D. Guéranger
nous sommes transporté pour faire la restauration dont on trouvera l’essai sur nos planches. Il est utile de joindre à ces dessins quelques lignes d’explication et de description. Sur le plan général (pl. III) on verra que, devant l’église, s’élevaient au moyen âge des maisons pourvues de portiques dont une (appelée par le peuple celle d’Horatius Codés), ou naquit Jules Romain1, existe encore (pl. XIV).
A l’entrée de l’atrium j’ai supposé un petit auvent soutenu par deux colonnes, comme les monastères romains du moyen âge en avaient souvent et comme Sainl-Clément, San-Cosimato, Sainte- Praxède, etc., nous l’ont conservé; il est indiqué, au xiv0 siècle, sur la fresque de Sienne et surtout sur une gravure sur bois des merveilles de la ville de Rome, imprimée en 1668. Je pense que le portique intérieur doit être supposé en sus et qu’il y avait des chambres en avant, car on aperçoit deux fenêtres qui font présumer le besoin de jour. On y verra qüe le mur de face est démantelé, état postérieur à Sfondrate qui dut enlever les dernières colonnes de l’atrium (pl. XIV). I,e canthare est encore au milieu de la cour. Lorsque le seuil était franchi, on devait entrer dans un petit vestibule qui donnait accès au logement du portier, aux salles pour les hôtes. Dans l’église des Quattro-Coronati2, le palais du cardinal titulaire s’ouvrait aux abords; peut-être en était-il de même ici près de l’entrée et à gauche.
On pénétrait ensuite dans un vaste atrium de forme oblongue, entouré de portiques. Celui du fond, attenant à l’église, et dont nous avons parlé3 4, est fermé par des colonnes architravées ; mais ceux des autres côtés, composés d’arcades de dimensions moindres, ont disparu.
Au milieu de l’atrium s’élevait le beau canthare antique que Fuga relégua, en 1725, sur un des côtés de la cour.
On observera que les deux murs de la cour aboutissent aujourd’hui à des distances différentes sur la façade de l’église, en y formant des écoinçons de grandeurs inégales. Les murs de refend du portique sont anciens, puisqu’ils portaient des peintures du xne siècle; on ne peut donc con-