sont pas un, car le principal est par soi, et l'instrumental est par soi ; l'homme ne vit pas par soi-même, mais le Seigneur par sa Miséricorde se l'adjoint, et par conséquent le fait vivre pour l'éternité ; et comme ils sont ainsi distincts, cette opération est appelée Conjonction.
2022. Afin que je te sois pour Dieu, signifie le Divin du Seigneur dans Uii : on le voit d'après ce qui vient d'être dit de l'Essence Divine du Seigneur, en ce qu'elle était dans Lui.
2023. Et à ta semence après loi, signifie par suite le Divin chez ceux qui ont la foi en Lui : on en trouve la preuve dans la signification de la Semence, en ce qu'elle est la foi de la charité, N°* 1025, 1447, 1610; et dans la signification de Après toi, en ce que c'est suivre le Seigneur, ainsi qu'il vient d'être dit, N° 2019. Le Divin chez ceux qui ont la foi dans le Seigneur, c'est l'Amour et la Charité : par Y Amour on entend l'Amour dans le Seigneur; par la Charité on entend l'amour envers le prochain ; l'amour dans le Seigneur ne peut jamais être séparé de l'amour envers le prochain, car l'amour du Seigneur est envers tout le genre humain qu'il veut sauver pour léternité et s'adjoindre entièrement, afin qu'aucun des hommes ne périse ; c'est pourquoi celui qui a l'amour dans le Seigneur, a l'amour du Seigneur, et ainsi il ne peut faire autrement que d'aimer le prochain : mais ceux qui sont dans l'amour envers le prochain ne sont pas tous pour cela dans l'amour dans le Seigneur ; telles sont les Nations probes, qui sont dans l'ignorance sur le Seigneur, et chez lesquelles néanmoins le Seigneur est présent dans la charité, comme il a été expliqué dans la Première Partie, N°* 1032, 1059; et telles sont aussi d'autres au-dedans de l'Église ; car l'amour dans le Seigneur est dans un degré supérieur : ceux qui ont l'amour dans le Seigneur sont hommes célestes, tandis que ceux qui ont l'amour envers le prochain ou la charité sont hommes spirituels ; la Très-
Ancienne Église, qui exista avant le déluge et fut céleste, était dans l'amour dans le Seigneur ; mais l'Ancienne Église, qui exista après le déluge et fut spirituelle, était dans l'amour envers le prochain ou dans la charité. Quand l'amour et la charité seront nommés, dans la suite, il faudra faire entre eux cette distinction.
202A. Vers. 8.' Et je te donnerai, et à ta semence après toi, la terre de tes voyages, toute la terre de Canaan, en possession éternelle, et je leur serai pour Dieu. — Je le donnerai , et à ta semence après toi, la terre de tes voyages , signifie que le Seigneur par ses propres forces s'est acquis toutes choses, lesquelles sont la terre des voyages; je te donnerai signifie qu'à Lui appartiennent les choses qui sont dans les cieux et dans les terres; et à ta semence après toi, signifie qu'il donnera à ceux qui auront la foi en Lui ; toute la terre de Canaan signifie le Royaume Céleste ; en possession étemelle , signifie pour l'éternité; et je leur serai pour Dieu, signifie qu'il n'y a qu'un Dieu.
2025. Je te donnerai, cl à ta semence après toi, la terre de tes voyages, signifie que le Seigneur par ses propres forces s'est acquis toutes choses, lesquelles sont la terre des voyages : on le voit par la signification de voyager, en ce que c'est s'instruire, N°1A63; et comme l'homme s'acquiert la vie surtout par l'instruction dans les scientifiques, les doctrinaux et les connaissances de la foi, les voyages sont par suite la vie ainsi acquise : en ce qui concerne le Seigneur , c'est la vie qu'il s'est Lui-Même acquise parles connaissances, les combats des tentations et les victoires dans ces combats ; et comme il Se l'est acquise par ses propres forces, cela est signifié ici par la terre des voyages. Que le Seigneur par ses propres forces Se soit acquis toutes choses, et que par ses propres forces il ait uni l'Essence Humaine à l'Essence Divine, et l'Essence Divine à l'Essence Humaine, et qu'ainsi il ait été fait seul la Justice, c'est ce qu'on voit clairement dans les Prophètes, par exemple, dans Ésaïe : • Qui (est) » celui-ci qui vient d'Edom, marchant dans la multitude de sa force? » Moi seul j'ai foulé au pressoir, et d'entre les peuples personne avec » moi. J'ai regardé de tout côté, et personne pour m aider; etj'ai été » dans la stupeur, et personne pour me soutenir ; c'est pourquoi » mon brah ma procuré le salut » — LXHI. 1, 3, 5; — Edom , c'est l'Essence Humaine du Seigneur; la force et le bras signifient la puissance ; il est dit clairement que c'est par sa propre puissance, puis-
qu'il n'y avait personne pour l'aider, personne pour le soutenir, et que son bras Lui a procuré le salut Dans le Même: « Il vit qu'i/ n'y » avait aucun homme, et il fut dans la stupeur de ce que personne » n'intercédait; et son bras Lui procura le salut, et sa justice Le sou- » tint : et il se revêtit de la justice comme d'une cuirasse et il mit le » casque du salut sur sa tête. • — LIX. 10. 17 ; — il est dit de même que c'est par sa propre puissance; et qu'il est devenu ainsi la Justice: que le Seigneur soit la Justice, on le voit dans Daniel: « Soixante-dix semaines ont été décidées pour expier l'iniquité, et » pour amener la Justice des siècles, et pour sceller la Vision et le » Prophète, et pour oindre le Saint des Saints. » — IX. 24 ; — et dans Jéréroie : « Je susciterai à David un germe juste, et il régnera » en Roi, et il agira avec intelligence, et il fera le Jugement et la » Justice en la terre : Dans ses jours, Juda sera sauvé , et Israël • habitera en sécurité, et c'est ici son Nom par lequel on L'appel- . lera : Jéhovah notre Justice. . — XXIII. 5, 6 ; XXXIII. 15, 16 : — C'est aussi pour cela qu'il est appelé YHabilacle de la Justice, — Jéréin., XXXI. 23 ; L. 7 ; — et dans Esaïe, Admirable et Héros,
— IX. 5, 6. Il a déjà été expliqué N°* 1999, 2004, pourquoi le Seigueur attribue tant de fois au Père ce qui appartient à Lui-même ; Jéhovah, en effet, était dans le Seigneur , et par conséquent dans chacune des choses qui Lui appartenaient ; cela peut-être illustré par quelque chose de semblable, quoique non égal, chez l'homme : L'âme de l'homme est en lui, et parce qu'elle est en lui, elle est dans ses plus petites particularités, savoir, dans les plus petites particularités de sa pensée et dans les plus petites particularités de son action ; tout ce qui n'a pas l'âme de l'homme en soi, n'appartient point à l'homme ; l'Ame du Seigneur fut la Vie même ou l'Être même, qui est Jéhovah ; car le Seigneur a été conçu de Jéhovah, ainsi la Vie même était dans les plus petites particularités qui concernaient le Seigneur : et puisque la vie même ou l'Être même, qui est Jéhovah, appartenait au Seigneur, comme l'âme appartient à l'homme, ce qui appartenait à Jéhovah appartenait donc au Seigneur; c'est ce que le Seigneur nous apprend, quand il dit ; qu'il est dans le Sein du Père,
— Jean, I. 18, — et que toutes les choses que le Père a, sont à Lui. — Jean XVI, 15: XVII. 10, 11 ;— par le Bien, qui appartient à Jéhovah, il a uni l'Essence Divine à l'Essence Humaine, et par le
:kîo arcanes célestes.
Vrai il a uni l'Essence Humaine à l'Essence Divine, ainsi c'est par Lui-Même qu'il a uni toutes choses tant en général qu'en particulier: bien plus, son Humain lui a été laissé, afin qu'il combattît par Soi-Mêrae contre tous les Enfers, et alin qui les vainquît ; et comme il avait en Soi, ainsi qu'il a été dit, la vie qui Lui appartenait, il les a vaincus par sa propre puissance et par ses propres forces, comme il est dit clairement aussi dans les Prophètes aux passages cités. Or, le Seigneur par ses propres forces s'étant acquis toutes choses, étant devenu la Justice, ayant affranchi le monde des esprits du joug des génies et des esprits infernaux, ayant par conséquent délivré le genre humain de la destruction, car le genre humain est gouverné par les esprits, et l'ayant ainsi racheté, c'est pour cela que, dans la Parole de l'Ancien Testament, il est appelé tant de fois Libérateur et Rédempteur, et Sauveur, ce qui est exprimé par son nom Jésus.
