De Persiis, p
Ne quittons pas l’abbaye sans donner un coup d’œil rétrospectif au beau trésor qui était son honneur au moyen âge. On y voyait surtout les reliques des têtes de saints Jean et Paul, enfermées dans un buste reliquaire en argent, d’un travail fort ancien ; des reliques de Salomé, le bras droit de saint Mathieu, une portion importante de la vraie croix enfermée dans une grande croix d’argent doré du xme siècle, deux épines de la sainte couronne, etc., etc.
Il y avait aussi une bibliothèque aussi remarquable par le nombre que par le choix des manuscrits qu’on y conservait 1 (pl. VI, VII, VIII).
Spolète. — Spolète possède une église d’un grand intérêt et d'une époque reculée. Au-dessus de l’entrée, une fresque, qui paraît du xiie siècle, représente la sainte Vierge entre quatre saints. Elle est en grande partie détruite.
A l’intérieur, sur le mur, à gauche de l’autel, on conserve une peinture à la détrempe exécutée sur parchemin et bien conservée qui figure le crucifiement avec cette date à l’extrémité de la croix : A D. MCLXXX. M. opus Alberto Sotii 3.
Un étroit escalier, pratiqué à gauche de l’a.utel du Crucifix, descend dans une petite salle voûtée en berceau. On y voit trois histoires de la vie des saints patrons Jean et Paul : à gauche, l’empereur Julien, assis sur une chaise curule, fait un geste de commandement; dans la seconde scène, qui occupe le centre, Jean et Paul voient le ciel s’entr’ouvrir devant eux et, dans un demi-cercle, Dieu qui les bénit; dans la troisième, le martyre s’accomplit et un des deux saints a déjà la tête tranchée. Ces peintures, dit-on, peuvent être attribuées au xe ou au xie siècle.
L’autel est aussi ancien et les deux candélabres de fer placés auprès paraissent du xne siècle 3.
Todi. — Une lettre d’Honorius III (1216- 1227) nous révèle l’existence d’une église Saints- Jean-et-Paul qui n’existe plus 4 ; cette lettre
1. Voy. aussi, pour Casamari, Migne, CCXIV, p. 1161; CCXV, p. 181.
2. Cavalcaselle (édition ital., I, p. 249) donne la date de 1 187.
?. Sinibaldi, Guida di Spoleto, 187a, p. 25.
Plan de la coll. d’Uxelles, V, X, 45.
4. Moroni, qui fait une longue description des églises de Todi, ne la mentionne pas.
Lettre du Père Germano, ii septembre 1891.
ETATS PONTIFICAUX. — RAVENNE
est adressée « ad priorem et clericos SS. Johannis et Pauli Tudertinæ urbis ». Le ■ Père Germano m’écrit que l’église a complètement disparu.
Ferentino. — La cathédrale de Ferentino a le privilège d’être dédiée aux saints martyrs Jean et Paul 1 et de conserver dans son ensemble un caractère assez ancien. Elle se compose de trois nefs et se termine par des absides circulaires. Les trois nefs sont partagées en plusieurs travées : celle du milieu tire ses jours au-dessus des collatéraux. Les huit croisées de l’attique sont alternativement plein cintre et ogivales; les ogives paraissent être percées à une époque postérieure, où elles remplaçaient trois des baies circulaires et où les cinq autres furent bouchées.
La façade principale, qui accuse bien la forme basilicale, n’a presque aucun ornement; elle présente dans le pignon une simple fenêtre qui répète les fenêtres plein cintre de l’attique dont on vient de parler et qui est aussi fermée; dans le bas, trois portes, correspondant aux trois nefs, sont décorées d’une archivolte qui retombe sur des corbeaux feuillagés.
La partie absidale est intéressante; elle conserve les absides circulaires dont celle du milieu est malheureusement engagée dans des constructions modernes. Elle a sous la corniche des frises d’arconcelles qui, de quatre en quatre, reposent sur un pilastre et, dans l’intervalle, sur des consoles variées d'ornements : on y voit des têtes, des feuillages, une croix. La petite abside a aussi des arconcelles, mais simplement indiquées en creux. Sa corniche est denticulée. Une fenêtre romane est percée dans le compartiment central de la grande abside, elle est encadrée par de jolies colonnettes à chapiteaux corinthiens qui soutiennent un tore égal à leur fût. Au-dessus de cette tribune s’élève le pignon absidal de la grande nef, percé d’un oculus. L’aspect de l’édifice est très pittoresque ; à gauche s’ouvre une vaste arcade sous laquelle monte la rue latérale et dont la construction semble correspondre avec celle de l’église.
Du côté de l’évangile, au bout de la nef gauche, surgit un élégant campanile, garni de petites fenêtres jumelées, deux dans le bas, trois dans le
i. Moroni, Di^., p. 3oo.
haut, et couronné d’arconcelles ogivales qui paraissent plus modernes. Toute l’église est bâtie en belles pierres de taille bien dressées. Elle conserve un beau dallage.
J’attribuerais la construction de l’édifice au commencement du xne siècle et les fenêtres ogivales de l’attique au xni° ou au xivG.
Ferentino. — Arcade, sous l’évêché, près de la cathédrale.
Une inscription, relative à un marbrier du nom de Paul et au temps de Pascal II, nous prouve qu’on y travaillait alors1 (1099-1 1 18).
Nous devons communication des photographies, d’après lesquelles ont été faites nos gravures, à M. Angelo Zoppini (pl. IX).
Ravenne. — Basilique SS. Giovanni e Paolo. — ■
(566) Guérison de saint Fortunat dans la basilique.
— (597) Ambon. — Riche mobilier. — (835) Spoliation du trésor. — (Av. 1181) Bulle d’Alexandre III.
— (Av. 1265) Bulle d’Urbain IV. - — (1309) Mention
d’un recteur. — (1662) Colonne retrouvée. — ( 1 7 5 S)
La basilique réduite et modernée.
Ravenne possède des monuments antiques de saints Jean et Paul, et surtout une basilique que l’histoire mentionne dès le vie siècle comme magnifique. Le souvenir nous en est conservé par Fortunat, le futur évêque de Poitiers. On sait qu’il était venu étudier la rhétorique et la poésie à Ravenne, foyer alors très brillant de littérature. Ses études lui firent sans doute contracter une maladie d’yeux qui mit sa vue en danger. Il put se rappeler le miracle que saint Martin avait opéré en 547, à Bellune2, en faveur de Félix, qui devint plus tard évêque de cette ville, et il résolut d’aller invoquer le grand thaumaturge gaulois