‹ Archéologie chrétienne. Les saints de la messe et leurs monuments (volume 2)Chapitre 338 sur 419 · IO · texte numérisé non relu

IO

SAINT GHRYSOGONE.

rait pas mieux, car le moyen âge est ici tout entier et intact (pl. II).

Nous compléterons cette image par la description d’Ugonio, qui est justement de la même époque et qui nous montre l’intérieur aussi bien conservé (i 588) : « L’église Saint-Chrysogone, ditil, est précédée d’un large portique soutenu par quatre colonnes. A l’intérieur, elle est convenablement vaste; elle est divisée en trois nefs par deux ordres de grosses et magnifiques colonnes, onze de chaque côté. Le pavement est un travail admirable de diverses pierres disposées en mosaïque et tel que peu d’autres travaux à Rome peuvent lui être comparés. L’arc majeur de l’église est soutenu par deux grosses colonnes de porphyre. L’autel est élevé au-dessus de cinq marches ; il surmonte la confession ; il est abrité par un ciborium qui s’élève sur quatre colonnes : deux en marbre vert, deux en marbre blanc. La tribune est ornée de peintures anciennes, quoiqu’elles ne soient pas en mosaïque ; elle est garnie, au pourtour, du banc des prêtres et, au centre, de l’antique chaire pontificale qui existe encore.

« On voit dans la petite nef à main droite, en entrant dans l’église, une belle conque de pierre qui servait jadis de fonts baptismaux, comme l’indique le voisinage du nouveau vase fait pour le baptême par les modernes.

« Il y a dans l’église sept autels, comme à Saint- Pierre et Saint-Paul, pourvus de grandes indulgences1. »

Telle était la vénérable basilique dont nous avons fait un essai de restauration et sur laquelle s’abattirent les architectes du xvne siècle.

Paul Y avait eu le titre de Saint-Chrysogone et il le donna à son neveu Scipion Borghèse, qui renouvela l’édifice trente-cinq ans après la description d’Ugonio que nous venons de lire. A Saint-Chrysogone, parmi les tristes remaniements, il faut, je crois, attribuer à cette époque l’exhaussement de l’arc triomphal dont l’imposte se trouve descendue fort au-dessous du centre.

On peut expliquer comment Soria, le nouvel architecte, fut amené à cette déformation. Après avoir établi au-dessus des- colonnades des nefs2 un

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