CHAPITRE ONZIÈME
Docnras de la Ckmutk.
7753. C'est an Vrai el au Bien que se rapportent toutes choses dans l'univers, celles qui ne s'y rapportent pas ne sont pas dans l'ordre Divin ; el celles qui ne se rapportent pas a l'un et à l'autre en même temps neproduisenl rien; lehienestce qui produit, elle vrai est ce parquoi la chose est produite.
7753. Que cela serve d'illustration pour ce qui a lieu a ["égard du bien et du vrai spirituels qu'on nomme charité el foi, savoir, que toutes les choses qui appariiennent à l'Église se rapportent à ce bien et ace mi, et que celles qui ne s'y rapportent pas n'ont en elles rien de l'Église ; et ensuite que celles qui ne contiennent pas en elles l'un cl l'autre, ne produisent aucun fruit, c'est-à-dire, aucun bien de la charité ou de la foi.
7754. En effet, pour que quelque chose soit produit, il faut qu'il y ail deux forces , l'une appelée active et l'autre appelée passive ; l'une n'enfante rien sans l'autre : la charité et la foi dans l'homme de l'Église sont de telles forces ou de telles vies.
7755. La première chose de l'Église est le liien, la seconde est le Vrai, ou la première chose de l'Église est la charité et la seconde est la foi ; car le vrai de la doctrine de la foi est pour le bien de la vie ; ce qui est la tin propter ijaem f pour laquelle on agit ), est lu premier.
AHCAiNES CI-XKSTLS.
7756- A l'égard de la conjonction du bien qui appartient à la charité et du vrai qui appartient a la foi, chez l'homme, voici ce qui se passe; le Mien qui appartient à la charilé entre par l'ame. cher. l'Iiorame, niais le Vrai qui appartient à la foi entre par l'ouïe ; celui-là influe du Sri^m ur imméi liai «lient, et celui-ci màlialement par la Parole; île là le chemin par lequel entre Ionien delà charité est appelé chemin interne, cl le chemin par lequel entre le vrai de la foi est appelé chemin externe; ce qui entre par un chemin interne n'est point perçu, parce que cela ne tombe pas manifestement dans le sens ; mais ce qui entre par un chemin externe est perçu, parce que cela tombe mnnitfiïiiwiii dans le sens : rie là vient que le loul de l'Église est attribué à la foi. 11 en est autrement elle/ ceux qui ont été régénérés ; riiez cciiN-i'i le bien qui appartient a la charilé est inanités! emunt perçu.
7757. La conjonction du bien delà chanléavecle vrai de la foi se fait dans les intérieurs île l'homme ; le bien même qui influe du Seigneur j adopte le vrai et se l'approprie, et ainsi il fait que chez l'homme le bien est le bien et que le vrai est le vrai, ou que la charilé est la charilé et que la fui est la foi ; sans cette conjonction la charilé n'est pas charité, mais c'est seulement la bonté naturelle ; et la foi n'est pas la foi, mais c'est seulement la science des choses qui appartiennent à la foi, et souvent la persuasion que telle cltose est ainsi, afin d'obtenir avec usure du profil ou de l'honneur.
7758. Quand le vrai a été conjoint au bien, il n'est \ius appelé vrai, mais bien; ricmémequand la foi a été conjointe a la charité; elle n'est plus appelée lui, mais ebarilé ; cela vient rie eu qu'alors l'homme veut et fait le vrai, cl ce qu'il veut et fait est appelé bien.
7759. Voici ce qui se passe ensuite ii L'égard Je la conjonction du bien (le la ebarilé avec le vrai de la foi ; ce bien acquiert, sa qualité parle vrai, et le vrai a son essence par lebien ; il s'en suit que la qualité du bien est selon les vrais avec lesquels il est conjoint; en conséquence le bien devient réel, si les vrais avec lesquels il est conjoint sont réels : les vrais réels de la foi peuvent être donnés au-dedansde fraise; ils ne peuvent pas. l'élre hors
77130. Outre cciu le bien delà ehaiïté reçoit encore sa qualité de l'abondance des vrais de la foi ; puis aussi de l'enchaînement d'un
EXODE, CHAP. ONZIÈME. ti3 vrai avec un autre : c'est ainsi qu'est formé le bien spirituel chez l'homme.
7761. Il y a une grande distinction a faire entre le bien spirituel et le bien naturel : le bien spirituel tire sa qualité des vrais île la foi, de leur abondance et de l'enchaînement, ainsi qu'il a été dit ; mais le bien naturel naît avec l'homme, et il existe aussi accidentellement, ainsi par des infortunes, des maladies et autres événements semblables-: le bien naturel ne sauve personne, mais le bien spirituel sauve tous ceux qui l'acquièrent : et cela, parce que le bien, qui est formé par les vrais du la foi, est un plan dans lequel le Ciel c'est-à-dire, le Seigneur par le Ciel, peut influer et conduire l'homme, et le détourner du mal, et ensuite l'élever dans le Ciel ; mais il n'en est pas de même du bien naturel ; c'est pourquoi cens qui sont dans le bien naturel peuvent être entraînés par le faux aussi facilement que par le vrai , pourvu que le faux se montre dans la formedu vrai, et pcuvenlétrc conduits par le mal aussi facilement que par le bien, pourvu que le mal se présente comme bien; ils sont semblables a des plumes exposées au vent,
7762. La confiance ou l'assurance, qui se dit de la foi et est appelée foi , est une confiance ou assurance naturelle, mais non pas spirituelle; la confiance ou assurance spirituelle a son essence et sa vie par le bien de l'amour, mais non par le vrai de la foi séparé de ce bien ; la confiance de la foi séparée est morte: c'est ]K>ur cela que la vraie confiance ne peut pas exister chez ceux qui ont mené une vie mauvaise : la confiance même qu'il y a salvaiion par le mérite du Seigneur, q-ji'U,: qu'ail l-LO ia vie, n'existe pas non plus par le vrai.