‹ Archéologie chrétienne. Les saints de la messe et leurs monuments (volume 3)Chapitre 21 sur 343 · Valentini, pl. CIII. Parker, photographies · texte numérisé non relu

Valentini, pl. CIII. Parker, photographies

Le Tarouilly, pl. CCCXU.

Saint-Pierre nous les présentent autour de ces églises.

Parmi les travaux du xive siècle nous devons noter la reconstruction du clocher en 1376 sous Grégoire XL On sait l’état de délabrement où Rome était tombée pendant l’absence des papes, et Grégoire, parmi les ruines, dut relever celle-ci. Certains auteurs lui attribuent sa fondation; mais Platina et Onofrio se servent du mot de restitution, qui est plus exact, car cette tour doit dater au moins d’Eugène III et de la construction du portique.

Le xv° siècle apporta beaucoup d’embellissements à Sainte-Marie-Majeure; Eugène IV refit le toit, Nicolas V restaura le palais pontifical, c’est-àdire qu’il dut construire au-dessus des portiques du moyen âge l’élégante loggia que nous voyons paraître dans la fresque de Sixte V. Platina dit : « Ædificavit ædes pontificias apud Sanctam Mariam ad Præsepe. » Panvinio: « Claustrum, porticum, cubicula, triclinia, caméras ibidem extruxit. » Nous verrons par le style du portique qu’il est impossible de le supposer de la Renaissance; du reste, Nicolas V, dans sa bulle, ne s’attribue pas à lui-même la construction intégrale , mais seulement d’importants travaux d’agrandissement :

« Pour l’érection et agrandissement du palais apostolique que nous avons dernièrement en grande partie (magna, ex parte) construit, nous ferons démolir quelques maisons où résidaient des chanoines et clercs de cette église, et nous leur donnons comme compensation deux maisons, la chapelle Sainte-Agnès, les jardins et une demeure au monastère de Sainte-Praxède, de l’ordre de Vallombrose. »

Quels qu’aient été les travaux de Nicolas et leur magnificence, il semble, d’après ces mots d’un Livre des merveilles , qu’ils soient restés inachevés ( 1 5 1 5) : « Palatium S. Mariæ Majoris a Nicholao V inchoatum, opus sumptuosi nimium et imperfection, quod quidam pro ut erat tua beatitudo (Jules II) exornavit, ac portîs ac valvis et fenestris et aliis necessariis rebus munivit i. »

1. Albertini, Opusculum de mirabilibus, éd. de i5i5, f° 2 5™.

Müntz, Les arts à la cour des papes, I, p. 144.

SAINTE-MARIE-MAJEURE

Le principal bienfaiteur de Sainte-Marie-Majeure, au xve siècle, fut le cardinal d’Estouteville ; évêque d’Angers en 1439, cardinal en 1439, archevêque de Rouen en iq55, il fut aussi archiprêtre de notre basilique, titre sans doute qui lui inspira des largesses en sa faveur. Il acheva le campanile. 11 ouvrit deux portes à l’occident pour mettre l’église en plus facile communication avec la ville; il construisit ou plutôt restaura une chapelle sous le vocable de saint Michel, une chapelle sous le vocable de saint Pierre ès Liens, dotée d’une chapellenie. Il donna io5o ducats d’or pour l’acquisition de domaines dont le revenu devait être appliqué à des suffrages pour le repos de son âme.

Le ciborium du maître-autel, dont de Angelis nous a conservé le dessin, est un chef-d’œuvre d’éléga.nce et fut dû aussi à sa générosité. L’édicule élevé au-dessus de la confession était érigé sur un soubassement haut de six degrés et sur quatre colonnes de porphyre. Ces quatre colonnes, qui sont entrées dans la construction du nouveau ciborium, portaient des arcs ornés de festons, des pilastres garnis de niches et de saints; un attique sculpté de bas-reliefs, le principal rappelant le miracle de la neige, des pilastres aux angles; enfin, au sommet, des frontons circulaires et une coupole. Le Tarouilly, d’après le style de l’architecture, l’attribue à Sangallo1.

Les armes du cardinal donateur y rappelaient sa générosité. D’Estouteville construisit un autre ciborium plus simple.

Il serait inutile de rechercher aux voûtes en briques des nefs et des transepts ses armoiries de marbre qui attestaient la restauration entreprise 'aux frais du cardinal-archiprêtre. Sainte- Marie-Majeure a été tellement renouvelée sous le pontificat de Benoit XIV qu’il n’y a plus trace de ces insignes.

Que reste-t-il de ces travaux? « Pour tout souvenir, dit M3r Barbier de Montault 2, je noterai au linteau d’une porte du baptistère et à la partie supérieure du clocher les armoiries en mosaïque

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