‹ Archéologie chrétienne. Les saints de la messe et leurs monuments (volume 2)Chapitre 369 sur 419 · Luigi de Persiis, Casamari, 1890, p · texte numérisé non relu

Luigi de Persiis, Casamari, 1890, p

Moroni, Z>f 7. , XCIV, p. g5.

Enlart (Bull, monumental de 1892) donne le plan de l’abbaye.

Stevenson, Mostra di Roma , 1884, p. 146,

SAINTS JEAN ET PAUL

seigneur Landuino au prévôt Azzo de biens qu’il possédait dans un endroit nommé Corneto.

La fondation fut féconde et porta rapidement des fruits. La petite chapelle, construite en l’honneur des saints Jean et Paul, devint insuffisante et l’abbé Jean Ier, vers ioq5, dut agrandir l’église; il y fit des peintures, trois autels en l’honneur de sainte Marie, de saint Pierre et de saint Benoît, un ciborium au-dessus de l’autel des patrons saints Jean et Paul, un ambon, et bâtit un nouveau campanile pourvu de huit cloches; il fit l’acquisition de beaucoup de biens ; il obtint de Nicolas II que le monastère relèverait directement du Saint-Siège, de sorte qu’à partir de ce moment les clefs papales entrèrent dans ses armoiries.

Alexandre II, Anastase IV, Alexandre III, etc., confirmèrent les privilèges.

La chronique de Fossanova marque en 1095 le commencement du cloître « pulcrum et amplum », sous l’abbé Augustin II, qui augmenta les dortoirs et les biens du monastère, avant de devenir évêque de Ferentino ( 1 1 06).

L’abbé Pietro (1 123) eut l’honneur de recevoir plusieurs fois saint Bernard dans la maison et d’y préparer une importante réforme ; il obtint de faire partie des Cisterciens et d’être affilié à la maison de Clairvaux. Le relâchement s’était glissé parmi les moines et, en 1 149, Eugène III, venu à Casamari, put se rendre compte du désordre; il vit les bâtiments faute d’entretien tombant en ruine, les religieux dispersés ou irréguliers. Il commença par restaurer l’édifice, puis il chargea saint Bernard d’y remettre une règle et des moines. Un document nous apprend que les Cisterciens y entrèrent en 11 52. La restauration de l’église fut tellement importante que le pape jugea opportun de renouveler sa consécration ( 1 1 5 1 ) ; ilia dédia à Dieu, à la Vierge Marie, à saint Jean et saint Paul, les premiers patrons. Ces renseignements sont inscrits dans la chronique de Fossanova.

La nouvelle église ne servit pas longtemps; la prospérité était rentrée dans les murs avec les règles de saint Bernard et, cinquante ans plus tard, elle dut être démolie comme trop étroite et remplacée par le vaste et magnifique édifice que nous avons aujourd’hui devant nous. L’illustre Cencio Savelli, qui avait été cardinal au titre de Saints- Jean-et-Paul, se dévoua à cette œuvre; il y prodigua des sommes considérables et entreprit à ses frais

la construction du cloître et de l’église. Sous l’abbé Geraldo Ier, le 6 mai 1202, Innocent III vint bénir la première pierre de cette nouvelle fondation. Rogerio (1210), le seizième abbé, termina la basilique qui fut consacrée le i5 septembre 1217. Cencio avait depuis un an succédé à Innocent sous le nom d’Honorius III et il voulut faire lui-même la cérémonie avec toute la pompe possible. Tous les cardinaux de Rome, toute la curie, deux évêques espagnols et onze évêques italiens accompagnèrent le souverain pontife. Une multitude de peuple y afflua. « Par la grâce de Jésus-Christ, dit le chroniqueur, on avait fait une si grande quantité de provisions en pain, en vin, en poissons, fromage et œufs que tous, matin et soir, purent recevoir une large distribution; il y eut aussi plus de mille chevaux à nourrir1. »

Nous ne devons pas seulement rapporter à cette époque la construction de l’église, mais aussi celle des cloîtres et des édifices adjacents.

M. le chanoine de Persiis2, pour prouver la contemporanéité du cloître et de l’église, donne une raison prise dans la construction; il dit que les fenêtres de la basilique qui s’ouvraient vers le midi sont beaucoup plus courtes que celles opposées et témoignent de l’existence des voûtes du cloître qui les auraient bouchées dans leur partie inférieure si elles avaient été plus allongées. Du reste, le style du cloître et du chapitre se réfère au commencement du xme siècle et suffit comme preuve.

Honorius III montra encore sa dévotion envers saints Jean et Paul par les fêtes qu’il établit au monastère; il décréta que leur fête serait célébrée avec pompe dans tout l’ordre cistercien et il écrivit dans ce but à tous les abbés; il rappelle dans sa lettre «les glorieux mérites des martyrs Jean et Paul, il invite tous les fidèles à leur vouer une grande dévotion, car les langues de ces martyrs sont comme les clefs du ciel. De sorte qu’imitant l'ordre de l’Église romaine, qui place dans les litanies les princes des apôtres Pierre et Paul avant tous les apôtres, il veut qu’ils soient ici mis avant les martyrs que prie l’Eglise3. »

De si grandes faveurs, qui forment une des pages les plus glorieuses de l’histoire posthume de nos

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