2026. Je le donnerai, signifie qu'à Lui appartiennent les choses (fui sont dans les deux et sur les terres : c'est la conséquence de ce qui vient d'être dit Te donner, dans le sens de la lettre, indique que Dieu ou Jéhovah Lui donnerait, comme il est dit aussi, dans la Parole des Evangélistes, que le Père Lui a donné toutes les choses qui sont dans le Ciel et sur la terre ; mais dans le sens interne, dans lequel le Vrai même se montre dans sa pureté, cela signifie que le Seigneur s'est acquis toutes ces choses, parce que Jéhovah était en Lui et dans chacune des parties de Lui-Même, ainsi qu'il a été dit Cela peut encore être illustré par quelque chose de semblable ; par exemple : Si l'homme intérieur ou rationnel, ou la pensée, disait que son corporel aurait le repos ou la tranquillité, s'il cessait de faire telle ou telle chose ; alors celui qui dit est le même homme que celui auquel il s'adresse, car le Rationnel appartient autant à l'homme que le corporel ; c'est pourquoi quand on parle de l'un, l'autre est compris. En outre, il est constant que les choses qui sont dans les cieux et sur les terres appartiennent au Seigneur, c'est ce que prouvent beaucoup de passages de la Parole ; sans parler de ceux qui sont dans l'Ancien Testament, on le voit par ceux des Evangélistes, — Matth. , XI. 27. Luc, X. 22. Jean, III. 34, 35. XVII. 2. Matth., XXVIU. 18. — et par les explications données dans la Première Partie, N" 458, 551 , 552, 1607 ; et comme le Seigneur gouverne le Ciel, il gouverne aussi toutes les choses qui sont
sur les terres, car il y a entre le Ciel et toutes ces choses un tel enchaînement, que celui qui gouverne l'un gouverne tout ; en effet, du Ciel des Anges dépend le Ciel des esprits angéliques, du ciel des esprits angéliques dépend le monde des esprits, et du monde des esprits dépend le genre humain ; c'est pareillement des Cieux que dépendent toutes les choses qui sont dans le monde et dans la nature, car sans l'influx procédant du Seigneur par les cieux, rien de ce qui est dans la nature et dans ses trois règnes n'existerait ni ne subsisterait. Voir N° 1632.
2027. A ta semence après toi , signifie qu'il donnera à ceux qui auront la foi en Lui ; Cela est évident par la signification de la Semence, «o ce qu'elle est la foi, comme on le voit N°* 1025, 1447, 1610; savoir, en ce qu'elle est la foi de la charité, ainsi qu'il a été dit. N" 379, 389, 654, 724, 809, 916, 1017, 1162, 1176, 1258. Ils n'ont pas la Foi de la charité, par conséquent ils ne sont pas la semence ici désignée, ceux qui placent le mérite dans les actions de leur vie, car ils veulent être ainsi sauvés non par la Justice du Seigneur, mais par leur propre justice; qu'il n'y ait en eux aucune foi de la charité, c'est-à-dire, aucune charité, on le voit en ce qu'ils se préfèrent aux autres, et par conséquent se considèrent eux-mêmes, et ne considèrent pas les autres, si ce n'est qu'autant que les autres les servent ; et ceux qui ne veulent pas les servir, ils les méprisent ou les haïssent; ainsi, par l'amour de soi ils désunissent et n'associent jamais, et par conséquent ils détruisent ce qui est céleste, savoir, l'amour mutuel, qui est le fondement du ciel, car c'est dans cet amour que subsiste et consiste le ciel même, ainsi que toute l'association et l'unanimité du ciel ; en effet, tout ce qui détruit l'unanimité dans l'autre vie, est contre l'ordre du ciel même et conspire ainsi à la destruction du tout ; tels sont ceux qui placent le mérite dans les actions de leur vie, et s'attribuent la justice ; ceux-ci sont en grand nombre dans l'autre vie ; parfois ils brillent parla face comme des flambeaux, mais c'est d'un feu follet qui est produit par leur propre justification, mais ils sont froids ; on les voitquelquefois courir de tous côtés, et confirmer leur propre mérite d'après le sens littéral de la Parole, ayant en haine les vrais que renferme le Sens interne. N° 1877; leur sphère est intuitive d'eux-mêmes, par conséquent destructive de toutes idées qui ne tendent pas à se considérer soi-
même comme une sorte de divinité ; la sphère de plusieurs de ces esprits réunis ensemble a une telle action dissolvante, qu'il n'y a là rien qui ne soit en inimitié et en hostilité; car chacun, voulant la même chose, c'est-a-dire, être servi, tue l'autre de cœur: il y en a parmi eux quelques-uns qui disent avoir travaillé dans la vigne du Seigneur, lorsque cependant ils ont eu alors continuellement en vue la prééminence, la gloire, les honneurs et même le lucre, avec la prétention de devenir ainsi les plus grands dans le ciel, et même d'être servis par les anges ; ils méprisent les autres dans leur cœur en les comparant à eux-mêmes ; ainsi ils ne sont imbus d'aucun ajnour mutuel dans lequel consiste le Ciel, mais ils sont imbus de l'amour de soi dans lequel ils placent le ciel, car ils ne savent pas ce que c'est que le ciel ; voir sur ce sujet les N°* 460, 451, 452, 1594, 1670 : ils sont au nombre de ceux qui veulent être les premiers, mais qui deviennent les derniers, — Matth. , XIX. 30 ; XX. 16. Marc, X. 31. — et qui disent avoir, par le Nom de Seigneur, prophétisé et fait plusieurs miracles, mais auxquels il est répondu : Je ne vous connais point. — Matth., VII. 22, 23. — Il en est autrement de ceux qui ont cru, dans la simplicité du cœur, avoir mérité le Ciel, et qui ont vécu dans la charité ; pour eux mériter le Ciel, consista en ce qu'ils l'ont considéré comme une promesse, et ils reconnaissent facilement qu'il est dû à la Miséricorde du Seigneur ; en effet, la vie de la charité porte cela avec soi ; la charité même aime tout vrai.
2028. Toute ta terre de Canaan, signifie le Royaume Céleste : cela est évident d'après la signification de la terre de Canaan, en ce que c'est le Royaume Céleste, ainsi qu'il a déjà été dit, N°* 1413, 1437, 1607.
2029. En possession éternelle, signifie pour l'éternité : on le voit sans explication : ils sont appelés possesseurs, puis héritiers, non par mérite, mais par Miséricorde.
2030. ,1c leur serai y pour Dieu, signifie qu'il n* y a qu'un Dieu: cela est évident en ce qu'ici il s'agit de l'Essence Humaine du Seigneur, qui doit être unie à l'Essence Divine, et qui par conséquent deviendra aussi elle-même Dieu ; ainsi, je leur serai pour Dieu, signifie dans le sens interne un seul Dieu.
2034. Vers. 9. Et Dieu dit à Abraham : Et toi, tu garderas mon
alliante, toi et la semence après toi, dans leur génération. — Dieu dit à Abraham, signifie la perception : et toi f tu garderas mon alliance, signifie une union encore plus étroite ; loi et ta semence après toi, signifie que c'est par le Seigneur que se fait la conjonction de tous ceux qui ont la foi en Lui : dans leurs générations, signifie les choses qui appartiennent à la foi.
2032. Dieu dit à Abraham, signifie la perception : on le voit par la signification des mots Dieu dit, dans le sens historique de la Parole, en ce que c'est percevoir, N" 1602, 1791, 1815, 1819, 1822.
2033. Toi , lu garderas mon alliance, signifie une union encore plus étroite : On en trouve la preuve dans la signification de Val» liance, en ce qu'elle est l'union et la conjonction, ainsi qu'il a déjà été dit aux versets 2, A, 7, et dans la Première Partie, N" 665, 666, 1023, 1038 ; la répétition ici de l'alliance dont il a déjà été tant de fois question, dénote une union plus étroite : dans le sens historique qui concerne Abraham, cela ne peut s'appliquer qu'à l'injonction de garder l'alliance; mais dans le sens interne, dans lequel il s'agit du Seigneur, l'historique s'évanouit, et à sa place succède ce qui est applicable au Seigneur, c'est-à-dire qu'il doit être uni plus étroitement. L'union de l'Essence Humaine du Seigneur avec son Essence Divine s'est faite non pas en une seule fois, mais pendant tout le cours de sa vie, depuis l'enfance jusqu'au dernier moment de sa vie dans le monde ; ainsi, il s'est continuellement élevé vers la Glorification, c'est-à-dire, vers l'union : c'est là ce qui est dit dans Jean : « Jésus dit : Père, glorifie ton Nom ; il sortit une voix du Ciel : Et » je l'ai glorifié , et je le glorifierai de nouveau. » — XII. 28. — Voir ce qui a déjà été dit, N- 1690, 1864.
