D. Guéranger, Sainte Cécile, p
entrant une niche plus grande que les loculi qu’elle domine, où fut disposée la seconde sépulture. On distingue encore des peintures de diverses époques : au point le plus élevé, une orante, d’un style simple, qu’on croit être l’image de Cécile; au-dessous, la croix entre deux agneaux; au-dessous encore, trois personnages : Policanus, Sabastianus, Curinus1, que M. de Rossi, d’après le style, attribue environ au ve siècle. Au-dessous de la niche, jadis dépositaire du saint sarcophage, on voit encore une figure en orante bien mutilée aujourd’hui, que M. de Rossi a reproduite lorsqu’elle était mieux conservée et ou l’on reconnaît encore sainte Cécile. Elle se rapproche de certains verres dorés par le geste, la richesse de son costume2, mais l’influence byzantine qui s’y révèle peut la faire descendre au vne siècle. M. de Rossi la compare à la Madone de Florence, fragment des mosaïques de l’ancien Saint-Pierre de Rome; l’attitude est semblable, les bras ouverts, la robe perlée et richement ornée; cependant la Madone de Florence offre des traits de byzantinisme plus accentués, elle est couronnée et de sa couronne descendent des rivières de perles qu’on ne retrouve pas à Saint-Calixte ; ici, sainte Cécile a les cheveux apparents, relevés par un simple ruban ou mêlés à quelques perles, elle semble d’une touche meilleure et plus antique. La tunique de dessus est rouge, ornée d’or, l’aube blanche, des fleurs s’épanouissent tout autour sur de longues tiges. Les images du Sauveur et de saint Urbain voisines de cette fresque ne dépassent pas le ixe siècle et l’exploration du pape Pascal (pl. I).