Voy. Rollin, Histoire ancienne, XI, I, p
Nous avons aux Estampes nationales trois épreuves de cette gravure (E a. 35, réserve).
VENISE
l’énigme et ne laisse pas deviner l'état architectural antérieur à cette porte.
Selvatico voit dans cet ouvrage une transition entre le moyen âge et la renaissance, un essai d’union entre l’ogive et le goût classique si précoce en Italie. J’ai peine à m’expliquer qu’on ait, au milieu du xve siècle, construit ici de plein gré des ogives par un compromis artistique1, je suppose plutôt que l’architecte a vu devant lui les sept arcades ogivales, qu’il les a conservées en y portant les ressources de richesses que l’art nouveau lui mettait dans les mains. Je sais que certains détails de son ordre composite, les feuilles crispées des chapiteaux, les bases ornées aux angles d’une feuille en volute, les torsades des chambranles, etc., sont des détails encore gothiques; néanmoins, les profils de l’entablement, l’exquise délicatesse des frises n’appartiennent plus au moyen âge. J’observerai surtout, ce qui me paraît décisif, que les colonnes jumelées sont jetées en avant des ogives latérales, ce qui marque un certain dédain pour elles et qui prouve leur antériorité par un défaut aussi choquant de symétrie.
Si les ogives existaient avant la restauration de la porte, il est possible que leurs impostes, leurs archivoltes, le briquetage du dessus, qui attend un revêtement de marbre, ne soient pas plus anciens.
Nous nous sommes inspirés, dans la petite restauration que nous avons tentée, de ces considérations et de l’élégante façade de la Madonna del Orto, qui a beaucoup de rapports avec celle-ci. M. Selvatico2, frappé de la ressemblance de la porte avec l’entrée du palais ducal, qui est de Bartolomeo Buono et de 1443, suppose toute la façade de cette époque ; cependant sa partie supérieure, comme le pensent certains auteurs3, parait plus ancienne. On verra sur notre dessin la solution que nous avons imaginée; nous laissons d’ailleurs au lecteur, devant les documents, le soin d’en chercher une meilleure s’il le faut.
Ne quittons pas l’étude et la description de la façade de SS. Giovanni e Paolo sans parler de
1. Je dois dire qu’au palais ducal on voit ce mélange singulier de plein cintre et d’ogive.