2034. Toi et la semence après toi, signifie que c'est par le Seigneur t\ue se fait la conjonction de tous ceux qui ont la foi en Lui : c'est ce qu'on voit par la signification de la Semence, en ce qu'elle est la foi ; il en a déjà été parlé quelquefois ; et par la signification de Après loi, en ce que c'est suivre le Seigneur, Voir plus haut, N° 2019. D'abord, il a été question de l'Union de l'Essence Divine avec l'Essence Humaine, et de l'Essence Humaine avec l'Essence Divine ; ici maintetenant il s'agit de la Conjonction du Seigneur avec ceux qui croient on Lui ; c'est même pour cela que le mot Toi est répété, savoir, Toi, tu garderas mon alliance. Toi et ta semence ; d'après cette répétition
et cette addition à la semence, il est constant que dans le sens interne c'est la Conjonction qui est signifiée, et même la conjonction avec ceux qui sont la semence, par laquelle est signifiéelafoide la charité, comme il a été expliqué, N" 1025, 1447, 1610 ; et que la foi est la charité elle-même, comme on Ta vu, dans la Première Partie, N°* 30 à 38, 379, 389, 654, 724, 809, 916, 1017, 1076, 1077, 1162, \ 176, 1258, 1798, 1799, 1834, 1844. Le Seigneur aussi, quand il parle de son Union avec le Père, parle tout aussitôt et de suite de sa Conjonction avec le Genre humain, parce que ce fut là la cause de l'Union ; on le voit, par exemple, dans Jean : <■ Afin que tous soient » ww, comme Toi* Père, (tu es) en Moi, et Moi en Toi, qu'eux aussi » soient un en nous ! Moi, je leur ai donné la gloire que Tu M'as » donnée, afin qu'ils soient un comme nous nous sommes un, Moi en » eux, et Toi en Moi : car je leur ai fait connaître ton Nom, et je le » leur ferai connaître, afin que l'amour dont tu M'as aimé soit en eux. • — XVII. 21, 22, 26; ces paroles montrent clairement que dans l'Union de lui-même avec son Père, le Seigneur a eu en vue la conjonction de lui-même avec le genre humain, et qu'il l'a eue à cœur, parce qu'elle a été son Amour; car toute conjonction s'opère par l'amour, l'amour est la conjonction elle-même. Le Seigneur dit ailleurs dans le Même : « Parce que Moi je vis, vous aussi vous vivrez ; » en ce jour-là vous connaîtrez que Moi (je suis) dans le Père, et vous » en Moi, et Moi en vous ; celui qui a mes préceptes et qui les fait,
• celui-là M'aime. » — XIV. 19, 20, 21 ; — par là on voit pareillement que le Seigneur, dans l'Union de son Essence Humaine avec son Essence Divine , a eu en vue la conjonction de luimême avec le genre humain , et que cette conjonction fut sa fin, et cette lin son amour, amour qui était tel, que le salut du genre humain , considéré dans l'union de Lui-Môme avec son Père, Lui procurait une joie intime; et ici, ce qui unit est aussi désigné; c'est d'avoir ses préceptes et de les faire, par conséquent c'est d'aimer le Seigneur. Dans le Même : « Père, Glorifie ton Nom, Il
* sortit donc une voix du Ciel : El je l'ai glorifié, et je le glorifierai » de nouveau. Jésus dit: Ce n'est pas pour Moi que cette voix s'est » fait entendre, mais c'est pour vous. Et Moi, quand j'aurai été élevé ■ de ta terre, j'attirerai tous (les hommes) après Moi. » — XII. 28. 30. 32; — par glorification on entend union, ainsi qu'il a déjà été
expliqué; et il est dit ouvertement que, dans l'Union de Lui-Mêine avec le Père, le Seigneur a eu en vue la conjonction de Lui-Même avec le genre humain , comme on le voit par ces paroles : Quand j'aurai été élevé, j'attirerai tous les hommes après Moi. Que la conjonction de l'Infini ou du Divin Suprême ait été faite avec le genre humain par l'Humain du Seigneur devenu Divin, et que cette conjonction ait été la cause de l'avènement du Seigneur dans le monde, c'est un arcane dont plusieurs s'enquièrent en eux-mêmes, et comme ils ne comprennent point, ils ne croient point; et comme ils ne croient point parce qu'ils ne comprennent point, cela devient pour eux un scandale ; il m'a été donné d'apprendre qu'il en est ainsi, par un grand nombre d'expériences sur ceux qui viennent dans l'autre vie ; un très grand nombre d'entre eux, presque la plus grande partie des hommes de talent dans le monde, pour peu qu'ils pensent que le Seigneur a été fait homme, qu'il a eu comme un autre homme une forme externe, qu'il a souffert, et que cependant il gouverna l'univers, remplissent aussitôt leur sphère de scandales, par la raison que cela était pour eux un scandale dans la vie du corps, quoiqu'ils n'aient alors rien divulgué de ce qu'ils en pensaient, et quoiqu'ils aient adoré le Seigneur par une sainteté externe ; en effet, dans l'autre vie, les intérieurs se montrent ouvertement et sont manifestés par la sphère qui s'étend autour d'eux, et dont il a été parlé dans la Première Partie, N°* 1048, 1053, 1316, 1504; par là on perçoit clairement de quelle foi ils ont été, et ce qu'ils ont pensé sur le Seigneur: puisqu'il en est ainsi, il est encore permis d'exposer en peu de mots comment la chose se passe : Après que tout céleste eut péri chez l'homme, c'est-à-dire, après que tout amour en Dieu eut péri, de sorte qu'il n'y eut plus aucune volonté du bien, alors le genre humain fut séparé du Divin, car il n'y a absolument que l'amour qui conjoigne; l'amour étant devenu nul, la disjonction se fit, et quand il y a disjonction, la destruction et l'extirpation en sont la suite ; il fut donc fait alors une promesse sur l'avènement du Seigneur dans le monde, Lequel devait unir l'Humain au Divin, et par cette Union conjoindre en Lui le genre humain par la foi de l'amour et de la charité ; depuis l'époque de la première promesse, dont il est parlé dans la Genèse, — III. 15, — la foi de l'amour dans la venue du Seigneur a con joint ; mnis lorsqu'il n'esl plus resté aucune foi de l'amour
ARCANES CÉEESTES.
sur le globe de la terre, le Seigneur est venu, et il a uni l'Essence Humaine à l'Essence Divine, au point qu'elles n'étaient absolument qu'un, comme Lui-Même le dit clairement, et il a enseigné en même temps le chemin de la vérité, en déclarant que quiconque croirait en Lui, c'est-à-dire que quiconque L'aimerait Lui et tout ce qui Lui appartient, et serait dans l'amour qu'il a Lui-Même envers tout le genre humain, par conséquent dans l'amour envers le prochain, serait conjoint et sauvé : lorsque dans le Seigneur l'Humain fut devenu Divin et que le Divin fut devenu Humain, l'influx del'lnfini ou du Divin Suprême se fit chez l'homme, qui autrement n'aurait jamais pu exister ; par là aussi furent dissipées les abominables persuasions du faux et les abominables cupidités du mal, dont était rempli le monde des esprits, qui continuellement se remplissait des âmes venant du inonde ; et les esprits qui étaient dans ces persuasions et dans ces cupidités furent précipités dans l'enfer, et par conséquent séparés; si cette séparation n'eût pas été faite, le genre humain aurait péri, car il est gouverné par le Seigneur au moyen des esprits : et ces persuasions et ces cupidités ne pouvaient pas être dissipées autrement; en effet, il n'existait aucune opération du Divin par les rationnels dans les sensuels internes de l'homme, car ils sont au-dessous du Divin Suprême non ainsi uni : il y a en outre des arcanes encore àis profonds, qui ne peuvent nullement être mis à la portée d'aucun homme. Voir ce qui a été dit ci-dessus, N°* 1676, 1990, 2016 ; on peut voir aussi que le Seigneur apparaît comme Soleil dans le ciel des Anges célestes, et comme Lune dans le ciel des Anges spirituels, et que le Soleil est le céleste de son amour, et la Lune le spirituel de cet amour, N" 1053, 1521, 1529, 1630, 1631 ; et que toutes choses, tant en général qu'en particulier, sont sous son aspect, N" 1274 f. 1277 f.
2035. Dans leurs générations, signifie les choses qui appartiennent à la foi : on le voit par la signification des Générations et des Nativités, en ce qu'elles sont les choses qui appartiennent à la foi, ainsi qu'il a été dit, N" 613, 1145, 1265, 1330; et en ce que les choses qui appartiennent à l'amour et à la foi sont entre elles comme les consanguinités et les affinités des générations, N 0i 685, 917.
2036. Vers. 10. Ceci (est) mon alliance que vous garderez entre Moi et rons, et ta semence après loi ; que tout ma le (l'entre t ons
soit circoncis. — Ceci (est) mon alliance que vous garderez entre Moi et vous , signifie l'indice de la conjonction de tous avec le Seigneur: et ta semence après toi, signifie ceux qui ont la foi dans le Seigneur :que tout mâle d'entre vous soit circoncis, signifie la pureté.
2037. Ceci est monalliance que vous garderez entre Moi et vous, signifie l'indice de la conjonction de tous avec le Seigneur : on en trouve la preuve dans la signification de Y alliance, en ce qu'elle est la conjonction, comme il a été dit ci-dessus : que ce soit ici l'indice de la conjonction, c'est ce qu'on voit par le Verset suivant, ou la circoncision est appelée le Signe de l'alliance, en ces termes : « Fous cir- » concirez la chair de votre prépuce, et ce sera en Signe DE l'alliance • entre Moi et vous.» Les signes de l'alliance étaient tous les Rites Externes de l'Église, qui devaient être considérés saintement, parce que par eux étaient signifiés les Internes; la Circoncision, dont il est question ici, n'a été aussi qu'uu Rit représentatif et significatif, dont il sera parlé dans la suite ; mais néanmoins de tels rites, dans la Parole, sont souvent appelés l'alliance, et cela parce que les Externes représentaient, et par conséquent signifiaient les Internes ; les Internes appartiennent à l'alliance, parce qu'ils conjoignent, mais les externes ne conjoignent que par les internes; les externes étaient seulement les signes de l'alliance ou les indices de la conjonction, afin qu'on se rappelât les internes, et qu'ainsi l'on fût conjoint par eux ; sur les signes de l'alliance, Voir N° 1308 : tous les Internes, qui appartiennent à l'alliance ou qui conjoignent, se réfèrent à l'amour et à la charité, et procèdent de l'amour et de la charité; car c'est de l'un et de l'autre, savoir, d'aimer le Seigneur plus que soi-même, et d'aimer le prochain comme soi-même, que dépendent toute la loi et tous les prophètes, c'est-à-dire, la doctrine universelle de la foi. — Matth., XXII. 34 à 39. Marc, XII. 28 à 35.
