Id., 8 novembre
3. Le récit de Sigebert ne s’accorderait guère avec la version de Dandolo, la translation à Constantinople, à Venise, etc., si nous ne supposions une division des reliques qui laissait de part et d’autre sc produire la prétention
| d’une possession intégrale.
SAINTE LUCIE
Ce fut en 968 que l’on jeta les fondements de Saint-Vincent dans une île de la Moselle.
Le précieux dépôt installé à Metz1 ne tarda pas à exciter de pieuses convoitises. Conrad et Gisèle avaient fondé, à Spire, une abbaye que leur fils voulut orner de reliques. 11 sollicita pour cela Théodoric, l’évêque de Metz, qui lui envoya un bras de notre sainte en 1042.
Au commencement du xii° siècle, le souvenir de ce don était si présent, à Metz comme à Spire, que Sigebert adressait, aux moines qui en avaient bénéficié, une pièce de vers2.
Le culte de sainte Lucie était devenu particulièrement cher aux abbés de Saint-Vincent. Lanzon, si dévoué à Grégoire VII, au retour de son second exil, se signala par sa libéralité et fit faire une châsse d’argent enrichie de pierreries, dans laquelle Poppon, évêque de Metz, déposa solennellement le corps de la martyre, le 14 août ioq3, châsse qui, restaurée en 1 6 1 3 , 1641, 1687, disparut entre les mains rapaces des révolutionnaires. Ce même évêque, pour l’amour de sainte Lucie, donna, en 1094, à l’abbaye de Saint-Vincent, le domaine de Saint-Julien-lès-Metz 3.
En 1 1 6 x eut lieu la dédicace de l’oratoire de Sainte-Lucie, côté de l’épître. L’ancienne église, je ne sais par suite de quelle circonstance, dut être reconstruite au xme siècle; un nouvel édifice fut fondé en 1248. Il était complet, et la chapelle de Sainte-Lucie ouverte aux fidèles en 1272, car nous voyons alors Laurent, évêque de Metz, notaire du pape, accorder des indulgences à ceux qui viendraient prier dans cette chapelle.
L’histoire des spoliations impériales n’est pas terminée. Charles IV, pour le malheur de Metz, y vint en 1 3 5 6 et obtint qu’on lui donnât un doigt de sainte Lucie. Une charte, datée des calendes de janvier (21 décembre) de cette année, revêtue de son sceau, atteste qu’il a vu le corps de sainte Lucie dans la châsse et qu’il en a reçu une relique, de la générosité de l’abbé Pierre Baudoche. Ce prince lui fit faire un magnifique reliquaire et la transporta à Prague.
La consécration de la nouvelle église abbatiale