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SAINT CHRYSOGONE
tapis de mosaïque que nous admirons encore; les nefs latérales, peut-être plus simplement ornées, participèrent sans doute à cette richesse.
Les bienfaiteurs des églises réservent toujours une part de leurs libéralités au mobilier et à l'entretien ecclésiastiques; ainsi ht Jean de Crema, qui dota le trésor de vases sacrés, de beaux vêtements, et assura le service divin en augmentant les biens-fonds que la basilique avait déjà : « Thesauro et vestimentis ornavit ; possessionibus ampliavit. » Il augmenta aussi la paroisse, en donnant peut-être plus d’étendue à sa circonscription.
On voit aujourd’hui dans le transept, du côté de l’évangile, une plaque de marbre de om,8o sur im,o8 de haut, qui nous rappelle encore les travaux de Jean de Crema, et la consécration d’un oratoire en i iaB 1 : « Oratorium cum continua domo claustro et ceteris officiais construxit et prefatum titulum bonis et possessionibus ampliavit. » Évidemment, il ne s’agit plus de la basilique ellemême, qui était fort avancée, mais du monastère et d’une chapelle claustrale spécialement destinée aux moines. L’importance qu’on donna à la dédicace s’explique, non par celle de l’oratoire qui devait être infiniment moindre que la basilique, mais par l’acte considérable d’ouvrir le monastère
i. 1123. Construction de l'Oratoire.
t Anno Dominice incarnationis MCXXIII, VIII idus Iulii indictione prima dedicatum est oratorium hoc a venerabilibus episcopis Petro portuensi, Vitali albanensi et Guiglielmo prenestrino presentibus dominis cardinalibus îohanne Presbitero tituli sancte Cecilie, Petro presbitero tituli Calixti, Gerardo presbitero Sancte Hierusalem, Gregorio diacono Sancti Angeli, Romano diacono sancte Marie in porticu, Gregorio diacono Sanctorum Sergii et Bachi cum ingenti multitudine cleri et populi présidente in apostolica sede beatissimo Calixto papa II, anno pontificatus eius V. Quam dedicationem rogavit fieri frater lohannes de Crema peccator sacerdos tituli Sancti Grisogoni, qui idem oratorium cum continua domo claustro et ceteris officiais construxit et prefatum titulum bonis et possessionibus ampliavit ubi recondite sunt hec : reliquie de Costa sancti Stephani protomartyris, de capite sancti Anastasii martyris, de capite sancti Sebastiani martyris, de sanguine et ossibus beati Laurentii et carbonibus — de brachio sancti Calixti martyris — de costa sancte Prisce, de sepulcro et spongia Domini, de reliquiis sancti Ipoliti martyris, Marci et Marcelliani martyrum, de vestimentis sancti Iohannis evangeliste, de reliquiis sanctorum Tarsille, Triphonis et Respicii martyrum, Agapiti martyris, de peplo sancte Barbare tincto sanguine, de reliquiis sancti Sixti pape et martyris, Adriani pape et martyris, Rufine et sanguine Secunde sororis eius, sancti Cornelii pape et martyris, de sancte Nimfe virginis et martyris.
Mar Barbier de Montault, Les inscriptions de dédicace. Revue de l'art chrétien, tirage à part, p. g.
1127. Dédicace d'un autel.
Severano, Memorie sacre, p. 3 1 3.
Ugonio, Staponi, p. 281 v°.
aux prières des religieux. M,r Barbier de Montault a cru reconnaître les traces de cette chapelle dans une ruine voisine et de peu d’étendue1 * * *. Le pieux fondateur voulut une pompe magnifique; il convoqua à la cérémonie les évêques Pierre, de Porto; Vital, d’Albano; Guillaume, de Palestrina; les cardinaux de Sainte-Cécile, de Saint- Calixte, de Sainte-Croix de Jérusalem; Grégoire, diacre de Saint-Ange; Romain, diacre de Sainte- Marie-in-Porticu ; Grégoire, diacre des Saints- Serge-et-Bacchus. A ces hauts dignitaires de l’Église se joignit une grande foule de clercs et de peuple. La magnificence de cette dédicace ressortait encore moins de ce concours que du trésor de reliques insignes qu’on déposa sous l’autel : reliques de saint Étienne, saint Anastase, saint Sébastien, saint Laurent, saint Calixte, sainte Prisca, du Sépulcre, de l’éponge du Seigneur, des saints Marc et Marcellin, de saint Jean évangéliste, saints Tarsille, Triphon et Respicius, saint Agapet, sainte Barbe, saint Sixte, saint Adrien, saintes Rufine et Seconde, saint Corneille, sainte Nymphe.
Cependant l'église elle-même n’était pas achevée et ne semble l’avoir été que quatre ans plus tard, en 1127, époque où fut consacré son autel; une autre inscription nous informe de ce fait et de cette date, ajoutant que les deux prélats consécrateurs de l’autel furent le cardinal Jean, et Pierre, évêque de Porto. Cet autel se distingue du précédent par la nomenclature des reliques qui est différente; il contenait celles de saint André, saint Mathieu, saint Étienne, saint Clément, saint Urbain, saint Denys, saint Corneille, saint Laurent, saint Sébastien, saint Magnus, saints Côme et Damien, saint Vincent, saint Anastase, saints Triphon, Respicius, Felicissime, Agapet, Grégoire, saintes Cécile, Prisca, Nymphe.
Du temps de Severano, ces deux inscriptions étaient scellées sous le portique d’entrée5.
Je ne m’explique pas que les reliques de saint Chrysogone n’y soient pas mentionnées. On ne peut croire à leur absence; on doit supposer qu’elles occupaient une place à part. Gabriel Diaz (en 1 677) écrit qu’on y conservait sa tête et une de ses mains.