2038. El ta semence après toi, signifie ceux qui ont la foi dans le Seigneur : on le voit par la signification de la Semence, en ce qu'elle est la foi procédant de la charité, ainsi qu'il a été dit ci-dessus.
2039. Que tout mâle d' entre-vous soit circoncis, signifie la pureté : on en trouve la preuve dans la représentation, et par suite dans la signification de Circoncire dans le sens interne. La Circoncision , ou l'action de couper le prépuce, ne signifiait autre chose que le dépouillement et le nettoiement des choses qui embarrassaient et souil-
laient l'amour céleste ; ce sont les maux des cupidités, surtout des cupidités de l'amour de soi, et les faux qui en proviennent : la cause de cette signification, c'est que les parties Génitales de l'un et l'autre sexe représentent l'amour céleste; il y a trois genres d'amours qui constituent les célestes du Royaume du Seigneur, savoir, l'amour conjugal, l'amour envers les enfants, et l'amour de la société ou l'amour mutuel ; l'amour conjugal est le principal de tous, car en lui est la fin de l'usage le plus grand, savoir la propagation du genre humain et par suite celle du Royaume du Seigneur, dont le genre humain est la pépinière ; vient ensuite l'amour envers les enfants, qui procède de l'amour conjugal ; et enfin l'amour de la société ou l'amour mutuel : tout ce qui couvre, embarrasse et souille ces amours, est signifié par le prépuce ; et c'est pour cela que l'action de le couper, ou la circoncision est devenue représentative, car autant les maux des cupidités, et les faux qui en proviennent, sont repoussés, autant l'homme est purifié, et autant l'Amour céleste peut apparaître : il a été dit et montré combien l'Amour de soi est opposé à l'amour céleste, et combien il est corrompu, Voir, N 0> 760, 1307, 1308, 1321, 1594, 2045, 2057 : d'après cela il est évident que la Circoncision dans le sens interne signifie la pureté. Que la Circoncision soit seulement un Signe de l'alliance ou de la conjonction, c'est ce qu'on peut voir clairement, en ce que la circoncision du prépuce n'est absolument rien sans la circoncision du cœur, et en ce que c'est que la circoncision du cœur ou la purification de ces amours impurs, qui est signifiée, comme le prouvent clairement ces passages de la Parole ; dans Moïse : « Jéhovah Dieu * circoncira ton cœur, et le cœur de ta semence , pour aimer Jé- > hovah ton Dieu de tout ton cœur et de toute ton âme, afin que tu » vives. » — Deutér. XXX. 6 : — de là il est évident que circoncire le cœur, c'est être purifié des amours impurs, afin que Jéhovah ou le Seigneur puisse être aimé de tout cœur et de toute âme. Dans Jérémie : « Défrichez-vous une terre nouvelle, et ne semez pas parmi » les épines; Circoncisez-vous à Jéhovah, cl ôtez le prépuce de votre ■ cœur, homme de Juda et habitants de Jérusalem. » — IV. 3, 4 : — se circoncire à Jéhovah et ôter les prépuces du cœur, ce n'est autre chose qn'ôter ce qui s'oppose à l'amour céleste ; par là. on voit aussi que la circoncision du cœur os! intérieurement ce que si-
gnifie la circoncision du prépuce. Dans Moïse : « Circoncisez le pré- » puce de votre cœur, etn f endurcissez plus votre cou ; Celui qui rend » le jugement de l'orphelin et de la veuve, et qui aime le voyageur » pour lui donner le pain et le vêtement »— Deutér. X. 16, 18;— là aussi, Ton voit clairement que circoncire le prépuce du cœur, c'est être purifié des maux des amours impurs et des faux qui en proviennent; les célestes de l'amour sont décrits par les œuvres de la charité, savoir, par rendre le jugement de l'orphelin et de la veuve, et par aimer le voyageur pour lui donner le pain et le vêtement Dans Jérémie : ■ Voici les jours qui viennent, où je ferai la visite sur tout » circoncis dans le prépuce, sur l'Egypte, et sur Juda, et sur Edom, » et sur les fils d'Ammon, et sur Moab, et sur tous les retranchés de » l'angle, qui habitent dans le désert, parce que toutes les nations ■ ont le prépuce, et que toute la maison d'Israël a le prépuce du • cœur.» — IX. 24, 25; — il est encore évident, d'après ces paroles, que la circoncision est le significatif de la purification ; ils sont appelés circoncis dans le prépuce, mais néanmoins les nations, au nombre desquelles est aussi Juda, sont dites avoir le prépuce, et il est dit qu'Israël a le prépuce du cœur. Dans Moïse : t Ou alors » leur cœur incirconcis s'humiliera.» — Lévit XXVI. Ai; — pareillement Que le Prépuce et l'Incirconcis signifient ce qui est souillé, c'est ce qu'on voit dans Esaïe : « Réveille-toi, réveille-toi, » revêts-toi de ta force , Sion ; revêts-toi de tes habits d'ornement, » Jérusalem, ville de sainteté, parce qu'il n'arrivera plus que l'/rt- » circoncis et le Souillé viennent désormais chez toi. » — LU. 1 ; — par Sion est entendue l'Eglise céleste, par Jérusalem l'Eglise spirituelle, dans laquelle n'entrera pas ce qui est incirconcis, c'est-à-dire, ce qui est souillé. Que la circoncision soit un signe d'alliance ou un indice de conjonction, c'est ce qu'on voit clairement en ce que pareille chose était représentée par les fruits des arbres, qui devaient être aussi circoncis ; il en est ainsi parlé dans Moïse : * Quand vous » serez venus dans la terre, et que vous aurez planté quelque arbre » fruitier que ce soit, vous ôterez son prépuce, son fruit ; il vous » sera incirconcis pendant trois ans, on n'en mangera point ; et » dans la quatrième année tout son fruit sera la sainteté des louan- » ges de Jéhovah. .— Lévit XIX. 23, 24 ; — les fruits pareillement représentent et signifient la charité, comme on peut le voir dans la
Parole par plusieurs passages; ainsi leur prépuce signifie l'impureté qui arrête et souille la charité. Chose étonnante ! quand les Anges qui sont dans le Ciel ont une idée de purification des souillures naturelles, quelque chose de semblable à la circoncision est promptement représenté dans le monde des esprits ; car les idées angéliques se terminent en représentatifs dans le monde des esprits ; il y a eu dans l'Eglise Judaïque des rites représentatifs qui tiraient de là leur origine, et il y en a eu aussi qui ne venaient pas de là : ceux chez qui, dans le monde des esprits, était promptement représentée cette circoncision, voulaient être admis dans le Ciel, et avant qu'ils y fussent admis, ce représentatif avait eu lieu ; par là on peut voir pourquoi il fut ordonné à Josué de circoncire le peuple, lorsqu'ils passèrent le Jourdain pour entrer dans la terre de Canaan ; l'entrée du peuple dans la terre de Canaan ne représentait autre chose que l'introduction des fidèles dans le Ciel, c'est pour cela que la circoncision avait été commandée une seconde fois; il en est ainsi parlé dans Josué : « Jéhovah dit à Josué : Fais-toi des couteaux de pierres; circoncis les • fils d'Israël une seconde fois. Et Josué se fit des couteaux de pierres, » et il circoncit les fils d'Israël à la colline des prépuces. Et Jého- » vah dit à Josué : aujourd'hui j'ai déroulé de dessus vous l'oppro- » bre de l'Egypte ; et il appela le nom de ce lieu Gilgal (déroule- » ment). — V. 2, S, 9; — les couteaux de pierres signifient les vrais dont ils devaient être imbus, afin de pouvoir ainsi réprimer et chasser les amours impurs, car sans les connaissances du vrai, jamais il n'existe aucune purification; que la pierre ou le caillou signifie les vrais, c'est ce qui a déjà été expliqué N 0i 6A3, 1298; et l'on voit, par la Parole, que le couteau (l'épée) se dit des vrais par lesquels les maux doivent être réprimés.
2040. Vers. 11. Et vous circoncirez la chair de votre prépuce, el ce sera en signe de l'alliance entre Moi et vous. — Vous circoncirez la chair de voire prépuce, signifie l'éloignement de l'amour de soi et de l'amour du monde : et ce sera en signe de l'alliance entre Moi et vous, signifie le représentatif et le significatif de la pureté.
20À1. y ous circoncirez la chair de votre prépuce, signifie l'éloignement de l'amour de soi et de l'amour du monde: cela est évident par la représentation et la signification de In Circoncision, en ce qu'elle est la purification des amours impurs, ainsi qu'il vient d'être dit.
