Analecta novissima, II, p
ROME
S. Agatha-alla-Suburra. — Basilique probablement fondée par Constantin. — Ornée par Ricimer vers 460. — Abandonnée pendant cent ans. — ( 5 g 1 ) A l’occasion de la translation des reliques de sainte Agathe, elle est réconciliée par saint Grégoire. —
— Ses revenus maintenus; son luminaire, ses droits rétablis. — (795-816) Léon III, ses présents. — (xue-xine siècles) Campanile, ciborium. — Porte du prêtre Jean. — (i5oo) Restauration de Podocatorio.
— ( 1 5 1 7) De Rangoni. — ( 1 568) Gallo. — (1589) Federico Borromeo. — Disparition de la mosaïque.
— (1622) Gozzadini. — ( 1 633) Barberini. — Enlèvement de l’iconostase. — Reconstruction de l’atrium,
— (1791) Restauration du plafond. — Description de l’ancienne diaconie.
Le culte de sainte Agathe semble avoir été développé à Rome par les Goths. Le plus ancien
document que nous possédions au sujet de l’église qu’on y voit élevée en son honneur remonte à Ricimer, petit-lils de Vallia, roi des Goths.
Une inscription qu’on lisait jadis dans l’abside et qui nous a été conservée, rappelle qu’il en avait fait faire la mosaïque : « Fl. Ricimer , v. i. magister utriusque militiæ patricius et ex cons. ord. pro voto suo adornavit. » Ce travail, d’après les titres que mentionne l’épigraphe, ne peut être antérieur à 45g. En 467, Ricimer quitta Rome pour fixer sa résidence à Milan, et ne revint à Rome que pour y assiéger Antemius qu’il vainquit quelques jours avant de mourir (472). Il faut donc, selon toute vraisemblance, remonter pour l’époque de cette mosaïque à l’intervalle qui s'écoula de 460 à
467, sous le pape saint Hilaire (461-468). D’après la rédaction de l’inscription, il ne semble pas du reste qu’il fut le fondateur de la basilique ; si l’église elle-même avait été l’objet de son vœu, on n’eût pas manqué de lui laisser la gloire de l’avoir fondée, au lieu qu’il n’est désigné que comme un bienfaiteur ayant contribué à l’orner.
Doni (classe 11, n° 157) et Muratori ( Nov . Insc., p. cclxvi) rapportent aussi une inscription en lettres d’argent niellées sur une plaque de bronze.
Les douze colonnes de granit gris, qui partagent encore les trois nefs, doivent remonter au moins au v° siècle.
Après le renversement des Goths, il semble que l’église ait été tout à fait abandonnée et que les fidèles se soient écartés d’un sanctuaire qu’avait profané l’hérésie arienne. Saint Grégoire, qui signala sa dévotion par l’introduction dans le canon de la messe des noms des saintes Agathe et Lucie, profita des reliques de saint Sébastien et de sainte Agathe qu’il y déposa, pour la réconcilier et y rétablir le culte catholique (29 1). Il raconte dans ses dialogues qu’une foule immense assistait à cette cérémonie et même débordait en dehors, lorsque l’esprit impur traversa cette assistance sous la forme d’un porc qui prenait la fuite; il ajoute que des prodiges se produisirent ensuite1.
Le grand pape maintint les anciens revenus et fit aux toits et ailleurs les restaurations qui ne pouvaient manquer d’être nécessaires après les longues années d’abandon2. D’après une lettre
1. On ne saurait compter les dissertations auxquelles a donne lieu la question de l’emplacement de la Suburra; Ciampini notamment, emploie dix-huit pages pour arriver à croire qu’il y avait plusieurs Suburræ.
Ciampini, I, p. 264.