‹ Archéologie chrétienne. Les saints de la messe et leurs monumentsChapitre 181 sur 203 · CAPTIVITÉ · texte numérisé non relu

CAPTIVITÉ

Nous ne connaissons pas de représentation fort ancienne de l’ambassade des deux disciples de Jean vers Notre-Seigneur ; nous pouvons citer comme une des premières et des plus correctes comme dessin celle de notre manuscrit Italien 1 1 5, simplement faite au trait. Les deux envoyés se présentent devant le Sauveur qui semble les accueillir avec bonté, il a derrière lui deux apôtres et une foule qui les suit, où l’artiste a multiplié les costumes du xiii® siècle.

Au XIII® siècle se réfère aussi la mosaïque du baptistère de Florence. Saint Jean apparaît au milieu, dans une sorte de chapelle fermée par des grilles ; il fait de la droite un geste d’allocution et tient de la gauche une croix archiépiscopale ; de chaque côté s’ouvrent les volets de l’édicule, devant l’un se tient le soldat qui est de garde, devant l’autre les deux envoyés auxquels le saint donne ses instructions. Sur le tableau à droite on voit encore saint Jean dans sa prison, ses disciples sont partis à la hâte. Dansl’entre-colonnement voisin on les voit parvenus auprès du Sauveur entouré de malades auxquels il rend la santé ; ils assistent à ses merveilles, la plus éclatante des réponses qu’ils puissent rapporter.

Ces peintures ne sont pas la seule histoire que possède le baptistère, le premier des monuments qui célèbre la gloire de saint Jean, « niio hcl San Giovanni », nous avons encore la porte de bronze d’André de Pise (1330), située sur la face méridionale. On y voit l’apparition de l’archange à Zacharie, son mutisme, la visitation, la naissance de saint Jean, saint Jean dans le désert, ses prédications, ses baptêmes, le baptême du Christ ; Jean se présente hardiment devant Hérode auquel il reproche son crime, il est jeté en prison, il envoie ses missionnaires vers Jésus, Jésus leur répond, on voit l’affreux festin d’Hérode, la décollation, le saint chef et l’ensevelissement. Pour ne parler que du sujet qui nous occupe, la prison est figurée sous forme d’un édicule grillé, les disciples qui s’inclinent pour entendre les paroles du maître, et à droite la réception que fait le Sauveur aux envoyés. Ces sujets de demi-relief sont encadrés dans des quatre-lobes, ils sont supportés par une moulure avec consoles. Cette porte était jadis dorée. Je ne crois pas être contredit en signalant ce bronze comme un chef-d’œuvre incomparable ;

il renferme des qualités de dessin, de naïveté, de grâce, que je ne retrouve nulle part ailleurs chez les modernes’.

Le maître-autel de Monza est couvert d’un riche paliotto d’argent qui a i m. 03 de haut et 2 m. 56 de large ; on y voit la prison de Jean représentée sous la forme d’une petite tour grillée. Mais il est du XVI® siècle et échappe par son âge à nos études

La prison de saint Jean est représentée sur un florin de Florence.

LIérodiade (PL X et XI). — La cruelle Hérodiade cherchait toutes les occasions d’exercer sa vengeance contre Jean ; elle finit par y parvenir. Hérode pour fêter le jour de sa naissance donna un festin aux grands de sa cour, aux tribuns et aux principaux de Galilée. La fille d’Hérodiade étant entrée dans la salle se mit à danser et elle plut tellement au roi qu’il lui dit; « Demande-moi tout ce que tu voudras et je te le donnerai. » Il lui jura qu’il lui donnerait même la moitié de son ro- 3'aume.

Étant sortie elle dit à sa mère : Que demanderai-je i Sa mère lui répondit : La tête de Jean-Baptiste. Le roi fut contristé, cependant à cause de son serment et à cause de ceux qui étaient à table avec lui, il ne voulut pas la refuser et commanda qu’on la lui donnât. Il envoya un de ses gardes qui le décapita dans la prison et qui apporta sa tête dans un bassin et la donna à la jeune fille, et la jeune fille à sa mère. C’est ainsi en peu de lignes que l’Evangile nous raconte ce forfait.

Les plus anciennes représentations que nous en connaissions sont deux grandes miniatures d’un évangéliaire de Chartres, du ix® siècle et du dessin le plus grossier. En haut, Hérode est à table entre deux femmes. En bas, la fille d’Hérodiade danse à côté du bourreau qui s’apprête à couper la tête de saint Jean. Sur l’autre page la même jeune fille apporte dans un plat la tête du Précurseur, audessous deux hommes portentun cercueil sur leurs épaules. (Bibliothèque Nationale, latin 9386.)

Nous citerons pour le xi® siècle, le manuscrit grec 74 qui nous montre le festin, le saint décapité, la jeune fille tenant la tête. Au F 75 cette

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