N* 2039; et par la signification de la Chair, en ce qu'elle est le propre de l'homme, Voir, N° 999; le propre de l'homme n'est autre chose que l'amour de soi et du monde, c'est par conséquent toute cupidité qui provient de ces amours; il a été montré dans la Première Partie, N** Ml, 150, 154, 210, 215, 694, 731, 874, 875, 876, 987, 1047, combien ce propre est impur : comme ce propre, qu'il faut éloigner, est signifié, il est appelé ici la chair du prépuce. Ce sont les deux amours, ainsi nommés, et leurs cupidités, qui s'opposent à l'influx de l'amour céleste procédant du Seigneur; car lorsqu'ils régnent dans l'homme intérieur et dans l'homme externe, et se sont emparés de lui, ou ils rejettent ou ils étouffent l'amour céleste qui influe, comme aussi ils le pervertissent et le souillent ; car ils sont absolument contraires à l'amour céleste ; dans la suite, par la Divine Miséricorde du Seigneur, il sera démontré qu'ils sont absolument contraires à cet amour ; mais autant ils sont éloignés, autant l'amour céleste qui influe par le Seigneur commence à paraître, et même à briller dans son homme intérieur, et autant l'homme commence à voir qu'il est dans le mal et dans le faux; il voit même ensuite qu'il est dans l'impureté et dans la souillure, et enfin que cela a été son propre ; ce sont ceux qui sont régénérés chez lesquels ces amours sont éloignés : cela peut aussi être aperçu par ceux qui ne sont pas régénérés; chez eux, quand les cupidités de ces amours se reposent, comme il arrive parfois lorsqu'ils sont dans une sainte méditation, ou lorsque ces cupidités s'assoupissent, ce qui arrive quand ils sont dans des infortunes, des chagrins, des maladies, et surtout au moment de la mort, alors les choses corporelles et mondaines étant assoupies et comme mortes, ils aperçoivent quelque chose de la lumière céleste et du soulagement qui en procède; mais chez eux il n'y a pas éloignement de ces cupidités, il y a seulement assoupissement, car sitôt qu'ils reviennent dans leur état précédent, ils retombent dans ces cupidités : chez les méchants aussi les choses corporelles et les mondaines peuvent être assoupies, et alors ils peuvent être élevés comme dans une sorte de céleste, ainsi qu'il arrive parfois aux âmes, surtout à celles qui sont arrivées récemment dans l'autre vie, et qui désirent ardemment voir la gloire du Seigneur, parce qu'elles ont beaucoup entendu parler du Ciel, quand elles vivaient dans le monde; alors ces externes sont assou-
342 AKCANES CÉLESTES.
pis chez elles, et elles sont élevées dans le premier Ciel, et jouissent de l'objet de leur désir; mais elles ne peuvent y subsister longtemps, parce que c'est seulement un repos des choses corporelles et des mondaines, et non un éloignement , comme chez les Anges, Voir N°' 541, 542. 11 faut qu'on sache que l'amour céleste influe continuellement du Seigneur chez l'homme, et qu'il n'y a rien qui mette obstacle et empêchement à cet influx, et fasse que l'homme ne puisse le recevoir, sinon les cupidités de ces amours et les faussetés qui en proviennent.
2042. Et ce sera en signe de l'alliance entre Moi et vous, signifie le représentatif et le significatif de la pureté : on en trouve la preuve dans ce qui vient d'être expliqué, N° 2039, savoir, que la Circoncision n'a été autre chose que le représentatif de la purification des amours impurs ; et comme c'était seulement un rite externe, qui représentait et signifiait l'interne, c'était non une alliance, mais un signe d'alliance.
2043. Vers. 12. Et à l'âge de huit jours sera circoncis parmi vous, tout mâle, dans vos générations, le né de la maison, et l'acheté par argent ,de tout fils étranger qui n'est point, lui, de ta semence.— A l'âge de huit jours, signifie un commencement quelconque de purification : sera circoncis parmi vous, signifie la purification : tout mâle, signifie ceux qui sont dans le vrai de la foi : dans vos générations, signifie les choses qui appartiennent à la foi : le né de la maison, signifie ceux qui sont célestes : et l'acheté par argent, signifie ceux qui sont spirituels au-dedans de l'Eglise : de tout fils étranger qui n'est point, lui, de ta semence, signifie ceux qui sont hors de l'Eglise.
20AA. Et à l'âge de huit jours, signifie un commencement quelconque de purification : c'est ce qu'on voit par la signification du Huitième jour; la Semaine, qui est de sept jours, signifie la période entière d'un état et d'un temps quelconque, comme de la réformation, de la régénération, de la tentation, tant de l'homme dans le particulier que de l'Eglise dans le commun ; ainsi une période est appelée semaine, fût-elle de mille ans, de cent ans, de dix ans, ou ne fûtelle que d'un nombre de jours, d'heures, de minutes, et ainsi de reste, ce qui peut être évident d'après les passages cités dans la Première Partie. N° 728; et comme le huitième jour est le premier jour de la semaine suivante, il signifie ici un commencement quelconque.
comme la circoncision elle-même a été le représentatif de la purification, de même l'a été aussi le temps, savoir, le huitième jour; non qu'ils entrassent alors dans un état plus pur, et qu'ainsi ils eussent été purifiés, mais parce que, comme la circoncision signifiait la purification, de même le huitième jour signifiait ce qui doit être fait en tout temps, et par conséquent toujours comme par un nouveau commencement.
2045. Sera circoncis parmi vous, signifie ta purification : on le voit par la représentation et par la signification de la Circoncision, en ce qu'elle est la purification des amours impurs; Voir ci-dessus, N° 2039. Ceux qui sont dans les amours de soi et du monde, ne peuvent jamais croire qu'ils soient dans des amours si impurs et si corrompus, comme ils y sont par le fait, car il y a une sorte d'agrément et de plaisir qui a quelque chose d'attrayant, de séduisant et de flatteur, et qui fait qu'ils aiment cette vie, la préfèrent à toute autre vie, et pensent ainsi qu'il n'y a aucun mal en elle ; car tout ce qui favorise l'amour de quelqu'un et par conséquent sa vie, il croit que c'est un bien ; par suite aussi le rationnel donne son consentement, et suggère des faux qui confirment, qui aveuglent au point qu'on* ne voit nullement ce que c'est que l'amour céleste, et que si on le voyait, on dirait dans son cœur que c'est quelque chose de pitoyable, ou quelque chose de uéant, ou quelque chose de semblable à une phantaisie qui tient l'esprit (animum) comme dans la langueur : mais que la vie de l'amour de soi etdu monde, avec ses agréments et ses plaisirs, soit impure et corrompue , c'est ce que peut voir tout homme qui veut penser d'après la faculté rationnelle dont il a été doué; c'est de l'amour de soi que naissent tous les maux qui détruisent la société civile; de cet amour, comme d'une source impure, surgissent toutes les haines, toutes les vengeances, toutes les cruautés, et même tous les adultères ; car celui qui s'aime, méprise, blâme ou hait tous les autres qui ne le servent pas, ou qui ne lui rendent pas honneur, ou qui ne lui sont pas favorables; et quand il a de la haine, il ne respire que vengeances et cruautés; et cela, en proportion de ce qu'il s'aime lui-même; ainsi cet amour est destructif de la société et du genre humain : que cet amour soit tel, c'est ce qu'on voit, dans la Première Partie, N" 693, 694, 760, 1307, 1308. 1321. 1506; 159A. 1691, 1862. Que l'amour de soi, dans l'antre vie, soit très
impur, et diamétralement opposé à l'amour mutuel dans lequel consiste le Ciel, c'est aussi ce qui, par la Divine Miséricorde du Seigneur, sera dit dans la suite ; et comme de cet amour naissent les haines, les vengeances, les cruautés et les adultères, c'est lui qui produit tout ce qu'on nomme péché, crime, abomination et profanation ; c'est pourquoi, quand cet amour est dans le rationnel d'un homme, et dans les cupidités et dans les phantaisies de son homme externe, l'influx de l'amour céleste procédant du Seigneur est continuellement chassé, perverti et souillé ; c'est comme un excrément fétide qui dissipe et môme corrompt toute odeur suave; c'est comme un objet qui change en couleurs affreuses et noires les rayons qui influent continuellement de la lumière; c'est aussi comme un tigre et un serpent qui dédaignent les caresses et tuent par leur morsure et par leur venin ceux qui leur présentent à manger ; ou comme un scélérat consommé qui change en blâmes et en malices les meilleures intentions des autres et leurs bienfaits mêmes : de là il est évident que ces amours, savoir, l'amour de soi et l'amour du monde; sont ce qui est représenté et signifié par les prépuces qu'il faut retrancher.
28A6. Tout mâle, signifie ceux qui sorti dans le vrai de ta foi : on le voit par la signification du Mâle, en ce qu'il est le vrai ; ainsi qu'il a été dit, N°' 672, 749; si celui par lequel est signifié le vrai de la foi est appelé mà/e, c'est parce que personne ne peut être purifié de ces amours impurs, sinon celui qui est dans le vrai ; c'est par le vrai qu'il connaît ce qui est pur et ce qui est impur, ce qui est saint et ce qui est profane; avant qu'il ait ces connaissances, il n'existe pas de moyens dans lesquels et par lesquels puisse opérer l'amour céleste, qui influe continuellement du Seigneur, et qui ne peut être reçu que dans les vrais ; c'est pour cela que l'homme est réformé et régénéré par les connaissances du vrai, et qu'il ne l'est pas avant d'en avoir été imbu ; la conscience elle-même est formée par les vrais de la foi, car la conscience, dont le régénéré est gratifié, est celle du vrai et du droit, comme on le voit, N°* 977, 986 f. 1033, 1076, 1077 : c'est aussi la raison pour laquelle, dans la circoncision, on employait des couteaux de pierres, ou des glaives de cailloux, comme on les appelle, par lesquels sont signifiés les vrais; Voir ci-dessus, IV 2039 vers la fin.
GKNfiSE. CfUP. DIX-SEPTIÈME. 345
2047. Duns vos génération*, signifie lis choses qui appartiennent à la foi : on en trouve la preuve dans la signification des Générations et des Nativités, en ce qu'elles sont les choses qui appartiennent à la foi : Voir N- 613, 1145, 1255, 2020, 2035.
