Beltrami, Ilforest., p
Ribuffi, Guida, 1869, p. q3.
Ricci, Guida, 1878, p. 21 3.
ÉTATS PONTIFICAUX. — BOLOGNE
taine de mètres de la muraille occidentale de la ville, non loin de la porte Adriana, sur la via S. Eufemia et presque en face de la via SS. Giovanni e Paolo qui débouche devant la façade. Cette façade est en retraite sur la voie publique, situation d’oü l’on peut conclure, comme à Saint- Apollinaire, qu’elle était précédée par un atrium. L’édifice est fort étroit, large d’environ 8 mètres et pourvu de deux ailes que leur construction nous montre toutes modernes. On ne peut supposer les trois nefs dans une enceinte si étroite et pour les accepter il faut aussi admettre plus de largeur.
Le mur de la nef qui va se buter au campanile est antique; on remarque que la tête est encastrée dans le mur du campanile, qu’elle y adhère sans s’y raccorder et sans harpes, selon l’usage des anciens constructeurs qui évitaient de la sorte les déchirements des tassements inégaux. On remarque aussi des cintres qui ont peut-être appartenu à d’anciennes arcades ouvrant communication sur la cella, mais on ne peut supposer que ce mur fût un de ceux de la grande nef, ni reconnaître dans les vestiges du portique qui s’y font voir un des collatéraux. Il s’agit ici d’un portique extérieur longeant le flanc septentrional de l’église et dont le toit a laissé la marque de sa pente sur le soubassement de la tour; ce toit s’arrêtait à l’angle de ce soubassement, au droit d’une petite cymaise qui en continuait les lignes sur la tour. Audessus de ce toit était une petite arcade cintrée, aujourd’hui bouchée ; au-dessous, une arcade un peu plus grande, qui donnait communication du portique dans le campanile. Les briques de ce campanile et les briques de la cella sont bien les mêmes et, quoique nulle part enchevêtrées, elles appartiennent à la même époque. Ces portiques extérieurs étaient fréquents dans les basiliques primitives, ils entrent dans la construction de plusieurs églises de la Syrie relevées par M. de Vogué; ils faisaient partie de la célèbre basilique de Rome, S. Lorenzo in Damaso, et de S. Stefano Rotondo.
Le campanile, à vrai dire, esta peu près tout ce qui nous reste d’ancien; il est carré jusqu’à plus de moitié de la hauteur, puis devient circulaire et s’ouvre en une suite de baies circulaires, baies simples au premier étage, jumelées au second où elles sont partagées par un petit pilier carré en marbre. Les étages sont séparés par des
zones de briques en épis. Le dernier est reconstruit. Cette vénérable tour, dans ces petites dimensions, est une des plus élégantes de la ville.
Faisons observer que l’église a conservé la vieille orientation, c’est-à-dire le chœur à l’ouest (pl. IV).
Nous donnons sur nos planches une vue de ces vestiges, nous y rapportons aussi, sur l’ambon, les images de nos saints qui comptent parmi les plus anciennes; ils sont debout, nimbés, orants, vêtus de la tunique et du pallium; la sculpture est médiocre, sans modelé, avec plis indiqués sommairement par des lignes grossières.
Une autre église, dédiée à saint Jean et saint Paul, mentionnée en 1 1 1 5 , a disparu1.
Saint-Apollinaire. — Nous avons à Ravenne des images de saints Jean et Paul meilleures que les précédentes, nous voulons parler de celles figurées dans les mosaïques de S. Apollinario Nuovo et qui nous montrent les saints frères entre saint Gervais et saint Vital. Ces mosaïques datent des premières années du vie siècle. Les saints que nous avons ici sont vêtus tout en blanc avec claves et broderie pourpre, ils portent une couronne en main. Saint Jean, au lieu de suivre la procession, semble se retourner vers son frère pour lui parler; cette attitude ne serait-elle pas l’indication d’un couple de saints, comme nous voyons saint Corneille se retourner vers saint Cyprien, saint Gervais vers saint Protais, saint Namor vers saint Félix 3 ? Cette touchante union, que l’iconographie consacre, a été constamment respectée (pl. V).
Bologne. — Nos saints avaient des reliques déposées à S. Pietro, S. Giovanni in Monte, S. Maria delle Grazie3 ; Masini ajoute qu’ils avaient une église sous leur vocable à Bologne. J’ai consulté à cet égard M. Ricci, très savant dans les monuments de cette ville et qui m’a donné les renseignements suivants : dans un catalogue des églises pour les taxes en 1 366, on voit mentionnée parmi les paroisses4, dans le quartier de Porta