Pasini, Guida, p
Orient, leurs inscriptions latines prouvent que leur destination était dès l’origine pour la place où nous les voyons aujourd’hui. Chaque vantail est partagé en huit rangées dont chacune comprend trois panneaux; les trois d’en haut et les trois d’en bas sont décorés de figures en relief, mais dans tous les autres les figures sont traitées en niellé avec remplissage d’argent. Sainte Cécile occupe la septième rangée du second vantail, entre saint Nicolas et saint Pantaléon; elle a om,37 de haut1. Si ce n’était l’inscription Sca Cecilia , on la prendrait pour une Madone byzantine du type si connu au pied de la croix, avec la longue tunique, le voile et le manteau dont elle relève les plis en tendant les bras. Cette image est dans un état fort détérioré, les incrustations d’argent ont presque partout disparu (pl. XXIX).
Cet ouvrage, si analogue aux portes de Saint- Paul-hors-les-Murs et de Monte San-Angelo, commandées par Pantaléon à Constantinople, me paraît avoir la même date et la même histoire. Les dates de ces monuments, 10702 et 10763, nous rapprocheraient de l’inscription que nous citions tout à l’heure. Cependant l’inscription qu'on y lit : « Léo de Molino hoc opus fieri jussit 4 » et qui mentionne un procurateur de 1 1 12, nous reporte aux premières années du xnc siècle. Elle ne veut pas dire que l’ouvrage ait été exécuté à Venise, je crois plutôt que Leone da Molino fit comme le Romain Pantaléon et commanda à des artistes byzantins ce bronze qui garde si bien leur empreinte 5.
Une troisième image de sainte Cécile, mais qui n’est pas antérieure au xive siècle, est une des statuettes de marbre blanc couronnant l’architrave de l’iconostase à la chapelle Saint-Pierre6.
Nous croyons pouvoir ranger, parmi les images vénitiennes de sainte Cécile, la miniature qu’on voit figurée sur un diptyque du musée de Berne, longtemps appelé « autel de Charles le Téméraire » et que la tradition montrait comme un
1. M. Pasini a eu l’obligeance de nous en fournir un estampage.
Cette image a été publiée dans le Jahrbuch der K. K. central Commission, IV, p. 227.