Immensa magnitudinis trabibus, tegulis desuper
impositis aptatisque ornatur ac tegitur....
voit au même endroit à Monreale. Cette partie de l’église, ce dont on peut juger par les fenêtres étroites que conservent les absides, était peu éclairée et devait offrir un aspect mystérieux auquel se mêlaient les reflets d’or des mosaïques. L’autel autrefois était plus en avant que maintenant, la conque des tribunes était portée par de petites colonnes engagées qui ornaient heureusement les angles du soubassement ; on les voit encore en granit à la tribune de gauche et l’on peut juger de leur effet à Cefalu et ailleurs.
Ces absides donnent accès à deux petites chambres qui servent de trésor* et de lieu de dépôt des reliques agathiennes. L’une servait jadis de passage entre l’abside principale et l’abside sud-est.
Divers. — Catane est si remplie de la pensée de sainte Agathe qu’en outre des sanctuaires qu’on vient de visiter, il y avait encore des chapelles et des fondations sous son nom.
On y voyait une maison dite des filles de Sainte- Agathe où depuis i 586 on élevait des jeunes filles2. Il y avait aussi, sous ce vocable, une maison de repentantes.
A deux cents pas à l’orient de la ville, dans le bourg appelé Canalichio , s’élevait une vieille église S. Agata (S. Agatha de Xaris seu de Ongia), construite par Maurice, l’évêque qui vit revenir les reliques de Constantinople3. Une statue de marbre blanc lui fut érigée sur le Corso en 1764, après la délivrance de la peste4.
Enfin, au xviii0 siècle, on bâtit une jolie église à coupole qu’on intitula le Patrocino de S. Agata, dont M. Patti nous a donné le plan et la photographie.
Recupero dit qu’après l’éruption de l’Etna en 1444 on éleva une chapelle, appelée S. Agata di Battiati , en face de la lave qui se dirigeait sur Catane et qui fut miraculeusement détournée 5.
On voit quelle place grandiose notre vierge occupe à Catane. Le titre que les habitants encore de nos jours lui donnent avec amour est celui-ci : la nostra concittadina : ils ne songent qu’à elle
1. L’ahcien trésor, selon Grossi, se trouvait non loin du campanile.