‹ Archéologie chrétienne. Les saints de la messe et leurs monuments (volume 3)Chapitre 176 sur 343 · Située à trois lieues d’Anioy · texte numérisé non relu

Située à trois lieues d’Anioy

SAINTE CECILE

de lis. Le bois abonde dans les Ardennes; jadis chaque habitant avait le droit de puiser dans les bois communaux tout ce dont il avait besoin. On en était prodigue, et pour ce beffroi, notamment, les pièces de chêne se composaient de gros madriers. Dans la chambre sonore il y avait deux cloches, privilège assez rare dans le pays où les églises n’en ont généralement qu’une seule; elles pesaient 225 et i 5o kilogrammes. La grosse, la plus ancienne, portait des bas-reliefs moulés en médaillons dans lesquels on distinguait des scènes tirées de la vie des saints, telles que la charité de saint Martin, coupant son manteau; la petite cloche était dédiée à saint Donat et offrait le portrait de ce saint.

Lorsqu’on avait franchi le seuil de l’église, on se trouvait sous une tribune profonde de 2 à 3 mètres, soutenue par deux grossières colonnes de chêne et fermée jusqu’en haut par une cloison de planches; c’est par là qu’on avait accès au beffroi. La nef était couverte par une voûte de 10 mètres d’élévation en planches de chêne juxtaposées, badigeonnées et parsemées d’étoiles rouges. Les fenêtres avec montantset cintres en pierre calcaire n’avaient pas de vitraux, mais de petits carreaux sans plomb, et elles étaient défendues à l’intérieur par de gros barreaux de fer verticaux.

L’abside de l’église de forme circulaire, éclairée par une petite fenêtre, était occupée par la sacristie, qu’une cloison de planches s’élevant jusqu’à la voûte séparait du chœur; c’est contre cette cloison qu’était adossé le maître autel. Cet autel | parait avoir été renouvelé au commencement du xvne siècle. Le massif était en maçonnerie, le retable avait quatre colonnes torses et vitinées, disposées sur des plans différents, et portait une frise avec têtes d’anges, corniche à modillons, vases avec flammes, et, comme couronnement, l’image de Dieu le Père tenant un globe à la main; au-dessus du tabernacle de l’autel s’élevait un petit temple à colonnes formant reposoir. M. le curé d’Anloy a eu la bonne fortune de retrouver cet autel dans une chapelle de village à quatre

lieues de son église. D’un côté s’élève une statue de sainte Cécile, de l’autre une statue de sainte Marguerite.

On a pu utiliser dans la construction de la nouvelle église deux petits autels qui me paraissent encore plus récents que le précédent et qui sont de style baroque. Une statue de la sainte Vierge, une autre de saint Joseph les dominent, ainsi qu’un ordre du plus mauvais goût, terminé dans le haut par une gloire. Il reste aussi de l’ancien édifice des bancs qu’on a agrandis et restaurés L

Le mur méridional de l’église était ombragé par trois chênes qui étendaient au loin leurs branches énormes et touffues et qui s’élevaient en triangle devant les deux principales rues du village ; c’était là le lit de justice du mayeur qui, trois ou quatre fois par an, au sortir de l’office, réunissait les bourgeois, faisait les annonces, publiait ses ordonnances. Cette manière de gouvernement rapide, en plein air et devant la virginale patronne d’Anloy, n’était-elle pas meilleure que notre bureaucratie et nos parlements modernes?

BELGIQUE

Gand. — Le monastère de Saint-Pierre possédait une dent et d’autres reliques de sainte Cécile, dès le xe siècle 2.

Tournai. — Un inventaire de la cathédrale de 1 663 nous apprend qu’à cette époque on conservait des reliques de Cécile dans un œuf d’autruche.

Sainte-Cécile. — Il y a un village de ce nom et un bois qui le porte également, dans lequel la rivière la Semois prend sa source3.

1. M. le curé d’Anloy a eu la bonté de nous féliciter sur la restauration que nous offrons à nos lecteurs et qui réalise, suivant ses désirs, le plan de l’ancienne église.

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