‹ Archéologie chrétienne. Les saints de la messe et leurs monuments (volume 2)Chapitre 15 sur 419 · Knight, Saracenic and normans Remains , pl. X · texte numérisé non relu

Knight, Saracenic and normans Remains , pl. X

de petites pyramides et un groupe d’anges dans les nuages sur le fronton couronnèrent le nouvel édifice.

A l’intérieur, on construisit un ordredepilastres corinthiens jumelés encadrant les sept arcades dont le nombre ne fut pas changé, et, au-dessus d’un entablement fort riche, on éleva un attique et des voûtes q.ui contrastent par leur nudité avec le sou-

Vue intérieure du Dôme de Catane. Photographie de Castorina, fournie par M. Sciuto Patti.

bassement; on éleva aussi un dôme à l’entrée du chœur, mais on respecta le sanctuaire dont les antiques ogives nous apparaissent encore sous les placages et les peintures des artistes baroques.

Il faut maintenant demander à l’archéologie de nous rendre la vénérable église que Catane au xne siècle avait élevée à sa patronne.

Commençons notre travail et la description ancienne par la façade, dont on trouvera la restitution sur notre planche (pl. III).

Le portail roman, placé aujourd’hui au Santo- Carcere, encadrait l’entrée de riches ornements1. Il

1. Hittorf, Architecture moderne de la Sicile, frontispice, 1 835, in-f».

SAINTE AGATHE

est formé d’une arcade en marbre avec plusieurs archivoltes concentriques, décorées de rosaces, de damiers, de chevrons brisés et soutenues par un pilastre enrichi de rinceaux et de trois colonnettes portant des dessins géométriques où l’on sent l’influence sarrasine encore présente; à l’imposte, des lions à mi-corps sortent des cintres; dans celui de gauche, c’est une femme assise dont la tête manque. Les tympans sont décorés de rosaces, de petits sujets variés, entre autres de l’image d’un griffon1.

Ce portail était sans doute la partie la plus riche de la façade que M. Sciuto Patti pense avoir été assez simple; au-dessus, on voyait les images de marbre des évêques Bevillo et Leone, renseignement que nous donne Cosmo Nepita dans les Consuetudines clarissimæ civitatis Catance (p.8) : « Imago marmorea supra portant majoris ecclesiæ videtur. »

Le mur actuel est encore antique et il renferme l’escalier de l’origine qui servait à monter dans les combles. On remarquera aux deux côtés du fronton, dans la restauration que nous essayons, deux des créneaux qui dentelaient la façade latérale, comme on le voit dans le tableau de M. Patti et comme certains édifices de Sicile, notamment la cathédrale de Palerme, nous en offrent encore des exemples. Selon Carrera, du sol au-dessous des entraits on mesurait 25m,292.

Nous avons des renseignements assez sûrs pour relever le campanile que l’on construisit près de cette façade au xive siècle; on pourra s’y reporter pour vérifier l’exactitude de notre dessin; on verra que cette tour était environnée de quatre ceintures de créneaux et garnie sans doute d’autant de rangées de mâchicoulis, de telle sorte, suivant l’usage stratégique du moyen âge, qu’on pouvait y prolonger successivement la résistance jusqu’au sommet. Le plan de Cluvier indique seul l’horloge, dont l’existence nous est confirmée par Privitera en 1622.

Il y avait au sommet plusieurs cloches, parmi lesquelles une très célèbre communément appelée

1. Henri Gally Knight, Saracenic and normans Remains to illustrate the Normans in Sicily, pl. X, 1840, in-f°.

Schultz, Mon. de l'Italie mei id., pl. LXXIV.

Bulletin monumental, i83g, p. 114.

2. L’altezza délia nave di esso tempio, ch’e il corpo maggiore posto nel mezzo del pavimento insino aile travi si misura canni 12.

Carrera, Mem. stor., II, p. 523.

la Grande. Simone di Pozzo, l’auteur de la tour, la fit faire en 1389. On lisait autrefois sur les vieilles portes de la cathédrale une inscription qui nous rappelle cette date1.

L’intérieur de l’église offrait un aspect grandiose et saisissant qu’ont rapporté avec admiration les historiens antérieurs à la ruine. Carrera disait qu’elle n’était inférieure qu’à Saint-Pierre de Rome et qu’elle l’emportait sur toutes les églises de Sicile ; elle a 3 mètres de plus en largeur que la cathédrale de Messine, et 5 mètres de plus en longueur. Sept arcades séparaient les nefs et étaient soutenues par des colonnes antiques. Carrera note principalement huit d’entre elles de granit noirâtre qui étaient plus hautes et plus grosses que les autres ; on avait même été obligé d’en cacher les bases sous le sol pour diminuer leur longueur, qui était de 25 palmes. Les corniches qui surmontaient les quatre premières n’étaient pas moins remarquables par leurs dimensions que par la beauté de leur travail ; au-dessus de la première colonne, à droite en entrant, on voyait un centaure avec deux autres personnages, fragment si barbarement employé par les constructeurs que le sujet était à l’envers; la seconde colonne était une Cérès figurée sur un char et traînée par deux serpents. Ailleurs on observait d’autres figurines. Ces marbres provenaient, dit-on, des thermes antiques3.

Il est certain que les sept arcades de la nef étaient supportées par des colonnes3 ; les témoins oculaires l’attestenttous, mais ces colonnesétaientelles isolées, comme dans les autres églises siciliennes, ou adossées à des pilastres, c’est ce qu’il est plus difficile de dire. Le tableau représentant le dôme en ruine montre clairement des piliers de maçonnerie ; lorsqu’on fit le tombeau de V. Bellini, on dut fouiller au pied du second pilier à droite en entrant et l’on rencontra une des bases de ces colonnes. La colonne, d’après

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