Lafenestre, Peinture italienne, I, p. 5i
Bleser, Rome et ses monuments.
Barbet de Jouy, Mosaïques, p. 79, 124.
Mor Barbier de Montault, Eglises, p. jn3.
ARCHÉOL. ClIRÉT. II.
principales scènes de la vie de Marie. Je suppose1 que le panneau de mosaïque, que nous avons encore à Saint-Chrysogone et qui est de ce peintre, fut fait pour être placé de même dans la tribune. Il représente la sainte Vierge sur un trône magnifique, avec des traits encore archaïques ; elle est accompagnée de saint Jacques Majeur et de saint Chrysogone. Saint Jacques a le costume ordinaire des apôtres; il tient un livre; l’épée qui lui transperce l’épaule droite rappelle son martyre. Saint Chrysogone porte le costume adopté par les peintres du moyen âge pour représenter les guerriers, la chlamyde et l’épée qu’il va dégainer2 (pl. II).
Au xv° siècle, les chanoines de S. Salvatore furent remplacés dans le monastère (1480) par des Carmes déchaussés, qui y demeurèrent jusqu’à Pie IX3, lequel assigna le couvent aux Trinitaires de la Rédemption des esclaves.
Deux plans de cette époque, attachés à des manuscrits de Ptolémée au Vatican et à la Bibliothèque nationale, nous offrent les premières images de la basilique de Saint-Chrysogone; on y voit la nef et le clocher; le tout tracé de fantaisie. Il nous reste heureusement aussi des documents plus tardifs mais plus explicites et qui, antérieurs aux remaniements du xvn8 siècle, nous conservent la physionomie du moyen âge qu’on devait défigurer. Nous citerons une petite gravure sur bois publiée par Giov. Francino en 1 5 88 dans les « Cose maravigliose dell’ aima città di Roma ». Nous y voyons la façade du xne siècle, son frontispice surmonté de la grande voussure égyptienne, à la mode de cette époque ; des écussons de côté et trois fenêtres encore garnies des dalles de marbre à trous circulaires qui leur servaient de fermeture ; au-dessous, le portique à cinq entre-colonnements; quatre colonnes ioniques et deux pilastres d’ante, architrave, haute frise peut-être, comme à Saint-Laurent, ornée de mosaïques; dans le fond du portique, une seule porte carrée; enfin, à droite, le campanile qui élève au-dessus du portique ses quatre étages d’arcatures ,et son toit plat recouvert de tuiles. Cette gravure serait plus ancienne qu’elle ne nous instrui-
1. Je dois dire que dans la transposition qu’il a subie on ne lui voit plus aucune courbure.