Ruines de Pompei, II, pl. XLV1I
Voyez aussi Vitruve, dont les descriptions s’accordent bien avec ces ruines.
On y voit d’abord le baptisterium ou bain d’eau froide au milieu d’une petite cour à portique, la salle où l’on se dépouillait de ses vêtements, le vestiaire ou on les déposait, les salles à bains tempérés que l’on traversait avant de parvenir au caldarium, chambre voisine de l’hypocauste, qui pouvait le chauffer à outrance et rendre son air suffocant, même mortel, comme on essaya de le faire pour Cécile. Dans le plan de Mazois cette chambre est terminée par une partie circulaire, que remplace peut-être au Transtévère la partie carrée; peut-être était-ce ce réduit où se dressaient les chaises de marbre à l’usage des baigneurs*.
Cette niche carrée est occupée aujourd’hui par l’autel, formé de colonnettes du xrve siècle sur lesquelles s’étend une grande dalle de 2 mètres de long, 90 centimètres de large et 1 1 centimètres d’épaisseur. Elle contraste pour la grossièreté avec ses points d’appui; en effet, la tradition nous apprend qu’elle aurait reçu le sang de la vierge.
D’après les monuments antiques, ce bain devait être relégué au fond du palais ou dans les soubassements (voy. Mazois). Son niveau ne permet que la première hypothèse, et nous devons croire qu’avant d’y parvenir il fallait traverser les vestibules, les atria, les appartements qui s’étendaient depuis la rue jusqu’aux abords de l’église, dans la vaste cour aujourd’hui si dépouillée.
Cette magnifique demeure, qui devint témoin de la mort héroïque de Cécile, était convoitée par le fisc; la martyre, pour la soustraire, n’avait d’autre moyen que d’en céder à temps la propriété à une personne de confiance'2; elle arrêta son choix sur Gordien, un des nouveaux baptisés. Ce fut avec ce patricien, décoré du titre de clarissime, que, libre encore, elle passa le contrat qui garan-
1. Pour les exemples d’hypocauste on peut étudier ceux de Port-Aurèle, près de Saint-Brieuc (Bull, mon., i852, p. 332), les bains de Senon (Meuse) où l’on voit, comme à Sainte-Cécile, la chaleur pénétrant le long des murs par des briques creuses (Id., p. 370), ceux de Neuville-sur- Seine (Id., 1854, p. 55; i865, p. 1 3), ceux de Trignère, près de Saint-Etienne (Id., 1 863, p. 405), ceux de Drevant (Cher) (Id., 1866, p. 104), de Sermerieu (Id., p. 827), ceux de Genner (Sarthe) (Id., i858, p. 1 1 7), ceux de Cimie p où l’on voit le long des murs double rang de tuyaux (Id., 1875, p. 375) ; en Allemagne, ceux de Nussdorf ( Jahrbuch der K. K. central Commission, 1 vol., 1860), etc.