ROME. — DIVERS
pontife porte lui-même le corps qu’il présente au fossoyeur dans l’excavation funéraire.
Sous le crucifiement qui fait partie de ces peintures, à la porte d’entrée, on lit cette inscription :
+ BONIZZO, FRT. A. X '.PI. MXI.
On a beaucoup discuté cette date; cependant je ne vois pas dans ces fresques des caractères assez éloignés pour la croire apocryphe ; je sais que certains traits, notamment la flagellation à la colonne, militent pour une époque plus récente; d’autre part, les pieds séparés dti Sauveur crucifié, les bonnets phrygiens des Mages appartiennent à l’art roman *. Je sais aussi que des retouches fâcheuses ont été faites en 1634; mais j’ai calqué à la chambre claire Revoil plusieurs de ces figures et, si j’ai observé, pour parler seulement de l’Adoration des Mages, que la figure de la sainte Vierge et de l’Enfant étaient repeintes, la mitre des Mages est intacte. Le nom de Bonizzo, par la consonance, non plus que le style de ces peintures, ne me paraît pas appartenir au xnie siècle et doit les reporter à une époque antérieure.
Saint- Laurent-hors-les-Murs. — D’Agincourt 2 raconte qu'en 1780, pendant qu’on déblayait l’antique narthex de Saint-Laurent-hors-les-Murs, on découvrit plusieurs fresques et une d’elles en sa présence. Du nombre de ces images était celle de sainte Cécile qu’il rapporte dans ses planches, en marquant une détérioration de la peinture sur la poitrine de la sainte. Ce fragment la représentait à peu près grandeur nature, couronnée, nimbée, en cheveux, avec rivière de perles, portant une dalmatique jaune clair, ornée au col et aux manches de zones de gemmes et de perles; elle relève, pour porter sa seconde couronne, les plis d’un manteau vert, jeté sur l’épaule gauche et sous lequel elle voile ses mains. Le fond de la fresque vert foncé laissait encore voir cette inscription : S. Cecilia.
Cette peinture, retrouvée à la fin du siècle dernier, fut de nouveau perdue de vue et ne revint au jour qu’en 1848. Lorsque M. Perret3, d’après lequel nous en donnons la gravure, les copia, ces figures étaient encore assez bien conservées; elles souffrirent beaucoup de l’humidité et je me rap-