‹ Archéologie chrétienne. Les saints de la messe et leurs monuments (volume 3)Chapitre 328 sur 343 · Lettre du P. Shearman, 22 août · texte numérisé non relu

Lettre du P. Shearman, 22 août

2. On lit sur le pied en caractères du commencement du xvue siècle : « Inter reges gazæ sacræ ex Anglia reliquias, pacis m. Ioan. Velasq. factæ monumentum, cratera auro solidu ficatori d. d. comestab. inde r, b, g, rediens. Xro paci. » (Dessin de M. Guerrier.)

Son heureux possesseur en a refusé 3ooooo francs.

3. Il faut peut-être voir ici la représentation de l’école où sainte Agnès est figurée.

SAINTE AGNÈS

égard, et nous devons reporter notre attention sur les émaux translucides qui sont d’une beauté égale à leur rareté; les figures ont des draperies d’une teinte accentuée de carmin, de bleu, etc.; les carnations un peu jaunes sont d’une expression et d’une beauté singulières qui n’excluent pas la naïveté.

L’histoire du martyre d’Agnès se déroule sur le couvercle; on y voit le fils de Symphronius, séduit par la beauté de la jeune fille, qui s’avance vers elle et lui offre une boîte pleine de joyaux; son père est derrière lui. Agnès tient une palme de la main gauche, un livre sous le bras droit; elle est suivie de sa fidèle Emérentienne et à ses pieds un petit agneau crucifère lève la tête vers elle ; il semble inquiet et jaloux de la réponse qu’elle s’apprête à faire. Cette réponse est inscrite sur une légende qui voltige dans le ciel : « Jam sum desponsata cui angeli serviunt. » Les derniers mots sont empruntés aux actes.

Le jeune insensé ne se rebute pas, il se jette à genoux aux pieds d’Agnès, qui lui lance cette apostrophe inscrite sur une autre banderole : « Vade, amplius noli precare. » L’agneau la regarde toujours et semble lui souffler ses paroles.

Les sujets ne sont pas rangés dans l’ordre chronologique, mais le suivant nous fait assister à la mort du fils du préfet. Son cadavre est au milieu de la scène sous les griffes du diable qui va s’en emparer. Agnès, debout d’un côté, contemple ce qu’elle a fait avec un mélange de fierté et de pitié; de l’autre, Symphronius fait un geste de désolation; une banderole flotte au milieu avec ces mots : « Quomodo cecidisti qui mane oriebaris. »

Le peintre n’a pas reproduit la résurrection, mais il nous montre Symphronius livrant lâchement la jeune fille à Aspasius, après lui avoir dit cette parole digne de Pilate, inscrite au-dessus : « Nichil invenio cause in eam. »

Enfin, nous assistons aux dernières péripéties de ce drame : Agnès est au milieu d’un bûcher dont les flammes s’écartent d’elle avec respect, et le bourreau, sur l’ordre d’Aspasius, qui préside au supplice, lui plonge le glaive dans la gorge Elle s’écrie : « In manus tuas , Domine, commendo spiritum meum. »

Comme dans les actes, le chapitre se termine ici. Sur la coupe elle-même, on commence alors à suivre un autre chapitre iconographique, celui qui raconte la vie glorieuse de notre vierge.

C'est d’abord l’ensevelissement, auquel assistent Emérentienne, les parents et les clercs chargés de la fonction; rien de triste dans la cérémonie, un cri d'allégresse éclate au-dessus du drap mortuaire comme il est marqué sur cette légende : « Ecce quem concupivi jam teneo. »

La haine la poursuit jusque dans la mort; les chrétiens qui venaient prier devant sa tombe risquent d’être lapidés ; seule la petite Emérentienne reste intrépidement; elle continue à prier sous les pierres qu’on lui lance, elle entend la voix de sa sœur qui l’appelle du ciel : « Veni, soror mea , mecum in gloria ! »

Toutes les scènes se passent désormais devant le glorieux sépulcre. La scène suivante représente les parents d’Agnès pendant la veille qu’ils y prolongeaient et pendant laquelle elle leur apparut dans une vision éclatante, accompagnée de vierges et toujours de son agneau ; elle les ravit et les console par ces deux mots : « Gaudete mecum. »

Près de ces reliques, toutes les misères se changent en bonheurs, toutes les tristesses en joies ; les malades affluent et s’en retournent guéris. Constance s’étend sur le sépulcre, elle s’y endort, Agnès lui apparaît et lui promet, si elle croit au Christ, qu’elle sera guérie. Constance croit, elle est délivrée et dans sa joie elle se jette aux pieds de son père pour le supplier d’élever une église à cette admirable vierge : « cette vierge, s’écrie-t-elle, qui mérite si bien d’être comptée parmi les sages : Hec est virgo sapiens una de numéro sapientium 1 » (Pl. XXI et XXII).

Oxford ( Dorsetshire ). — L 'île Sainte-Agnès a un phare et des rangées circulaires de pierres comme celles de Pile Saint-Martin. On y voit aussi, particularité assez remarquable, un rocher excavé à la surface en forme de bassin. Comme l’idée de punch se présente à l’esprit des marins anglais, on l’a appelé le Punch bond du Géant- .

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