Bemmel, La Belgique illustrée, p. 5q
ALLEMAGNE
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Bibl. nat. Latin, i335o.
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Cologne.
a cité sainte de l’Allemagne méritait d’avoir dans ses murs une église dédiée à la grande vierge romaine, et elle a droit par ce privilège d’être une des stations principales de notre pèlerinage.
Ce sanctuaire de Sainte- Cécile est considéré comme le plus ancien de Cologne :
a Materne, dit Ægidius1 * dans son histoire des évêques de Liège, parvint à Cologne et là, après avoir par la puissance de sa prédication détruit le temple de Mars près du Capitole et les temples de divers faux dieux dans la cité, il éleva plusieurs oratoires à différents saints et deux églises principales, l’une en l’honneur de Notre- Seigneur, qu’on appelle maintenant Sainte-Cécile, l’autre à saint Pierre qu’on appelle maintenant Saint-Victor, sanctuaires de la plus haute antiquité. Dans ladite église de Saint-Materne on a découvert tout dernièrement le corps glorieux du bienheureux Paulin martyr, disciple de saint Materne. »
Je ne sache pas que l’église conserve encore aucune partie de cette construction primitive; le plus ancien monument qui s’y rapporte est une petite cloche qui resta sur la voûte de la tour jusqu’au moment ou on la transféra au musée. La tradition la fait remonter à Cumbert, quinzième évêque de Cologne (6i3), et prétend qu’elle aurait été trouvée par une truie, dans un marais, auprès des églises Saint-Pierre et Sainte-
i. Ægidius Leodiensis (première moitié du xme siècle).
Gesta Episc. Leodiensium.
Pertz, XXV, p. 16.
Cécile. Ce souvenir laisse peut-être une trace dans le nom de la rue Peterspfuhl qui veut dire étang ou puits de Saint-Pierre f. La cloche offre en elle-même un cachet incontestable d’antiquité; formée de trois lames de fer battu cousues par des rivets, elle se rapproche des cloches celtiques.
Il existe aussi un pan de muraille, près du portail méridional, rattaché perpendiculairement à l’église dont la construction de brique paraît remonter à cette époque3.
L’histoire conserve plusieurs documents pour l’époque carlovingienne. L’invention du corps de Cécile à Rome semble avoir alors jeté sur toute la chrétienté un éclat qui brille partout sur ses monuments :i.
D. Guéranger rapporte, d’après Gelenius, que le vocable de sainte Cécile fut attribué à cette église, jadis primatiale, par l’archevêque Willibert en 873, au moment ou il transférait la basilique métropolitaine sur l’emplacement qu’elle occupe encore aujourd’hui et qu’en même temps il y fondait un monastère de vierges.