De Laurière, Bulletin monumental, i883, p
SAINTE-MARIE-MAJEURE
On sait que cet édifice fut détruit au xvie siècle, et qu’il ne nous en reste que des dessins1.
L’église actuelle de S. Antonio doit son origine au cardinal Pierre Capocci, qui légua, en 125g, les fonds nécessaires pour l’érection d’un hôpital. L’intention fut mise à exécution par le cardinal Ottone, évêque de Tusculum, et Giov. Orsini, depuis Nicolas III, souvenirs inscrits sur la porte en caractères gothiques. Cette porte conserve encore le style de cette époque et les curieux sphinx, imitation égyptienne, qui supportent les colonnettes. S. Antonio fut renouvelé à la fin du xvc siècle par le cardinal Fazio Santorio, qui construisit le palais et les greniers voisins. Elle a trois nefs divisées par des piliers 2.
L’église était accompagnée de maisons particulières, comme l’indique ce document de 1441 des archives vaticanes : « Unam domurn cum horto quæ posita est in regione Pineæ cui abunolatere est res ecclesiæ S. Antonii majoris de Urbe, ab alia est domus Joannis Palutii Pétri Victoris, ante est via publica 3. » On verra ces fabriques dans le haut à gauche de notre vue.
Enfin, si le cadre trop restreint de notre planche nous permettait de regarder jusqu’à l’horizon, nous apercevrions, après Saint-Eusèbe, Saints- Pierre-et-Marcellin, l’aqua Marcia, et, derrière l’aqueduc de Claude, les gigantesques et somptueux édifices du Latran.
Planche III. — Façade principale. — Nous offrons ici la restauration de la façade orientale dans l’état antérieur à la réfection du portique par Grégoire XIII.
Sous le fatras architecturaldesxvneetxvinesiècles il est impossible de retrouver aujourd’hui la simple et majestueuse ordonnance du moyen âge. Au rezde-chaussée, le portique, d’une longueur égale à celle actuelle, était formé de huit colonnes isolées, quatre de granit rouge, quatre de granit gris4, qu’on utilisa dans la façade moderne. Sur ces colonnes s’étendaient l’architrave et l’inscription du xne siècle, une haute frise mosaïquée et une corniche à modifions, telles qu’on en trouve, encore