2048. Le né de la maison, signifie ceux qui sont célestes; et l'acheté par argent, signifie ceux qui sont spirituels, ainsi ceux qui sont au-dedans de l'Église : on le voit par la signification de celui qui est né de la maison, en ce que ce sont ceux qui sont au-dedans de la maison : clans la Parole, la maison siguilie le céleste, parce que le céleste est l'intime, ce qui fait que la Maison de Dieu signifie dans le sens universel le Royaume du Seigneur ; dans un sens moins universel, l'Église; dans un sens particulier, l'homme lui-même en qui est le Royaume ou l'Église du Seigneur : quand l'homme est appelé maison, c'est le céleste de la foi chez lui, qui est signifié ; quand il est appelé temple, c'est le vrai de la foi chez lui, qui est signifié; ce sont donc ici les hommes célestes qui sont signifiés par le né de la maison. Que l'acquisition avec de l'argent ou Yacheté par argent signifie ceux qui sont spirituels, c'est ce qu'on voit par la signification de Yargent, en ce que c'est le vrai, par conséquent le spirituel de la foi, ainsi qu'il a été dit dans la Première Partie, N° 1551. Ceux qui sont dans l'amour dans le Seigneur sont appelés Célestes ; et comme la Très-Ancienne Église, qui exista avant le déluge, fut dans cet amour, elle était une Église céleste; ceux qui sont dans l'amour envers le prochaiu, et ainsi dans le vrai de la foi, sont appelés Spirituels ; telle fut l'Ancienne Église qui exista après le déluge ; dans la Première Partie, il a été plusieurs fois question de la distinction entre les hommes Célestes et les hommes Spirituels. Chacun peut voir qu'il y a ici des arcanes célestes, savoir, en ce qu'il fallait circoncire ceux qui étaient nés de la maison, ceux qui avaient été achetés par argent, et aussi les fils étrangers, et en ce que ceux là sont nommés, et cela plusieurs fois, comme dans les versets suivants, 13, 23, 27; ces arcanes ne se découvrent que par le sens interne, où Pou voit que ceux qui sont nés de la maison et ceux qui ont été achetés par argent signifient les hommes célestes et les hommes spirituels, par conséquent ceux qui sont au-dedans de l'Église, et que le fils étranger qui n'est pas de la semence signifie ceux qui sont hors de l'Église.
2049. De tout fils étranger qui n'est point, lui, de ta semence, signifie ceux qui sont hors de l'Église : On le voit par la signification du fils étranger, en ce que ce sont ceux qui ne sont pas nés au-dedans de PÉglise, par conséquent qui ne sont ni dans les biens ni dans les vrais de la foi, parce qu'ils ne sont pas dans les connaissances de ces biens et de ces vrais : les iils étrangers signifient aussi ceux qui sont dans un culte externe, Voir N° 1007, mais alors il s'agit de ceux qui sont au-dedans de l'Église; ici, au contraire, comme il est question de l'Église du Seigneur dans l'universel, les fils étrangers désignent ceux qui ne sont pas nés au-dedans de l'Église, comme sont les nations : les Nations, qui sont hors de l'Église, peuvent être dans les vrais, mais non dans les vrais de la foi ; leurs vrais sont, comme les préceptes du décalogue, d'honorer son père et sa mère, de ne point tuer, de ne point voler, de ne point commettre adultère, de ne point convoiter ce qui appartient aux autres, et d'adorer une Divinité ; mais les vrais de la foi sont tous les doctrinaux sur la Vie éternelle, sur le Royaume du Seigneur et sur le Seigneur; ces vrais ne peuvent leur être connus, parce qu'ils n'ont pas la Parole ; ce sont ceux-là que désignent les fils étrangers qui ne sont pas de la semence, et qui doivent être circoncis avec les autres, c'est-à-dire, purifiés ; de là il est évident qu'ils peuvent être purifiés comme ceux qui sont audedans de l'Église : c'est ce qui était représenté par être circoncis ; ils sont purifiés quand ils rejettent les amours impurs et vivent entre eux dans la charité ; en effet ils vivent alors dans les vrais, car tous les vrais appartiennent à la charité, mais dans les vrais dont il vient d'être parlé : quand ils vivent dans ces vrais, ils puisent facilement les vrais de la foi, sinon dans la vie du corps, du moins dans l'autre vie, parce que les vrais de la foi sont les vrais intérieurs de la charité ; car alors ils n'aiment rien plus que d'être admis dans les vrais intérieurs de la charité : les intérieurs de la charité sont ce en quoi consiste le Royaume du Seigneur; Voir sur ces intérieurs, N" 932, 1032, 1059, 1327, 1328. 1360. Dans l'autre vie, la science des connaissances de la foi ne fait rien, car les esprits les plus méchants, même les esprits infernaux, peuvent être dans la science des connaissances, quelquefois plus que les autres ; mais c'est la vie selon les connaissances qui fait tout, car toutes les connaissances ont pour (in la vie ; si elles n'étaient point apprises par rapport à la vie, elles n<«
seraient d'aucun usage, si ce n'est qu'on pourrait en parler, et par suite passer dans le monde pour savant, être élevé aux honneurs, et acquérir de la réputation et des richesses ; on voit, d'après cela, que la vie des connaissances de la foi n'est autre que la vie de la charité, car la Loi, ainsi que les Prophètes, c'est-à-dire, la Doctrine universelle de la foi avec toutes ses connaissances, consiste dans l'amour dans le Seigneur et dans l'amour envers le prochain, comme chacun peut en avoir une preuve manifeste d'après les paroles du Seigneur, dans Matthieu, — XXII, 34 à 39. — et dans Marc, — XII, 28 à 351. — Mais toujours est-îl que les doctrinaux ou les connaissances de la foi sont très nécessaires pour former la vie de la charité, qui, sans elles, ne peut être formée ; c'est celte vie qui sauve après la mort; sans cette vie il n'y a aucune vie de la foi, car sans la charité il ne peut y avoir de vie de la foi ; ceux qui sont dans la vie de l'amour et de la charité sont dans la vie du Seigneur, personne ne peut être conjoint au Seigneur par une autre vie; de là il est encore évident que les vrais de la foi ne peuvent jamais être reconnus comme vrais, c'est-à-dire, qu'on ne peut en avoir la Reconnaissance, dont on parle, qu'extérieurement et de bouche, à moins que ces vrais ne soient implantés dans la charité ; en effet, ils sont niés intérieurement ou de cœur, car tous les vrais, ainsi qu'il a été dit, ont pour lin la charité, et si la charité n'est point en eux, ils sont intérieurement rejetés: les intérieurs se montrent tels qu'ils sont, lorsque les extérieurs sont enlevés, ce qui arrive dans l'autre vie, c'est-à-dire, qu'ils se montrent absolument opposés à tous les vrais de la foi ; il n'est jamais possible de recevoir la vie de la charité ou l'amour mutuel dans l'autre vie, quand on n'a eu aucun amour mutuel dans la vie du corps, mais la vie de l'amour qu'on a eu dans le monde reste après la mort ; en effet, on a en aversion et en haine l'amour mutuel, et quand on approche seulement d'une société où règne la vie de cet amour, on tremble, on est saisi d'horreur et accablé de tourments : Ceux qui sont tels, quoique nés au-dedans de l'Église, sont appelés fils étrangers, incirconcis de cœur et incirconcis de rhair, ne pouvant être admis dans le Sanctuaire, c'est-à-dire, dans le Royaume du Seigneur ; ceux-là sont aussi désignés dans Ezéchiet : « Aucun fils étranger, incirconcis tic cœur et incirconcis tic chair, » n'entrera dans le Sanctuaire. » — XUV. 7, 9 : — et dans le
;V«S ARCANKS CÉLLSTES.
Même : « A qui as-tu été fait ainsi semblable eu gloire et en gran- » (leur parmi les arbres d'Eden ? et l'on t'aura fait descendre avec » les arbres d'Eden vers la terre inférieure, au milieu des incinon- » ci», tu seras couché avec ceux qui ont été percés par le glaive. » . XXXI. 18 ; — là, il s'agit de Pharaon, par lequel sont signifiées les sciences en général, N" 1164, 1165, 1186, 1462; les arbres d'Eden, avec lesquels ils doivent descendre vers la terre inférieure, signifient aussi les sciences, mais les sciences des connaissances de la foi. On voit maintenant avec évidence ce que c'est qu'un incirconcis dans le sens interne, c'est-à-dire que c'est celui qui est dans les amours impurs et dans la vie de ces amours.
2050. Vers. 13. Eh circoncisant il sera circoncis le né de la maison, et l'acheté de ton argent; et mon alliance sera en voire chair en alliance éternelle, — En circoncisant il sera circoncis signifie qu'ils éloigneront entièrement d'eux les amours de soi et du monde : le né de ta maison et l'acheté de ton argent signifient ceux qui sont au-dedans de l'Église, de l'un et l'autre genre : et mon alliance sera dans votre chair, signifie la conjonction du Seigneur avec l'homme dans son impureté; c'est aussi un significatif: en alliance étemelle, signifie la conjonction.
