P. Martin, Vitraux de la cathédrale de Bourges, pl. XVI
nemcnt angélique, Cécile encourageant Valérien, le martyre et l’ensevelissement de Cécile. Les lacunes nombreuses que nous laissent ces pièces semblent prouver que l’exposition de la légende occupait la verrière complète; nous avons donc cherché à la restaurer, en la comblant et en suivant l’usage du moyen âge qui commençait généralement les histoires par le bas de la fenêtre. C’était une sorte d’écriture, boustrophédon, qui s’élevait peu à peu de la terre au ciel, ascensions successives où le ciel domine et éclaire les misères de la terre.
Cette œuvre paraît appartenir à la première moitié du xni0 siècle. Elle garde encore quelque archaïsme et cependant la composition est de l’époque de transition, les attitudes, le galbe des figures sont du xmc siècle. Nous avons gravé à une plus grande échelle le médaillon qui a trait au couronnement comme un des mieux conservés et le plus remarquable; l’ange, debout devant le lit, couronne Cécile et de sa main droite tient le diadème réservé à Valérien encore absent; immobile, il attend son retour et se prépare à accomplir la promesse de la vierge.
Ces vitraux, malgré la largeur ou plutôt à cause de la largeur extraordinaire des plombs de sertissure, ont un grand éclat; c’est une sorte de mosaïque dont chaque morceau forme à lui seul une teinte sans nombreuses retouches de pinceau. Les médaillons sont encadrés de rinceaux.
Nous avons été heureux de recueillir, dans une de nos plus illustres cathédrales, ce beau témoignage de la piété des régions centrales de la France envers sainte Cécile (pl. XXXIX et XL).
Sainte-Cécile (Saint -Christophe- en -Bazelle, Indre). — Il existe dans la paroisse de Saint- Christophe-en-Bazelle deux communes ; l’une, Saint-Christophe, qui compte 800 habitants; l’autre, Sainte-Cécile, qui n’en a que 400. Cette seconde commune n’est pas une desserte, elle est réunie à Saint-Christophe pour le culte et forme paroisse avec cette dernière, dont elle n’est distante que de 3 kilomètres. Toutefois Sainte-Cécile possède une vieille église qui était dédiée à notre sainte, comme patronne primaire, et à saint Roch, comme patron secondaire.
L’église Sainte-Cécile, bâtie dans la localité de ce nom, est sécularisée depuis la Révolution et
SAINTE CECILE
sert aujourd’hui de grange dans une ferme. Comme importance elle est égale et même supérieure à celle de Saint-Christophe, elle pouvait contenir de sept à huit cents fidèles. Sa construction rappelle plusieurs époques et plusieurs styles. Le chœur présente une voûte et des nervures du xve siècle, tandis que la nef, l’entrée offrent des arcs en plein cintre et un caractère roman. Il y a huit ou dix ans, la charpente, qui était fort intéressante, a été dévorée par un incendie et l’on a refait un toit bas et mesquin qui défigure l’édifice1.
D’après la vue que nous en donnons et que nous devons à l’habile crayon de M. de Vinols, ces ruines s’élèvent au bord de la roule et dans une situation pittoresque. La longueur de l’église est de 3y mètres, la largeur de l’abside de 8 mètres, la hauteur de 12 à i3 mètres du sol au faîte du pignon2 (pl. XLI).
Cahors. — Senaillac. — Dans un pouillé de i52Ô nous trouvons mentionnée l’église S. Mariœ et S. Ceciliœ de Senaliaco3 ; dans un autre de 1672, S. Cæciliœ de Cenalhaco *.
Cambrai (Nord). — La cathédrale de Cambrai possédait des reliques de Cécile. Gérard, évêque de cette ville, atteste, le 28 octobre 1 377, qu’il a renfermé dans une châsse différentes reliques, entre autres celles de sancta Cecilia 5. On croyait, ce qui est le plus intéressant, y conserver son anneau nuptial. Dans un inventaire de 1 3 5 9 nous lisons : « Item, vas argenteum deauratum cum pede argenteo, habens cristallum rotundum in quo habetur de sanctis Andrea et Elizabeth, Zacharie, et anulo beate Cecilie. » On avait encore cette relique au xve siècle, comme le prouve ce passage de l’inventaire du 20 septembre 1401 6 : « Item, un aultre vassel d’argent doret, a rond piet d’argent, a 1 pumelet doret, a 1 cristal ouquel est li aniauls sainte Cécile et reliques de saint Andric et de sainte Elizabeth, Zachaire. Et poise tout environ sept onches. »