BAPTÊME DE NOTR E - SEIGN EU R
Jean habita le désert un quart de siècle afin de se préserver, loin du monde, des plus légères souillures ; c’est ce que chante l’Église dans son office :
« Aiitra deserti, tencris siih ajinis « Civiiim ftinnas fiigicns , pefisti « Ne levi passes macnJare vitani « Crimine linguæ. »
Là, dit saint Jérôme, l’air est plus pur, le ciel plus ouvert. Dieu plus familier, là comme dans un nouvel Eden Jean converse avec les anges. En quoi, ajoutait Jean Chrysostome, Elie, Elisée et Jean-Baptiste diflféraient-ils des anges ?
Saint Luc nous apprend que Jean était dans les déserts, ce qui prouve qu’il ne passa pas tout le temps dans le même lieu. Les traditions de la Palestine en marquent plusieurs, notamment celui d’Hébron. L’un porte encore aujourd’hui le nom de Désert de saint Jean, on y montre une grotte qui lui servait d’asile.
Les artistes se sont emparés de cette pure et solitaire figure de saint Jean, ils nous le montrent couvert d’une peau de chameau, pourvu de longs cheveux dont les mèches retombent en désordre sur son dos, grand, maigre, élancé, d’un aspect mêlé de douceur et de fierté, d'une beauté que les mortifications n’avaient pas détruite ou même à laquelle, par un mystère de la douleur volontaire, elles avaient mêlé jè ne sais quel reflet céleste. Telle elle a été rappelée par les peintres qui l’ont comprise, idéal que malheureusement tous n’ont pas atteint.
Quelquefois Jean est représenté, surtout chez les Grecs, muni d’ailes d’ange, pour rappeler les mots de l’évangile: « voilà que j’envoie mon ange devant votre face». Je citerai un ivoire publié par Passeri iPl. XV) qui datait du xiii® ou xiv® siècle *, un tableau de Montpellier qui dut venir en France après la prise de Constantinople et un autel dont il ne reste plus qu’un fragment à Saint-Jean de Maurienne, et dans lequel une aile doit avoir appartenu au saint précurseur, dont on voit de côté représenté un sujet de la vie. Paciaudi en a rapporté aussi un exemple d’après les menées grecques (p. 192).