Paoletti, Fiore di Vene^ia, III, p
Ces auteurs croient que la façade est celle que Tiherio da Parma, général des Umiliati, fit ériger vers le milieu du xive siècle.
quelques sculptures intéressantes qu’on y voit encastrées : sur le premier pilastre, à droite, un bas-relief carré représentant Daniel dans la fosse aux lions; sur les deux pilastres de briques les plus rapprochés de l’entrée, deux figures d’un petit relief, d’un bon dessin, qui paraissent des œuvres byzantines ; les autres pilastres ont d’autres sujets. Dans le bas, dans les niches ogivales, selon une mode assez répandue en Italie1, sont disposés des sarcophages. Leur âge me semble militer en faveur de l’antériorité des arcades ogivales sur la porte du xve siècle. Le plus remarquable est une urne de marbre du vi° ou du vne siècle, qu’on utilisa en 1 2 5 1 pour les restes de Tiepolo. Elle a 2m,i 1 de longueur et om,8o de haut sans le couvercle, qui est du xm1 siècle. Voici l’inscription :
QUOS NATURA PARES STUDIIS VIRTUTIBUS ARTE EDIDIT ILLUSTRES GENITOR NATUSQUE SEPIJLTI HAC SUB RUPE DUCES VENETIUM CLARISSIMA PROLES THEPULA COLLATIS DEDIT HOS CELEBRANDA TRIUMPHIS OMNIA PRESENTIS DONAV1T PREDIA TEMPLI DUX JACOBUS VALIDO FIXIT MODERAMINE LEGES URBIS ET INGRATAM REDIMENS CERTAMINE IADRAM DALMATIOSQUE DEDIT PATRIE POST MARTE SUBACTAS GRAIORUM PELAGO MACULAV1T SANGUINE CLASSES SUSCIPIT OBLATOS PRINCEPS LAURENTIUS ISTROS ET DOMUIT RIGIDOS INGENTI STRAGE CADENTES BONONIS POPULOS HINC SUBDITA CERVIA CESSIT FUNDAVERE VIAS PACIS FORTIQUE RELICTA RE SUPEROS SACRIS PF.TIERUNT MENTIBUS AMBO
Sur le listel du bas :
-p DNS JACOBUS HOBIIT MCCLI.
DNS LAURENTIUS HOBIIT MCCLXXVIII.
L’intérieur n’offre pas les mêmes incertitudes de construction. Le plan est beau, vaste, et d’un jet. En entrant, on est frappé par l’ampleur des trois nefs, que séparent de minces colonnes cylindriques, surmontées d’arcs ou de voûtes en ogives. Cet aspect est tout à fait celui de l’église des Frari, ressemblance qui a fait attribuer les deux édifices à Nicolas de Pise. Au bout des trois nefs s’étend le transept, surmonté à la croisée par une coupole et garni, vers l’est, de cinq chapelles absidales, dont la centrale, aussi large que la nef, forme le chœur. Elle est éclairée par d’élégantes verrières.
1. Voy. les tombés' à Sainte-Marie-Nouvelle de Florence, S. Francesco à Rimini, etc.
SAINTS JEAN ET PAUL
Plusieurs chapelles d’époques diverses sont attachées, notamment vers le midi, aux flancs de l’église; nous avons, sur notre plan, marqué spécialement celle qui nous paraît la plus ancienne; au nord est la sacristie, puis la chapelle du Rosaire, de style rococo, incendiée en 1 86 5 .
L’église doit une partie de sa renommée au rôle de Panthéon que les grands personnages de Venise lui ont attribué en y élevant de nombreux monuments funéraires; nous ne pouvons les oublier, quoique plusieurs, desxvPet xvne siècles, n’appartiennent plus en aucune sorte au moyen âge et au cadre de nos études. Il nous semble voir un honneur rendu à nos saints martyrs Jean et Paul dans cet empressement à mettre, dans leur église et sous leur garde, les cendres les plus illustres. Parmi les tombeaux les plus ancenis sont ceux de Marco Giustiniani et Andrea Morosini ( 1 Bqy), Giovanni Dolfin (1 36o), Pietro Cornaro ( r 3 6 1 ), Marco Cornaro (i36j), Paolo Loredano (1370), Jacopo Cavalli (1 394)1. Le monument du doge Marco Cornaro, placé dans le chœur, non loin de celui de Vendramin2, est encore franchement gothique; au-dessus du sarco-