BAPTÊME DE NOTRE - SEIGNEUR
de chameau, la verge, l’ange tenant les manipules, la Colombe et, donnée nouvelle, un cerf qui s’abreuve aux ondes d’un fleuve que le Sauveur venait de consacrer. La dévotion pour les eaux du Jourdain nous offre ici un de ses anciens monuments.
ANaples, à S.-Gennaro-dei-Poveri, le baptême a été représenté alors avec les anges, la colombe, le cercle divin qui sont bien conservés; malheureusement les personnes de Jésus et de Jean sont très mutilées ; les stucs en tombant ont découvert une peinture antique.
M.Strzygowski (PI. VIII) publie plusieurs images de ce temps, tirées des musées de Paris, de Londres, de Berlin qui accusent une grande barbarie.
II nous donne dans son recueil si complet une miniature d’Autun pour le ix® siècle ; on y remarque l’importance de la Colombe.
Nous rattachons à la fin de la période carlovingienne, c’est-à-dire aux derniers échelons du dessin, la miniature de Brescia. (PL V.)
Epoque Romane primitive. — L’Evangéliaire d’Egbert à Trêves représente le x® siècle dans une miniature assez barbare, le Sauveur figuré sous une dimension très restreinte, saint Jean et les deux anges d’une stature beaucoup plus grande, audessus la colombe qui descend dans un effluve céleste.
A Munich nous trouvons deux représentations contemporaines de l’empereur saint Henri, une miniature d’un évangéliaire avec le Sauveur représenté d’une façon bizarre avec des poissons, saint Jean, les anges, la colombe qui sort de cercles étoilés. Nous avons dessiné ’ aussi à la bibliothèque de cette ville un ivoire qui représente la scène avec tous les éléments iconographiques. Dans le bas, Jésus plongé à mi-corps dans le fleuve, à droite Jean qui se prépare à lui imposer les mains et qui tient le bas de son manteau, à gauche un ange tenant la tunique, au-dessus la colombe versant les divins effluves, la main éternelle et de côté le jour, la nuit et le chœur des anges.
M. Strzygowski rapproche de ces images un ivoire du trésor d’Agram très barbare ; la tête du Christ porte une croix qui ne se rattache pas au
nimbe ; par derrière on distingue les assistants ; il rappelle des représentations de Bruxelles, de Cologne, Bambourg, Munich.
La porte de Saint-Paul de Rome conserve un baptême dessiné sur le bronze, selon les données ordinaires. Le Jourdain est figuré sur une petite échelle.
Notre curieux manuscrit de Pi;üm ' (Latin 9448) nous présente un baptême sous un aspect singulier. Le Sauveur est plongé dans le fleuve qui a deux sources séparées, figurées par deux allégories et deux urnes sur chacune desquelles on lit une partie du mot Les anges sont remplacés par deux assistants.
Nous avons gravé dans l’évangile auprès de cette miniature celle du missel de Limoges, on y voit de même séparées les origines du fleuve.
N’oublions pas un des meilleurs ouvrages du XI® siècle, l’évangéliaire de la bibliothèque Nationale (Latin 17525, f® 22) (PL VI) où saint Jean, couvert de la peau de chameau, impose la main au Sauveur, pendant que deux anges à gauche tiennent le vêtement.’^ Au-dessus de la Colombe, dans le cercle, un beau buste qui, malgré son nimbe crucifère, représente Dieu le Père.
Pour les Grecs et le xi® siècle nous citerons un manuscrit de saint Grégoire de Nazianze (grec, 533 550) le riche évangéliairee 74 dans lesquels
nous retrouvons les éléments ordinaires. Notons que dans le 74 le nombre des anges est augmenté. Dans ces scènes le peintre a figuré en avant une petite croix montée sur des degrés que l’on retrouve aux portes de Saint-Paul, à la Pala d’oro de Venise, sur une couverture d’ivoire de Munich.
Nous avons gravé (PI. VII) une peinture d’un évangéliaire géorgien qui nous a été communiqué par le prince Gagarine, et dans laquelle les gestes exagérés des personnages marquent une époque barbare. Dans le bas les baptisés ôtent ou remettent leurs vêtements, au sommet un groupe d’anges ouvre solennellement les portes du paradis.
Dans le nombre des œuvres grossières orientales nous avons rangé un évangéliaire copte aussi du XI®, mais dont la composition échappe à l’influence byzantine. Le Sauveur et saint Jean sont placés à gauche dans le Jourdain. La Colombe descend du