‹ Archéologie chrétienne. Les saints de la messe et leurs monuments (volume 3)Chapitre 50 sur 343 · D’Agincourt, Histoire de l'art · texte numérisé non relu

D’Agincourt, Histoire de l'art

les peintures étaient étagées sur deux rangs; cependant, dans la partie à gauche, l’aquarelliste n’a copié que celles du haut, celles inférieures étant sans doute déjà ruinées en 1 63o. Il nous y montre un martyr étendu sur des fragments de verre, un saint exposé aux bêtes, saint Laurent sur son gril, enfin saint Etienne auquel Notre-Seigneur apparaît dans un cercle de lumière.

Après la porte principale, toute la partie de droite était consacrée à l’histoire de Cécile, qui paraît avoir été alors presque toute disposée sur les deux rangées. Le premier panneau représente les noces : Cécile, au bout de la table, porte une tunique verte, surplis d’or orné et soutaché de bandes noires, une collerette noire festonnée; elle a les cheveux blonds, nimbés; elle pose les pieds sur un escabeau. Autour de la table les convives font des gestes d’allocution et des souhaits de bonheur à la nouvelle épouse. Derrière, trois pavillons élancés, reliés par des portiques, donnent l’indication sommaire du palais. Le fond est bleu. A côté, et faisant peut-être partie du même compartiment, on avait figuré l’entretien des jeunes époux. Valérien a une tunique verte, une chlamyde rouge. Le fond des arcades est noir (pl. VI.)

Valérien, persuadé par les paroles de l’héroïque vierge, s’empresse d’obéir; il est à cheval et s’élance vers le lieu qu’elle lui a indiqué pour son baptême. La fresque manquait en avant.

Il est arrivé; il se plonge dans la cuve baptismale. Saint Urbain, vêtu d’une ample chasuble rouge, du pallium, coiffé d’une mitre basse, lui impose les mains; il est accompagné d’un autre prêtre habillé comme lui. Près de Valérien, deux assistants portent l’ampoule pour l’infusion de l’eau et la tunique du jeune homme. A gauche paraît un personnage agenouillé, dont le haut du corps avait disparu.

Valérien revient dans la chambre nuptiale, impatient de voir réaliser la promesse de Cécile; l’ange se révèle; il fait asseoir les deux époux, se place au milieu d’eux, déploie ses ailes et leur impose solennellement les mains. Pour la première fois Valérien est nimbé ; il porte le costume militaire, justaucorps vert, manteau blanc. Cette scène me parait une des mieux entendues, comme composition, gravité mystique et symétrie pittoresque (pl. VII).

La suite de l’histoire semble interrompue après

ROME. — TRANSTÉVÈRE

ce tableau. Tiburce, le martyre des deux frères sont omis. 11 doit, en effet, manquer deux panneaux dans la collection d’aquarelles de Barberini. On voit sur la fresque de l’entretien, dans celle du baptême de Valérien, des parties carrées réservées dans le haut par le peintre ; j’explique cette interruption en supposant qu’elles marquent les places des entraits de la charpente du portique ou des consoles qui en soulageaient les portées. Nous avons, suivant cette idée, essayé de ranger les divers panneaux en les mettant à l’échelle, et, d’après ce rangement, nous avons constaté vers l’angle du portique un vide que ces sujets devaient occuper.

En descendant à la seconde rangée, nous trouvons d’abord Cécile prêchant les gardes; plus grande que les assistants, dans son même et riche costume, dans l’attitude d’une orante, elle occupe une place magistrale. Nous supposons à côté le martyre de Cécile, agenouillée devant le bourreau qui lève le glaive (pl. VIII).

La fresque conservée dans l’église était appliquée tout de suite après la petite porte. Le tableau, selon un usage fréquent au moyen âge, renferme à la fois deux scènes : celle de l’ensevelissement de Cécile par saint Urbain et divers personnages portant des vases d’argent, celle de la vision de Pascal endormi sur la cathedra et apercevant la vierge1. Le pontife porte une dalmatique d’or avec claves noirs, une chape rouge, une mitre blanche avec infules, et peut-être au-dessous une coiffe rouge. Cécile, dont on distingue mieux ici le costume que sur les copies de Barberini, a sur la tête un élégant turban relié par des bandelettes et retenant les ondes de ses cheveux blonds, une tunique verte, un surplis d’or richement broché, à larges manches, bordure noire et perlée; elle a un superhuméral de même façon, une ceinture noire à laquelle pend une bande noire et perlée, enfin un manteau rouge rejeté sur l’épaule gauche. Le fragment de cette fresque que nous possédons a i m, 3q de large; mais elle nous fait défaut pour la partie derrière le pape, dont il nous faut demander le souvenir à la gravure de Bosio, ainsi que pour l’inscription métrique tracée au bas du tableau et qui en expliquait le sens aux specta-

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