‹ Archéologie chrétienne. Les saints de la messe et leurs monuments (volume 2)Chapitre 390 sur 419 · On a pris une photographie des ruines · texte numérisé non relu

On a pris une photographie des ruines

SAINTS JEAN ET PAUL

dans leurs mains deux anges de marbre. On les ouvrait le jour de la fête1.

Les derniers événements relatifs à l’édifice sont l’incendie du Rosaire en 1 86 5 et la restauration qu’il a subie depuis peu d’années, restauration dans laquelle les grandes fenêtres demi-circulaires latérales ont été remplacées par trois fenêtres ogivales.

Description 2. — En suivant le canal appelé Rio di SS. Giovanni e Paolo, on arrive devant une place bordée, au nord, par l’élégante façade de la Scuola di San-Marco, un des chefs-d’œuvre de Lombardo ( 1 48 5) et, à l’est, par la façade de notre église Saints-Jean-el-Paul.

Cette façade soulève certaines questions archéologiques par les éléments étrangers à son origine

qu’on y a introduits. Elle se compose dans le soubassement de sept arcades, six petites, distribuées

1. Cornaro Flaminio, Notifie delle chiese e monasteri di Vene^ia. Padoue, 1754, in-40.

2. On peut voir pour cette église : Le fabbriche più cospicue di Venepa, 1820, II.

Tableau de Canaletto (-5-1768).

Topographie nat., plusieurs vues.

Ms. latin de la Bibl. nat., 4802, f° 132. U11 plan de Venise qui marque notre église.

sur les côtés, et une grande au milieu décorée d’une riche architecture du xve siècle; au-dessous du soubassement elle est partagée en trois travées par de grands pilastres de briques, percée d’une vaste rose, terminée par une frise d’arconcelles qui suivent les rampants du pignon et ressautent sur les pilastres, enfin couronnée par de petits tabernacles à jour. On y remarque de plus, audessus du soubassement qui est en saillie, les arrachements d’un petit ordre d’arcades ogivales qui ornaient les intervalles des pilastres.

Nous avons de cette façade primitive un souvenir très précieux, une gravure de Girolamo Mocetto que Selvatico date de 1490. On sait le goût qui avait saisi les artistes de la Renaissance d’imiter les anciens ; celui-ci voulut, d’après la description de Lucien, rappeler le tableau allégorique d’Apelle sur la calomnie. A droite, un prince assis, accompagné de l'Ignorance et du Soupçon , invite la Calomnie à s’avancer ; celle-ci traîne par les cheveux un jeune homme décharné, elle a près d’elle la Ruse et la Trahison qui lui mettent des fleurs dans les cheveux et cherchent à rehausser ses attraits. Derrière suit le Repentir en habit de deuil qui retourne la tête et reconnaît la Vérité qui lui reproche ses actions l.

Mocetto ne crut pouvoir mieux faire que de choisir, pour le fond de son tableau, les monuments de SS. Giovanni e Paolo, ou il avait, dit-on, luimême travaillé ; la Scuola di San-Marco venait d’être élevée, la statue de Colleoni ( 1 4/5) l’était à peine depuis quinze années, tout attirait alors l'admiration sur cette place si nouvellement embellie, et la pensée naïve de mettre une scène grecque à Venise nous a valu une fidèle image de notre façade. On y reconnaît plusieurs traits que les restaurations ont modifiés. Toute la partie supérieure s’y trouve clairement retracée, les petites arcades, les œils-de-bœuf latéraux, sur la façade en retour les œils-de-bœuf au lieu des grandes ouvertures cintrées du xvme siècle ou des trois ogives de la dernière restauration ; tout est conforme aux restes actuels (pl. X, XI, XII).

Dans le soubassement, la porte du xve siècle y paraît avec ses riches colonnes jumelées, mais l’image ne donne pas complètement le mot de

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