Fabri, Sagre memorie, p
Paul, diacre, lib. II, De gestis Longobardorum, cap. 9.
SAINTS JEAN ET PAUL
dans l’église Saints-Jean-et-Paul ou on lui avait érigé un autel ; il nous a laissé ce souvenir dans des vers de sa Vie de saint Martin, qui nous conservent en même temps une description intéressante de cette partie de l’église.
« La basilique de Saints-Paul-et-Jean, écrit-il, a sur sa muraille l’image de saint Martin exprimée en douce couleur; sous ses pieds, dans une niche faite avec art, est un lychnus, dont la flamme nage dans une urne de cristal. C’est là que je me rends, poussé en gémissant sous l’aiguillon de la douleur *... » Plein de foi, Fortunat se frotte les yeux avec l’huile de la lampe, comme il était d’usage alors pour les lampes des sanctuaires vénérés, et il se trouve guéri. Félix, son ami, qui souffrait du même mal et qui l’avait accompagné, fut de la même façon guéri. En reconnaissance de ce bienfait, il voulut se rendre à Tours pour remercier saint Martin, il quitta l’Italie avant 566 2 pour se rendre en Gaule. La description doit donc être à peu près rapportée à cette date.
Nous avons mentionné, à l’article des ambons3 *, le beau marbre daté de 597 qui doit figurer ici dans^ l’histoire de la basilique; on y voit, à droite et à gauche, l’image de nos saints martyrs désignés chacun par leur nom et, en haut, une épigraphe qui nous apprend qu’Adéodat, primicier des écuyers impériaux, éleva ce pergamo à l’aide des aumônes recueillies dans l’église : « De donis Dei et sanctissimorum Johannis et Paulos (terminaison grecque) Adeodatus primicerius stratoriim inlustris Patricii temporibus Domini vénérabilis Mariant archiepiscopi fecit Indictione XV.» Le rôle de cet officier était de seller le cheval de l’exarque et d’aider ce dernier à y monter (pl. IV).
L’église avait un riche trésor, ce que nous savons par le fait même de sa spoliation en 835, du temps de l’évêque Georges ; il contenait une