‹ Archéologie chrétienne. Les saints de la messe et leurs monuments (volume 2)Chapitre 370 sur 419 · ld., p · texte numérisé non relu

ld., p

3. Rondinini, Monasterii S. Marice et SS. Joannis et Pauli de Casœmario brevis historia, 1707, p. 3i.

ETATS PONTIFICAUX. — CASAMARI.

saints, attiraient les pèlerins les plus illustres. Le monastère (1221) reçut l’empereur Frédéric II, sa femme et toute la famille des Hohenstaufen qui s’inscrivirent parmi les fils spirituels de Casamari. Ce prince ingrat oublia plus tard cette hospitalité et persécuta les religieux; il livra le monastère aux Sarrasins qu’il avait appelés en Italie; ceux-ci l’incendièrent et même, dit-on, tuèrent l’abbé Geraldo II. Quelques religieux, pour fuir la persécution, se réfugièrent en France.

L’abbaye reprit cependant quelque prospérité après ces désastres; nous voyons en 1240 l’abbé Paul en agrandir les propriétés, acquérir les églises de Bartolomeo et S. Vito dans la Capitanate, etc. Jean VII (élu en 1289) fit une grande croix en vermeil haute de cinq palmes, large de trois, qui renfermait un morceau considérable de la vraie croix.

Les derniers papes du xin“ siècle, Nicolas IV, Boniface VIII, confirmèrent ses privilèges.

Pendant le grand schisme, le monastère fut presque dépeuplé en 1390. On n’y constatait plus que le prieur Rainaldo da Banco et six moines. Quelques années après (1406), les religieux furent obligés de fuir devant l’invasion de Ladislas, roi de Naples. Plus tard, Jacobo Caldoro fortifia les demeures monastiques et y soutint un siège contre les Sforza, non probablement sans dommage poulies murailles1.

Les mauvais jours continuèrent; la communauté très réduite vit ses propriétés en grande partie aliénées dans des mains laïques et le reste mal administré, puis s’ouvrit pour elle l’ère des commendes. Martin V (-J* 1431) plaça le couvent sous le gouvernement d’un abbé commendataire, qui fut son neveu, le cardinal Colonna.

Pie II (1463), après la mort de Colonna, rendit leurs propriétés aux religieux; cependant la décadence s’accéléra ; en i5o3, il n’y avait plus dans l’abbaye que le prieur et un religieux. Sixte IV confia la commende à son neveu Giulano délia Rovere, qui rédigea la nomenclature de tous les biens2.

Pie V nomma abbé commendataire son neveu, Michel Bonelli ( 1 5 67), lequel apporta à Casamari beaucoup de restaurations et diverses dona-

1, Hemans, Medicêval christianity , p. 434.

Page 1