Alcuin (Migne), II, p
2, Lettre du 11 avril 1888,
Il est question de cette chapelle (Archives municipales, registre Ier), à propos d’une insurrection, le 25 juillet 1 790.
Le premier plan de Caen établi depuis la Révolution (Le Clere, 18 1 5) n’indique plus Sainte- Agathe, qui sans doute avait été démolie depuis quelque temps.
M. Jacquier, qui a fait à ce sujet pour nous de précieuses recherches, a voulu connaître l’opinion de M. Bonet, un archéologue des plus distingués, collaborateur de M. de Caumont, qui lui a donné ce renseignement : D'après ce savant, l’édifice aurait été construit au xie siècle, car, parmi les matériaux provenant de sa démolition qui entrèrent dans l’érection d’une muraille, elle-même disparue aujourd’hui, il vit des moulures et des sculptures qui portaient le style de cette époque (pi. XXVI).
Beauvais (Oise). — Crépy-en-Valois. — (vue siècle) Constructions mérovingiennes. — (1006) Reconstruction du château. — (xn° siècle) Reconstruction de l’église Sainte-Agathe. - — (x 111e siècle) Restauration? — (14^4) Incendie de Crépy. — (i5zo) Réparations. — (161 1) Dessin de Duviert. — (1792) L’édifice dérasé. — (1818) Destruction.
Crépy, chef-lieu de canton de l’Oise, à 22 kilomètres de Senlis, peuplé de 2600 habitants, possédait jadis une belle église dédiée à sainte Agathe, qui malheureusement n’existe plus; l’histoire de Crépy remonte très haut, jusqu’au roi Dagobert (f 638), dit-on. L’abbé Lebœuf croyait distinguer dans le bas du clocher des parties de construction mérovingienne.
Le premier château de Crépy, qui datait du vie siècle et qui subsistait au x° siècle, était peu considérable; la tradition le place au-dessus du confluent de deux petits ruisseaux, dont l’un descend du vallon Bouillant et dont l’autre est fourni par la fontaine de Sainte- Agathe, dont le nom nous offre une nouvelle preuve de la popularité de notre sainte dans le vieux Valois.
Gauthier II, comte de Crépy ( 1006), reconstruisit dans des proportions grandioses la forteresse et la transforma en couvent de Saint-Arnoul. Là, encore, nous retrouvons la pensée qui rappelait partout la vierge de Catane : la cour au levant était fermée par deux murs de l’ancienne poterne Sainte-Agathe sur la rue de la Cloche. Cette poterne
du sud-est a disparu; mais le peuple a conservé le souvenir de l’arcade voûtée qui la remplace depuis 1758 et la nomme encore porte Sainte- Agathe1.
L’église Sainte-Agathe dut être refaite au xiie siècle; le caractère de son clocher recouvert d’écailles de pierre appartient à cette époque.
Une construction importante semble intervenir au xme siècle, car dans la ferme qui s’est établie sur son emplacement on voit encore de nombreuses ogives grossièrement bouchées2.
En 1434, Crépy fut brûlé par les Anglais et il est à présumer que l’église souffrit de cette catastrophe3.
Vers 1 5 20, Sainte-Agathe et Saint-Denys eurent besoin de nouvelles et importantes réparations4.
Dans notre nomenclature chronologique se place ici un document intéressant pour la restauration que nous avons entreprise. La collection d’Uxelles possède un assez grand nombre de vues manuscrites de France et, notamment, celle de Crépy qui est signée de Joachin Duviert et datée de 1 6 1 1 ; elle nous montre notre église et ses environs.
Nous avons aussi une vue de Boucher, datée de 1789, et retournée, assez conforme à la précédente.
Trois ans plus tard, l’église et la tour étaient dérasées par la Révolution et il ne reste aujourd’hui que des vestiges incomplets et des ogives isolées dans un jardin particulier.
Nous nous sommes aidé d’un modèle en relief qui appartint à M. Depas, un vieillard presque centenaire qui mourut il y a peu de temps et qui habitait avec sa famille la paroisse Sainte- Agathe; aidé de son père, il avait eu l’idée de reproduire cette église en relief ainsi que plusieurs autres monuments qui n’existentplus. M. de Fleury a bien voulu confronter notre essai de restauration avec ce modèle; il m’avertit qu'à la place du collatéral de l’épître on ne voyait, au temps dont il s’agit, qu’un simple auvent5.