Jackson, 1, p. 27g
SAINTE ANASTASIE
xivc siècle. Saint Chrysogone tient une large épée engaignée et posée à terre (pl. X).
Vers la même époque ( 1 332), le même archevêque, Giovanni de Butuane, refit le ciborium, ainsi que nous en avertit l’inscription gravée sur les tympans. Je la transcris sans abréviation : « -f- In nomine Domini anno ex incarnatione Dei (?) MCCCXXXII factum fuit hoc opus tempore domini Joliannis de Butouane Dei gratice arcliiepiscopi iadrensis. »
Le chœur est orné de stalles duxvcsiècle extrêmement riches; elles furent exécutées de 1410 à iq5o.
L’ancienne église dut être dotée d’un campanile, peut-être fut-il foudroyé, ruiné ; en tout cas, en 1480, l’archevêque Maffeo Valaresso entreprit celui qu’on voit encore inachevé sur le Corso à quelques mètres du Dôme. Ce prélat dut faire aussi quelque restauration sur la façade septentrionale où il a laissé ses armoiries. On voit sur un des piliers celles de l’archevêque de Pesaro, de Giov. Minotto et de Francesco Foscari, comte et capitaine de Zara entre 1 5 12 et 1 5 1 5 -
Comme on l’a dit plus haut, une solennelle reconnaissance des reliques anastasiennes eut lieu en 1622 et l’archevêque Luca Stella, à cette occasion, fit construire un nouvel autel sous lequel il les déposa i.
Une dernière reconnaissance amena en 1822 un nouveau déplacement et l’érection de l’autel moderne sous lequel on aperçoit la châsse par une petite baie ornée de lames d’argent avec cette inscription : « Cineres S . Anastasiœ Tit. etPatr .» On a aussi un buste de sainte Anastasie oü l’on conserve, depuis 1622, la partie inférieure de la mâchoire de la sainte avec quelques dents.
En 1 88 5 , une restauration de l’église fut jugée nécessaire.
Nous donnons (pl. VIII et IX) des vues de l’église qui vaudront mieux qu’une description. Nous avons supposé une restitution du campanile3.
1. On montre à Spalato, dans l’ancien temple de Jupiter, aujourd’hui cathédrale, un autre sarcophage de sainte Anastasie qui contient probablement quelques ossements de la sainte (Lettre particulière de l’abbé Bauron, 12 juillet 1888).
2. M. Jackson a lui-même essayé cette restauration sur une lithographie qu’il a eu la bonté de nous communiquer.
On peut consulter aussi pour Zara :
Emilio Schatzmayer, La Dalmatia, 1877, p. 21. Pour Saint-Chrysogone, p. 23.
Abbé Bauron, Missions catholiques .
L’image de sainte Anastasie est répétée dans la cathédrale. On la voit dès l’entrée à droite du portail, dans une arcade ogivale et faisant pendant à celle de saint Chrysogone. Ces bas-reliefs, comme nous l’avons dit plus haut, datent de 1324. Elle est figurée en style xin' siècle, martyrisée sur son sarcophage, et sur un antipendium dç 1398 qui a disparu L
Elle l’est encore sur un bas-relief à Saint-Michel (xe-xme siècle). A Zara, un reliquaire de sainte Anastasie assez moderne présente son image.
Biograd. — On comprend que la dévotion ne dut pas se renfermer dans les murs de Zara et qu’elle rayonna tout autour dès l’époque la plus ancienne.
Le diocèse de Zara possédait à Biograd un de ses sanctuaires qui fut élevé en 1126 et qu’une restauration renouvela en 1761 2.
Olib. — Le même diocèse avait une église mentionnée en 1476 et qui portait le nom d’Anastasie. Cette ancienne église a complètement disparu sans laisser de traces; à sa place nous n’en avons plus qu’une tout à fait moderne3.
M. l’abbé Jelic nous écrivait en mars 1890 qu’il avait visité les lieux et que ces deux églises sont complètement détruites et leur emplacement recouvert de constructions modernes.
Ostrirat , près de Zara 4, nous offre encore une ruine d’un grand intérêt pour l’histoire de l’architecture chrétienne et pour celle du culte monumental de nos saints liturgiques, saint Clément et sainte Anastasie. Cette ruine nous montre encore deux sanctuaires superposés :
Le sanctuaire inférieur, qui porte le nom de Saint-Clément et que la tradition suppose fondé par lui, a le caractère des constructions antiques. Il a la forme d’un parallélogramme entouré de murs épais, et regarde l’occident comme les églises pri-