‹ Archéologie chrétienne. Les saints de la messe et leurs monuments (volume 2)Chapitre 124 sur 419 · Migne, Patrol., 89, p · texte numérisé non relu

Migne, Patrol., 89, p

SAINTE AGATHE

mencé à répandre l’usage de figurer Agathe en croix et de rapprocher la représentation de son martyre de la passion du Sauveur. Le ménologe du Vatican nous présente, sous la signature de Siméon de Blaquernes, une image de ce genre : on y voit la vierge liée à un poteau, les pieds reposant sur un escabeau; à sa gauche, un des bourreaux, armé d’un couperet, lui tranche la poitrine, tandis que celui de droite promène la flamme d’une torche sur les plaies qu’on vient d’ouvrir ; à droite du tableau, on voit la vierge en prison, assise, la tête inclinée et qui paraît en proie à une vive douleur. Cette miniature appartient au xe siècle (pl. XXXVI).

La donnée byzantine dont elle est, à notre connaissance, la plus ancienne expression, fut depuis reproduite et sous des traits exactement semblables. Nous trouvons dans la Bibliothèque syndicale de Moscou1 un manuscrit du xie siècle où le martyre de sainte Agathe semble copié sur le précédent (pl. XXXVI).

Ce type ne fut pas cependant le seul ; sur des piliers de la cathédrale de Kiew2 on voit notre sainte peinte, debout, en prière, et avec la croix dans la main droite (II A F I A AFA01I); sur les calendriers elle figure aussi dans cette attitude (pl. VIII et XIII).

On prétendait conserver au Mont-Athos la tête de sainte Agathe3.

Constantinople. — On sait que les reliques de sainte Agathe furent, vers 10401, transportées de Catane à Constantinople, par le général Georges Maniacès. Elles trouvèrent dans la capitale orientale une antique église déjà dédiée à la sainte, où elles furent déposées. Cette église Sainte- Agathe est mentionnée dans la chronique d’Alexandrie, à propos d’un tremblement de terre qui survint sous Théodose II (-j- q5o) et de litanies qu’on y faisait annuellement en souvenir de cet événement2.

En 1204, il y avait encore des reliques de la vierge. André Dandolo, dans sa chronique de Venise, parle du corps entier retrouvé à cette date et livré à de pieux Siciliens qui le réclamèrent et qui le réintégrèrent à Catane. Je cite le passage qui serait contraire à la date que nous avons rapportée pour le retour en Sicile (1206) : « Devoti etiam principes sanctorum occultatas reliquias tandem inveniunt... Inventis similiter corporibus sanctarum Agathæ et Luciæ virginis, que Basilius et Constantinus Augustus de Sicilia deferri Constantinopolim fecerant... Corpus b. Agathe quibusdam Siculis peregrinis concessum est. » Marino Sanuto, Paul Ramusio confirment cette date3.

Je suppose qu’on ne rendit pas intégralement le précieux dépôt, car, à cette même époque, les abbayes de Paris et de Clairvaux en reçurent des fragments de Constantinople L

RÉSUMÉ

Nous jetterons maintenant un coup d’œil rapide sur les progrès du culte de sainte Agathe à travers les siècles.

Son culte, implanté en Sicile au milieu du 111e siècle et fécondé par son sang, ne tarda pas à

1. Nous possédons à la Bibliothèque nationale, au dépôt des manuscrits, un recueil de photographies qui reproduisent les miniatures d’un ménologe du xi° siècle (n° i83).

2. Monographie du sabor de Kiew. Publication de la Soc. impériale d’archéologie.

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