‹ Archéologie chrétienne. Les saints de la messe et leurs monuments (volume 2)Chapitre 95 sur 419 · FRANCE. — SALINS · texte numérisé non relu

FRANCE. — SALINS

En 1699, un nouvel incendie entraîna sans doute de nouveaux travaux; une restauration eut lieu en 1720 et changea beaucoup l’ancien caractère architectural. Dans le chœur on voit un ciborium de style Louis XV.

Les temps modernes ont apporté de grandes calamités à l’église; le riche trésor qu’elle possédait est devenu, en 1791, la proie des révolutionnaires; la châsse d’argent de saint Anatoile, qui avait été renouvelée en 1 6 5 1 , fut saisie et tout disparut. Enfin l’incendie revint en 1826 1 lui rendre une dernière et terrible visite. Cette catastrophe excita dans toute la France une grande émotion, on vendait alors des complaintes populaires sur les incendiés de Salins.

Ces ruines ne furent relevées qu’en 1862, par les soins de M. Darcy, qui mit à cette réparation autant de soin que de talent; il supprima le grand toit à deux versants qui recouvrait toutes les nefs, il releva les contreforts qui étaient cachés et démantelés, et restitua ainsi la silhouette primitive.

Un tableau ancien qu’il put consulter à Salins, comme élément de restauration, l’éclaira notamment dans celle du clocher. M. Steinhel fit, pour la grande fenêtre du fond, un vitrage magnifique en imitation du xme siècle.

Nous avons cherché, sur un croquis qu’on trouvera planche XXIX, à restaurer l’ancien état, en y retranchant ce que les siècles modernes y avaient apporté ; nous le compléterons par quelques lignes de description.

A l’est de la vallée qu’arrose le torrent la Furieuse s’élèvent une haute montagne et le château Belin; c’est au pied de cette montagne et déjà à une hauteur assez grande au-dessus de la vallée que fut placée la vieille église que nous étudions; elle touchait aux remparts flanqués de tours qui l’enveloppaient et dont un fragment subsiste derrière l’abside 2. Elle était au centre, du cimetière devant une plate-forme d’oü la vue plongeait sur la ville3.

On trouvait d’abord devant soi le beau portail roman que nous avons encore4 et qui n’était pas

1. Voy. abbé Ecoiffier, Note sur l’église Saint- Anatoile de Salins.

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