Memorie sacre, p. 3i
ROME
Jean de Crema survécut peu à l’achèvement de son œuvre; il mourut en 1 128. Severano a relevé dans le chœur de Saint-Chrysogone une inscription qui rappelle la mémoire du généreux donateur de l’église : « Au nom du Seigneur, dans l’année 1128, indiction vne, v8 du seigneur pape Honorius, Jean de Crema, qui eut Olricus pour père et pour mère Rateide, ordonné cardinal prêtre par le vénérable Pascal II, pape, au titre de Saint-Chrysogone, construisit et érigea cette basilique depuis les fondements, enrichit son trésor et son vestiaire, accrut ses biens, augmenta la paroisse. Vous tous qui lirez et entendrez ces paroles, intercédez le Seigneur à cause de ses péchés et dites : O bon Sauveur , l'ami de notre salut, Christ, Rédempteur , fils de Dieu, aye\ pitié de lui I Amen1. »
Severano, en rapportant cette épigraphe, se plaint d’un marbre disparu, sur lequel on voyait représentée une cène avec la distribution de la communion sous forme de pains crucifères2.
En ri 5y, une inscription nous avertit que l’on consacra un nouvel autel, tandis que Guidone Bellagio, cardinal florentin, était en possession du titre.
Sous Innocent III, l’illustre cardinal Langton occupa le titre. Jusqu’alors les moines bénédictins avaient toujours desservi Saint-Chrysogone ; vers 1200, ils furent remplacés par des prêtres séculiers; on voit ce fait dans un privilège du pape où la basilique est désignée comme paroisse, matrice de laquelle dépendaient les églises S. Salvatore délia Corte, S. Bonosa, S. Agata, S. Stefano.
Nous 11e savons rien des restaurations que le moyen âge dut encore apporter à la basilique; cependant un fragment de mosaïque dans le chœur laisse penser qu’au xtve siècle il y eut des embellissements de ce genre. A Sainte-Marieau-Transtévère, Pietro Cavallini (f vers 1 3 64), le dernier peintre de l’école de Giotto3, exécuta, sous l’imposante mosaïque qui orne le cul-defour, six petits tableaux aussi en mosaïque qui représentent sous les traits les plus gracieux les