2051. En circoncisant il sera circoncis, signifie qu'ils éloigneront entièrement d'eux les amours de soi et du monde, savoir, ceux qui sont au-dedans de l'Église, lesquels sont signifiés par le né de la maison et V acheté par argent : on le voit par la représentation de la circoncision; en ce qu'elle est la purification des amours de soi et du monde, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, N° 2039 : ici, il est répété une seconde fois qu'ils seront circoncis, et il est dit : en circoncisant il sera circoncis, ce qui exprime la nécessité, c'est-à-dire qu'ils doivent être purifiés entièrement de ces amours ; et comme ici sont signifiés ceux qui sont au-dedans de l'Église, il n'est pas fait mention des fils étrangers, car par ceux-ci, comme il a élé expliqué cidessus, N°2048, sont signifiés ceux qui sont hors de l'Église. D'après la répétition de ce qui a été dit dans le Verset précédent sur les nés de la maison et les achetés par argent, chacun peut voir qu'il y a un arcane divin qui ne se manifeste pas dans le sens de la lettre ; cet arcane consiste en ce que la purification de ces amours impurs est très nécessaire au-dedans de l'Église, par la raison aussi que ceux
qui sont au-dedans de l'Église peuvent rendre impures les choses saintes elles-mêmes, ce que ne peuvent faire ceux qui sont hors de l'Église, ou les nations ; il en résulte que pour ceux-là le danger de la damnation est plus grand : en outre, ceux qui sont au-dedans de l'Église peuvent former des principes du faux contre les vrais mômes de la foi, et être imbus de ces principes, tandis que ceux qui sont hors de l'Eglise ne le peuvent pas, parce qu'ils ignorent ces vrais : ainsi ceux-là peuvent profaner les saints vrais, mais ceux-ci ne le peuvent pas. Voir sur ce sujet plusieurs développements dans la Première Partie, N« 1059, 1327, 1328.
2052. Le né de ta maison et l'acheté de ton argent, signifient ceux qui sont au-dedans de l'Eglise, de l'un de l'autre genre, savoir, les hommes célestes qui sont le né de la maison, et les hommes spirituels qui sont Yacheté par argent : c'est ce qui a été expliqué ci-dessus, N« 2048.
2053. Mon alliance sera dans votre chair, signifie la conjonction du Seigneur avec C homme dans son impureté : on le voit par la signification de Y alliance, en ce qu'elle est la conjonction, comme il a été montré ci-dessus ; et par la signification de la chair, en ce qu'elle est le propre de l'homme, ainsi qu'il a été déjà dit, Y 2041 ; là, il a aussi été dit combien le propre est impur, et cela a été exposé dans la Première Partie, N M 141, 150, 154, 210, 215, 694, 731, 874, 875, 876, 987, 1047. Si mon alliance dam votre chair, signifie la conjonction du Seigneur avec l'homme dans son impureté, voici pourquoi : il n'y a chez l'homme aucun vrai intellectuel pur, c'est-àdire, aucun vrai Divin ; mais les vrais de la foi, qui sont chez l'homme, sont des apparences du vrai, auxquelles s'adjoignent des illusions qui appartiennent aux sens, et à ces illusions s'adjoignent des faux qui appartiennent aux cupidités de l'amour de soi et du monde ; tels sont les vrais chez l'homme ; on peut voir par les choses qui sout adjointes à ces vrais combien ils sont impurs ; mais toujours est-il que le Seigneur se conjoint avec l'homme dans ces impuretés, car il les anime et les vivifie par l'innocence et la charité, et forme ainsi la conscience ; les vrais de la conscience sont de différentes espèces, savoir, selon la religion de chacun ; le Seigneur ne veut pas les violer, parce que l'homme en a élé imbu et a placé en eux la sain*
teté, pourvu cependant qu'ils ne soient pas contraires aux biens de la foi ; le Seigneur ne brise personne, mais il redresse ; c'est ce qui peut être évident en ce que dans chaque dogme au-dedans de l'Eglise il y a des hommes qui sont gratifiés de la conscience, laquelle est toujours d'autant meilleure, que les vrais de cette conscience s'approchent davantage des vrais réels de la foi ; comme la conscience est formée de vrais de la foi de cette sorte, on voit qu'elle a été formée dans la partie intellectuelle de l'homme, car c'est la partie intellectuelle qui reçoit ces vrais ; le Seigneur a en conséquence miraculeusement séparé cette partie d'avec la partie volontaire ; c'est là un arcane qui jusqu'ici n'a point été connu : Voir ce qui en a été dit dans la Première Partie, N- 863, 875, 927,1023. — V alliance dans votre chair est aussi un significatif, savoir, de la purification : on en trouve la preuve dans ce qui a été exposé sur la circoncision, N° 2039.
2054. En alliance éternelle, signifie la conjonction : on le voit par la signification de Y alliance, en ce qu'elle est la conjonction, ainsi qu'il a déjà été dit. Comme il s'agit ici de ceux qui sont audedans de l'Eglise, il est dit de nouveau alliance, et ici, alliance éternelle ; et cela, non-seulement parce qu'il leur est très nécessaire «l'être circoncis ou purifiés des amours de soi et du monde, comme il a été expliqué ci-dessus, N° 2051 ; mais encore parce que, avec ceux qui sont au-dedans de l'Eglise, il y a une très proche conjonction du Seigneur et de son Ciel, puisqu'elle se fait par les biens et les vrais de la foi : il y a aussi, à la vérité, conjonction avec ceux qui sont hors de l'Eglise, mais elle est plus éloignée, parce qu'ils ne sont ni dans les biens ni dans les vrais de la foi, ainsi qu'il a déjà été dit, N # 20A9 : l'Eglise, dans le Royaume du Seigneur, peut être comparée au cœur et aux poumons dans l'homme ; les intérieurs de l'homme sont conjoints avec ses externes par le cœur et les poumons, c'est d'après cela que vivent tous les viscères qui sont à l'entour ; il en est aussi de même avec le genre humain, la conjonction du Seigneur et de son Ciel avec l'Eglise est très proche, mais elle est plus éloignée avec ceux qui sont hors de l'Eglise, lesquels sont comme les viscères qui vivent par le moyen du cœur et des poumons : les hommes Célestes sont à l'instar du cœur, et les hommes Spirituels à l'instar des poumons : en raison de l'une el l'autre né-
cessité, il est traité ici spécialement de ceux qui sont an-dedans de l'Eglise, et le mot alliance est répété deux fois.
2055. Vers. 1A. Et le mdletincir concis, qui n'est point circoncisdam la chair de son prépuce, cette àme sera retranchée de ses peuples, elle a rompu won alliance. — Le mâle incirconcis, signifie celui qui n'est pas dans le vrai de la foi : qui n'est point circoncis dans la chair de son prépuce+signïtie qui est dans l'amour de soi et du monde: et cette àme sera retranchée de ses peuples, signifie la mort éternelle : elle a rompu mon alliance, signifie qu'il ne peut être conjoint
2056. Et le mâle incirconcis, signifie celui qui n'est pas dans le vrai de la foi : on le voit par la signification du mâle, en oc qu'il est le vrai de la foi, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, N° 2046 ; c'est pourquoi ici leZmàlc^incir concis, signifie celui qui n'est pas dans le vrai de la foi, conséquemment celui qui est dans le faux ; l'incirconcis se dit de ce qui empêche et souille, comme il a déjà été expliqué ; quand cette expression est ajoutée au mot mâle, elle est ce qui empêche et souille le vrai ; de même, quand elle est ajoutée à quelqu'autre chose, elle signifie la fausseté et la souillure de cette chose, comme Y oreille incirconcise, dans Jérémie: «A qui parlerai-je, et donnerai- » je témoignage? et écouteront-ils? Voici, leur oreille est incir- » concise, et ils ne peuvent pas entendre ; voici, la parole de Jéhovah » est devenue en opprobre ; ils ne la veulent point. » — VI. 10 ; — l'oreille incirconcise, signifie qu'il n'y a chez eux.aucune faculté d'entendre et qu'ils ont la Parole en opprobre. Il s'agit aussi, dans ce Verset, de ceux qui, au-dedans de l'Eglise, sont non-seulement dans le faux, mais encore dans l'impureté des amours de soi et du monde, car ils sont à la suite des précédents, c'est pour cela qu'il est dit, le mâle incirconcis, qui nest point circoncis dans la chair de son prépuce, ainsi c'est le faux conjoint à l'impureté de la vie ; d'après ce qui a été dit ci-dessus, N° 2051, on peut voir combien est grand pour eux le danger de la damnation éternelle : ici sont principalement désignés ceux qui, au-dedans de l'Église, profanent les biens et les vrais de la foi, c'est d'eux qu'il est dit: Cette àme sera retranchée de ses peuples ; en effet, ceux-là peuvent profaner, et non ceux qui sont hors de l'Église, ainsi qu'il a été expliqué, dans la Première Partie, N- 593, 1008, 1010, 1059.
