‹ Archéologie chrétienne. Les saints de la messe et leurs monuments (volume 2)Chapitre 14 sur 419 · Inséré par Burmann dans le Thésaurus Sicilice · texte numérisé non relu

Inséré par Burmann dans le Thésaurus Sicilice

CATANE

Il ne semble pas que l’éruption de 1669 ait causé de grands ravages dans la ville; le tableau du Dôme (3"‘,5o sur 2m,8o) la reproduit d’une façon saisissante : on voit d’abord des flancs entr’ouverts de l’Etna sortir la lave comme un immense serpent de feu qui glisse ses anneaux le long des pentes de la montagne, triomphe partout des faibles remparts qu’on a essayé de lui opposer, descend au nord-est, se bute contre les remparts de Catane, les enserre dans ses plis, enveloppe le château fort et va se jeter en rugissant dans la mer. Les Catanais, sous le coup de la frayeur, forment des processions de pénitents, ils descendent au port, s’enfuient dans des barques pour échapper au terrible ennemi qui les assiège.

Les remparts ne furent pas forcés cette fois. Ce fut le tremblement de terre de 1693 qui devait réaliser la catastrophe.

Le second tableau de M. Patti nous donne une idée lamentable de l’état où il réduisit l’église. Le campanile renversé de fond en comble n’existe plus, le toit de la grande nef s’est effondré, les murs démantelés laissent voir à jour les sept grandes arcades du bas, les collatéraux sont renversés; seuls le transept et les absides paraissent avoir résisté aux terribles efforts du levier souterrain (pl. VI).

Cette funeste ruine ne pouvait se produire d’une façon plus inopportune au point de vue de l’art. L’édifice que nous avons maintenant sous les yeux et que bâtit l’évêque Reggio de 1693 à 1708 nous prouve trop que le xviii* siècle était incapable d’une si grande restauration. A l’extérieur, le campanile ne fut pas relevé1 2; à la façade, on enleva le beau portail roman, pour le transporter au palais public3 en attendant qu’on le transférât définitivement à l’église del Carcere ; à la place des grandes et simples lignes du xue siècle on accumula des colonnes, des statues, dans le désordre qu’on aimait alors et que l’on considérait comme l’apogée du goût et de la richesse. L’image de la martyre fut, dans la pose la plus agitée et dans les draperies les plus chiffonnées, exposée sur la grande fenêtre du centre. Enfin une crête de vases,

1. Il existe aujourd’hui un petit campanile au bout du transept de l’église. Je ne le vois pas figurer en 1 8 3 5 sur la vue dTIittorf, ce qui me ferait croire qu’il est tout à fait moderne.

Page 1