Oct. XII
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SAINTE ANÀSTASIE.
dans la foi par Chrysogone, un chevalier romain d’une grande piété. La jeune fille profita des leçons et, quoique privée de sa mère, jetée dans le monde corrompu de Rome, elle conserva une admirable pureté jusqu’au moment où son père lui imposa un mari païen et vicieux, nommé Publius. Dans cette union forcée et qui, dès lors, ne lui imposait aucun devoir, la vierge sut se soustraire à son mari, qui se mit à dilapider ses biens, mais qui fut obligé de la respecter. Craignant qu’elle ne dépensât sa fortune en aumônes, il la fit renfermer et garder dans sa maison. Ce fut de cette prison domestique qu’elle écrivit à saint Chrysogone en lui racontant ses malheurs, et là qu’elle reçut ses réponses consolatrices et la promesse de sa délivrance. La prédiction se réalisa. Publius, nommé par l’empereur pour aller en Perse, accepta et mourut en chemin de mort violente, de sorte qu’Anastasie recouvra à la fois la liberté et la disposition de sa fortune.
A ce moment, la persécution sévissait à Aquilée, et Dioclétien, s’y trouvant, fit venir et martyriser Chrysogone. A cette nouvelle, Anastasie libre y courut, et, lorsqu’elle eut rendu les derniers devoirs à son sain.t précepteur, elle se rendit en Macédoine 1 où les occasions de charité se multiplièrent pour elle. Les prisons regorgeaient de chrétiens que le martyre y faisait succéder avec rapidité. Un jour qu’elle s’y présentait avec ses onguents et les rafraîchissements destinés aux confesseurs, ils venaient de partir pour le supplice; désolée, elle se mit à pleurer, et, comme on lui en demandait la raison, elle dit que c’était la douleur de ne plus trouver ses frères, douleur qui la trahit, la lit reconnaître pour chrétienne et arrêter.
Elle fut d’abord menée à Florus, préfet de l’Ulyrie, qui, apprenant sa haute naissance, dut, selon la loi, référer la cause à l’Empereur et l’envoya à Dioclétien. Celui-ci commença par s’enquérir, dans une pensée cupide, de ses richesses et, lorsqu’il vit qu’elle s’était tout à fait dépouillée, il ordonna qu’on la ramenât à Florus. Celui-ci à son tour la livra à Vulpianus, un prêtre d’idoles dont il espérait que l’adresse viendrait à bout de la constance de sa victime.
Vulpianus essaya d’abord l’effet des promesses et des offres séduisantes, il eut recours ensuite à la peur et chercha à l’accabler sous les plus terribles menaces. A court de ressources, il lui donna trois jours de réflexion, lui annonçant sa condamnation si, au bout du délai, elle ne s’était pas soumise. Ces jours passés en prières laissèrent la martyre aussi résolue. Alors il l’accabla d’injures, mais, voulant porter une main sacrilège sur la virginale Anastasie, il fut soudain frappé de cécité et ne tarda pas à expirer dans d’horribles convulsions.
Florus, privé ainsi de son lieutenant, dut reprendre le procès de la sainte. Il lui promit, moyennant une riche rançon, qu’il la laisserait vivre en paix et dans sa religion. « Si vous étiez pauvre, je vous assisterais volontiers, lui dit Anastasie; mais, puisque vous êtes riche, je ne puis vous donner des biens que la Providence réserve pour secourir les malheureux. » Le préfet l’enferma dans une obscure prison, défendant presque de lui donner à manger. Un mois après, il la fit placer dans une barque avec un chrétien nommé Eutychiens et cent vingt païens condamnés pour leurs crimes. On troua la barque pour qu’elle fût bientôt submergée et on l’abandonna à l’impétuosité des vagues; mais le navire, soutenu et gouverné par une main mystérieuse, au lieu de sombrer, conduisit tous ses passagers en sécurité au rivage.
Les païens se convertirent, mais Anastasie n’échappa pas au martyre. Elle fut menée dans l’île de Palmarole avec deux cents hommes et soixante-dix femmes, tous condamnés pour la foi de Jésus-Christ. Lorsqu’elle fut arrivée, les bourreaux l’attachèrent à un chevalet, les pieds
i. Petits Boit., XIV, p. 471.
NOTICE BIOGRAPHIQUE
et les mains étendus, ils allumèrent un grand feu autour d’elle pour la brûler, enfin la décapitèrent. Elle acheva ainsi son long martyre.
Quelle était l’île de Palmarole ? Les réponses ont été fort diverses et, dès lors, peu concluantes. On place souvent ce théâtre du supplice dans une île, non loin de l’embouchure du Tibre, sur la mer Tyrrhénienne; il me paraît plus probable de le chercher dans une des nombreuses îles illyriennes, car la translation à travers l’Italie et l’Adriatique pour ramener ses reliques à Sirmium me semble peu croyable.
En tout cas, c’est à Sirmium qu’elles eurent certainement leur premier asile, avant que la glorieuse basilique du Sauveur ressuscité, l'Anastasia de Constantinople, lui ouvrît ses portes et confondît, sous le même vocable, la gloire du divin Maître et celle de sa servante.
ITALIE
ROME
Basilique de Sainte- Anastasie . — Basilique d’origine constantinienne. — (366-384) Le pape Damase la fait orner de peintures. Inscription. — Au commencement du ve siècle, Longinianus y érige un baptistère. — Vers 4*55, mosaïque de l’abside aux frais de Severus et de Cassia. Titulus S. Anastasiæ.
— Croix stationales. — (796) Léon III restaure le toit. - — Ornements. — Dons des papes. — (1210) Ambons d’innocent III. — Renouvellement de l’église. — ('471) Sixte IV restaure l’église. — L’église figurée dans des plans du xv° siècle. — ( 1 5 1 2.) Restauration. — (xvie siècle) Anciennes vues. — (1698) Le cardinal Bevilaqua démolit le campanile.
— (1606) Le cardinal de Sandoval refait la façade.
— Réfection du portique. — ( 1 63q) Chute du nouveau portique. — ( 1 6 36) Urbain VIII refait lafaçade.
— (1676) Plan de Cappello. — (1692) Restauration de l’autel de Saint-Jérôme. — Découverte de reliques.
— (1703) Le cardinal Costaguti refait la voûte de la tribune. — (1721) État ruineux de la basilique, énorme déversement des murailles. — Rapport de Girnach. — Le cardinal Nuno da Cunha restaure les nefs et les réduit à l’état actuel.
La basilique romaine dédiée à sainte Anastasie et qui s’élève encore au pied du Palatin1, du côté duVélabre, est sans doute la plus ancienne qui lui ait été dédiée. M3r Barbier de Montault croit qu’elle occupe la place de la maison de sainte Fausta et de sainte Anastasie. Hubsch, d’après la construction, la croit d’origine constantinienne et l’histoire confirme son appréciation ; nous avons une inscription qui nous apprend que le pape Damase (366-38q) la lit, non pas bâtir, mais orner de peintures, ce qui suppose qu’elle existait avant lui. Son nom lui vient peut-être de sa fondatrice et du désir qu’elle eut d’honorer la sainte dont elle portait le nom.
Au commencement du v" siècle, la basilique fut