2057. Qui n'est poinLcir concis dans la chair de son prépuce, si-
ynt/te qui est dans l'amour de soi : on en trouve la preuve dans ce qui a été dit ci-dessus sur la signification de être circoncis et du prépuce, N°" 2039, 2049 f. ; et dans la signification de la chair, N° 20A1 ; la chair du prépuce signifie ici l'amour de soi ; ceux qui, au-dedans de l'Église, sont dans le faux et en même temps dans l'amour de soi, sont surtout ceux qui profanent les choses saintes ; ceux qui sont dans un autre amour, quel qu'il soit, ne les profanent pas autant ; car l'amour de soi est le plus impur de tous les amours, parce qu'il est destructif de la Société, par conséquent destructif du genre humain, comme il a été expliqué ci-dessus, Y £045; que cet amour soit aussi diamétralement opposé à l'amour mutuel dans lequel consiste le Ciel, et par conséquent destructif de Tordre céleste luimême, c'est ce qu'on peut voir par les mauvais esprits et les génies dans l'autre vie, et aussi par les enfers dans lesquels il n'y a que l'amour de soi qui règne, et comme c'est l'amour de soi qui règue. là sont aussi tous les genres de haines, de vengeances et de cruautés, parce qu'ils proviennent de cet amour. L'amour mutuel dans le Ciel consiste en ce qu'on aime le prochain plus que soi-même ; de là tout le Ciel représente comme un seul homme, car au moyen de l'amour mutuel tous sont ainsi associés par le Seigneur ; c'est de là que les félicités de tous sont communiquées à chacun, et que celles de chacun le sont à tous ; de là résulte que la forme céleste ellemême est telle, que chacun est comme une sorte de centre, ainsi un centre de communications, par conséquent le centre des félicités qui procèdent de tous les autres ; et cela, selon toutes les différences de l'amour mutuel, qui sont innombrables ; et comme ceux qui sont dans cet amour perçoivent une suprême félicité de ce qu'ils peuvent communiquer aux autres ce qui influe en eux, et le communiquent de tout cœur, il en résulte une perpétuelle et éternelle communication, d'après laquelle la félicité de chacun s'accroît en proportion de l'accroissement du Royaume du Seigneur ; les Anges, étant distribués en sociétés et ayant des demeures particulières, ne pensent point à cette communication universelle ; c'est le Seigneur qui dispose ainsi toutes choses tant en général qu'en particulier ; tel est le Royaume du Seigneur dans les Cieux. Mais celte forme et cet ordre, rien ne s'efforce de les détruire comme l'amour de soi, ainsi tous ceux qui, dans l'autre vie, sont dans l'amour de soi, sont plus pro-
GENÈSE. CliAP. DIX-SEPTIEME. 35.1
fondément infernaux que les autres ; en effet, l'amour de soi ne communique rien aux autres, mais il éteint et étouffe les plaisirs et les félicités des autres; ceux qui sont dans cet amour s'emparent de tout plaisir qui influe des autres vers eux, ils le concentrent en eux, le changent en leur propre impureté, et font qu'il ne se propage pas plus loin ; ils détruisent ainsi toute unanimité et tout sociabilité ; de là la désunion, et par conséquent la destruction ; et comme chacun d'eux veut être servi, honoré et adoré par les autres, et n'aime que soi-même, de là la dissolution qui se termine et se manifeste en états lamentables, au point qu'ils ne perçoivent rien de plus agréable que de tourmenter les autres par haine, vengeance et cruauté, en employant des moyens atroces et fantastiques; quand de tels esprits viennent vers quelque société où règne l'amour mutuel, par cela que tout plaisir qui influe est terminé eu eux, ils sont précipités par eux-mêmes, ainsi que le sont dans un air pur et vif, des masses impures et privées de vie ; et parce qu'ils exhalent l'idée d'eux-mêmes qui est corrompue, leur plaisir y est changé en une odeur cadavéreuse, d'après laquelle ils sentent leur propre enfer, outre qu'ils sont saisis d'une angoisse atroce. Par ce qui vient d'être dit, on peut voir quel est l'amour de soi, c'est-à-dire, qu'il est nonseulement destructif du genre humain, comme il a été expliqué cidessus, N° 2045, mais qu'il est encore destructif de l'ordre céleste, et qu'ainsi il n'y a dans cet amour que l'impureté, la souillure, la profanation et l'enfer même, quoiqu'il ne paraisse pas tel à ceux qui s'y livrent Sont dans l'amour de soi, ceux qui méprisent les autres en se comparant à eux, qui haïssent ceux qui ne les favorisent pas, ne les servent pas et ne leur rendent pas une sorte de culte, et qui prennent un cruel plaisir à se venger et à priver les autres de l'honneur, de la réputation, des richesses et de la vie : Ceux qui sont dans cet amour sont dans ces dispositions ; et ceux qui sont dans ces dispositions, qu'ils sachent qu'ils sont dans cet amour.
2058. Et celte âme sera retranchée de ses peuples, signi/ie la mort éternelle : on en trouve la preuve dans la signification de Y Ame, en ce qu'elle est la vie, N" 1000, 1040, 1742 ; et dans la signification des peuples , en ce qu'ils sont les vrais , N°* 1250, 1260, ainsi en ce que les peuples sont ceux qui vivent dans les vrais, c'est-à-dire, les
AKCANES CÉLESTES.
Auges ; être retranché d'avec eux quant à l'âme, c'est être damné ou périr de la mort éternelle.
2059. Elle a rompu mon alliance, signifie qu'il ne peut être conjoint : on le voit par la signification de Yalliance, eu ce qu'elle est la conjonction, ainsi qu'il a déjà été dit; par conséquent, rompre l'alliance, c'est se disjoindre au point de ne pouvoir pas être conjoint.
2000. Vers. 15. Et Dieu dit à Abraham : Saraï ton épouse, tu ne l'appelleras pas de son nom, Saraï, parce que Sarah (sera) son nom, — Dieu dit à Abraham, signifie la perception : Saraï ton épouse, signifie, ici comme précédemment, le vrai conjoint au bien : tu ne l'appelleras pas de son nom, Saraï, signifie qu'il se dépouillera de l'humain : parce que Sarah (sera) son nom, signifie qu'il se revêtira du Divin.
2061. Dieu dit à Abraham, signifie la perception : on en trouve la preuve dans la signification des mots Dieu dit, dans le sens historique^ ce que dans le sens interne c'est percevoir; N" 1791, 1815, 1819, 1822, 1898, 1919 : comme ici il s'agit maintenant d'un autre sujet, savoir, de ce qui est signifié par Saraï et Sarah, puis de ce qui est signifié par la promesse d'un fils qui doit naître de Sarah, et par Ismaël en ce qu'il doit devenir une grande nation, ce sujet est commencé par une nouvelle perception du Seigneur, laquelle est exprimée par ces mots, Dieu dit à Abraham, comme dans d'autres passages ça et là.
2002. Saraï ton épouse signifie le vrai conjoint au bien : on le voit par la signification de Saraï, en ce qu'elle est le vrai intellectuel, et en ce qu'elle est ici le vrai conjoint au bien, parce que le mot épouse est ajouté ; que Saraï et Saraï épouse signifient le vrai conjoint au bien, c'est ce qui a déjà été montré N 0> 1468, 1901, et ailleurs çà et là.
2063. Tu ne l'appelleras pas de son nom, Saraï, parce que Sarah sera son nom, signifie qu'il se dépouillera de l'humain et se revêtira du Divin : on en trouve la preuve dans ce qui a été dit ci-dessus sur Abraham, vers. 5, où sont ces paroles : on ne l'appellera plus de ton nom Abram, et ton nom sera Abraham paroles qui signifient pareillement qu'il se dépouillera de l'humain et se revêtira du Divin ; Voir N« 209; car la lettre (H), qui a été ajoutée au nom Sarah. a été tirée
du nom de Jéhovah, a (in que Sarah représentât, comme Abraham, le Divin du Seigneur, savoir le Divin mariage du Bien avec le Vrai dans le Seigneur, Abraham le Divin Bien, et Sarah le Divin Vrai, dont devait naître le Divin Rationnel qui est Isaac. Le Divin Bien, qui est l'amour, et respectivement à tout le genre humain, la Miséricorde, fut l'Interne du Seigneur, c'est-à-dire Jéhovah, qui est le Bien même ; c'est ce Bien qui est représenté par Abraham ; le Vrai qui devait être conjoint au Divin Bien a été représenté par Saraï, et quand ce Vrai est aussi devenu Divin, il est représenté par Sarah, car le Seigneur, comme il a déjà été dit très souvent, s'est avancé par une progression successive vers l'union avec Jéhovah ; le Vrai représenté par Saraï n'était pas encore Divin, quand il n'avait pas encore été uni au Bien au point que le vrai procédât du Bien ; mais quand il eut été uni au Bien, tellement qu'il procédait du Bien, il fut Divin, et alors le Vrai lui-même fut aussi le Bien, parce qu'il était le vrai du Bien ; autre est le vrai qui tend au Bien pour être uni au Bien, et autre est le vrai qui a été tellement uni au Bien, qu'il procède tout-à-fait du Bien ; le vrai qui tend au Bien tire encore quelque chose de l'humain, tandis que le vrai qui a été tout-à-fait uni au Bien se dépouille de tout ce qui est humain et se revêt du Divin. Cela peut être illustré, comme ci-dessus, par quelque chose de semblable chez l'homme : quand r*homme est régénéré, c'est-àdire, quand il doit être conjoint au Seigneur, il s'avance vers la conjonction par le Vrai, c'est-à-dire, par [es vrais de la foi, car personne ne peut être régénéré que par les connaissances de la foi, qui sont les vrais par lesquels on s'avance vers la conjonction ; le Seigneur va au-devant de ces vrais par le bien, c'est-à-dire par la charité, et il adapte la charité aux connaissances de la foi, ou ce qui est la même chose, aux vrais qui sont chez l'homme ; en effet, tous les vrais sont des vases récipients du bien ; c'est pourquoi ptos les vrais sont réels et sont multipliés, plus le bien a la faculté de les recevoir comme vases, de les disposer en ordre, et enfin de se manifester au point que les vrais n'apparaissent pas, si ce n'est qu'autant que le bien est transparent par eux; ainsi le vrai devient célestespirituel : comme le Seigneur est seulement présent dans le bien qui appartient à la charité seule, l'homme est ainsi conjoint au Seigneur ; et par le bien, c'est-à-dire, par la charité, il est gratifié d'une