IJ., 6 février
et n’ont confiance qu’en sa protection. Il n’est question que de deux choses à Catane, de sainte Agathe et de l’Etna, qui semblent, dans son histoire, s’être combattus comme dans les fables le génie du bien et le génie du mal. Agathe éteint avec son voile les flammes du volcan, et l’Etna, par une sorte de vengeance, ébranle de siècle en siècle les églises de son ennemie par des coups
Patrocinio di S. Agata, église jointe à un monastère de bénédictines.
Relevé de M. Sciuto Patti.
souterrains qui ont jonché tant de fois le sol de ruines. Mais l’amour et la confiance des Catanais ont survécu à ces ruines et leur culte pour leur patronne s’est relevé successivement dans des sanctuaires antiques, dans les vastes basiliques normandes, et se manifeste avec la même ardeur sous les baroques ornements du xviii0 siècle.
Lorsqu’on entre dans le port, le premier édifice qui se détache devant les yeux sur la silhouette menaçante de l’Etna est le Dôme de Sainte-Agathe, dont les pierres sombres, arrachées aux flancs de la montagne, semblent être un trophée des victoires de l’héroïque vierge.
Palerme. — Les Palermitains revendiquent
aussi leur part dans le souvenir des gloires de la grande vierge sicilienne ; ils montrent dans leurs faubourgs une villa que leurs traditions signalent comme l’emplacement du palais de la famille d’Agathe, dans une région qu’on appelle Pisa. Ils montrent aussi, ainsi qu’on le fait à Catane, une pierre ou elle aurait laissé l’empreinte de ses pieds 1 ; des églises ont été élevées en son honneur sur l’emplacement du palais et à l’endroit où l’ou conserve cette relique.
A Palerme, on disait des prières annuelles en l’honneur de sainte Agathe et plusieurs églises lui sont dédiées; on croit que certaines furent élevées du temps de l’évêque Paterno (1489-1 5 1 1) par des habitants de Catane. L’église S. Agathali-Scorruggi contient des fresques remarquables du xvi' siècle2. Une maison religieuse est désignée sous le nom de chiesa e conservatorio di de S. Aga-ta-la-Guilla ; elle s’élève vers l’orient Palerme. On voyait aussi une porte décorée de son nom à cause de l’église construite dans le voisinage.
Dans le territoire de Palerme, il existait un monastère dédié aux saints Maxime et Agathe 3.
Une partie des reliques était conservée à la cathédrale, une autre dans la chapelle palatine, où se trouvait le bras de la sainte. Rocco Pirro s’exprime ainsi ( Not . eccl. catan.) : « Cuius brachium ego in thesauro reliquiarum sanctorum apud regiunt templum S. Pétri de palatio Panormitano vidi, adoravi... in thecis argenteis asservatum, uti Thesaurarius, inclusi. »
Monreale. — A la cathédrale de Monreale une des mosaïques, dans un tympean à gauche du presbytère, représente sainte Agathe ; elle est debout, lève la main droite et tient sur les plis de son manteau une couronne d’or *. Son image est encore répétée ailleurs. On sait que ces peintures datent de la fin du xn° siècle (pl. VIII).
Messine. — Messine possédait une partie de bras de sainte Agathe. Elle avait érigé trois églises