DÉCHIFFREMENT DE L'ÉCRITURE MAYA
A priori, nous avons déjà droit de supposer que le caractère médial se doit lire ou et celui de dessous na6. Si nous pairenons à établir que d'autres motifs encore autorisent une pareille lecture, la légitimité du déchiffrement proposé par nous pour le mot entier pourra être considérée comme indiscutable.
Le caractère médial offre, il faut en convenir, quelques difficultés d'interprétation. Cependant, un examen attentif permet, cenous semble, del'identifleraïecl'un de ceuxfoumis par Zandtt. Il se compose de deux parties bien distinctes, une sorte de cercle extérieur formé par deux lignes rapprochées l'une de l'autre, puis à l'intérieur une sorte d'ellipsoïde pointillé. Si nous laissons de côté le cercle extérieur qui peut bien n'être e qu'afîn d'obtenir cette forme arrondie qu'offrent à un d ou moins prononcé les caractères Mayas, ceux surtout du type hiéroglyphique, ou bien être tombé dans l'écriture cursive, le c-aractère en question présentera, certes, quelque affinité avec le signe (N. 4 et A} donné par le missionnaire espagnol. Si la ressemblance n'est pas plus intime, il faut se rappeler que la diversité des localités avait bien pu en amener une également dans la forme de certains éléments graphiques, î/inda nous donne les caractères des Mayas orientaux. Au contraire, Palenqué se trouvait tout à tait à l'ouest de la péninsule Vucatèque. En tout cas, des nombreux signes donnés par te missionnaire espagnol, il n'en est aucun qui se rapproche davantage de celui que nous étudions en ce moment.
Reste enfin le signe inférieur ((iii ne parait point se retrouver dans la liste de Landa [ N. «). Il figure évidemment une main ouverte et servant de support au reste du groupe. Toutefois . le nom de la main tel que ieôonmnlXes vocabulaires Mayas \iar noIjsconsuUés est cah,el\a lecture honab-ku n'offrirait aucun sens raisonnable. Il est un autre mot, non donné dans le dictionnaire de M. l'abbé Brasseur, c'est nab qui veut dire « paume de la main » etque nous retrouvons dans le nom dejour Ezanab,
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litt. 9 Paume enchantée ». Précisément, ici, l'arliste a représenté la main ouverte et présentant sa paume au spectateur. C'est donc bien sur cette dernière partie seule qu'il a voulu attirer l'attention. Si dans un ou deux autres groupes contenant le même nom, la main est figurée demi-close, l'on aura obéi à une inspiration purement décorative, au désir de figurer d'une manière plus frappante encore la main comme support des autres signes.
Au reste, quand même Ton voudrait, contre toute probabilité, voir dans le caractère qui nous occupe, la figure de la main toute entière et non pas seulement de sa partie interne, la justesse de la lecture par nous adoptée n'en resterait pas moins certaine. Est-ce que le latin paltM dont dérive notre mot paume ne désignait pas à Porcine ia main entière, et ne seraitil pas naturel de supposer, que par une métaphore inverse, nab signifiant à l'origine la portion interne de la main, servait chez les Palenquéens à désigner Vorgam entier ?
Enfin désireux de répondre à toutes les objections qui pourraient être faites, même à celles qui semblent les moins fondées, nous conviendrons que le mot par nous déchiffré n'est pas absolument identique à celui que donne le vocabulaire , c'est honab-ku au lieu de hunab-ku, mais on conviendra aussi que les deux sons o et m offrent phonétiquement bien peu de différence. D'ailleurs, en langue Maya ils semblent avoir été sujets à permuter. Nous rencontrons d'une part dans les prophéties de Lizana et de l'autre, dans le vocabulaire de l'abbé brasseur, Tulom et Tolom, qui d'ailleurs ont le même sens. Dans les vieilles inscriptions latines, ne rencontre -t-on pas fréquemment le à la place d'un u; par exemple consoi pour comid, sans qu"il en puisse résulter le moindre doute sur le sens du mol?
Peut-être sera-t-on surpris de ne pas trouver le caractère Noh à la place qu'il devait naturellement occuper. Des déplacements analogues sont signalés parfois dans l'écriture égyptienne, où le nojn du Pharaon Menkéré s'écrit au besoin Rêmenké. C'est que la syllabe ré signifiait a soleil. » Par respect pour cet astre, considéré comme le plus grand des dieux, on attribuait la place d'honneur à l'hiéroglyphe représentant son nom. Peut-être, les Yucalèques en transposant le signe ttab
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