Il nous a été communiqué par M. Müntz
ROME
à-dire celle des malheureuses démolitions qui signalèrent à Rome la fin du xvie siècle en nous privant de tant de précieux monuments : « On y monte, dit-il, par un grand escalier dont plusieurs marches sont en mauvais état. Au sommet, on trouvait autrefois un portique, comme devant la plupart des anciennes églises, et l’on en voit encore d’un côté quelques vestiges aujourd’hui. Le corps de l’église est spacieux, grand, à trois nefs; les deux latérales sont séparées de la principale et murées au commencement, sans doute parce que, dans cette partie, les colonnes frappées de vétusté faisaient défaut. Ces nefs étaient partagées par trente colonnes dont il n’y a plus que la moitié en pied. Il y en a deux en marbre vert de Lacédémone qui soutiennent l’arc en tête de la nef. D’après les restes de pavage qu’on voit encore autour du maître autel, on peut juger qu’il était en mosaïque avec tables de marbre et de porphyre... Il reste quelques petits autels dépouillés d’ornements. Les murs sont tout blanchis à la chaux. De hautes et grandes fenêtres jettent beaucoupde lumière dans l’église... Il y avait des ambons pour l’épttre et l’évangile dont il subsiste un marbre avec cette inscription qui se trouvait sur la cuve circulaire :
« Anno Domini 1 120 1 pontificatus Domini Innocents tertii papœ, anno eins decimo tertio , indictione quanta... » Dans la nef de gauche est un autel avec un petit ciborium soutenu par quatre colonnettes blanches... Dans la fenestrella (sic) de l’autel fermée par des vantaux de noyer sont des reliques. Avant de monter au maître autel, on trouve six colonnes qui autrefois fermaient le presbyterium; on monte de là à l’autel par quatre marches. Aux angles de l’autel sont quatre colonnes qui, je pense, soutenaient à l’origine quelque tabernacle orné. Il y a maintenant un enduit sur le mur légèrement peint. Sur l’une de ces colonnes, celle derrière l’autel, à main droite, on voit tracées quelques lettres d’une inscription2. »
Il était temps de recueillir ces vieux souvenirs, l’ère des démolitions s’ouvrait et les ruines allaient s’accumuler sur Sainte-Anastasie. Dix ans après Ugonio ( 1 5 98) , il est dit que le campanile était d’une hauteur extraordinaire et que, probable-
1. Ceci est évidemment une faute et doit être lu : 1210. Innocent 111 régna de 1198 à 1216.