‹ Archéologie chrétienne. Les saints de la messe et leurs monumentsChapitre 187 sur 203 · JoAN., I, 29 et · texte numérisé non relu

JoAN., I, 29 et

de joie, glorifions-le, car voici les noces de l’Agneau et son épouse s’est préparée pour lui.

L’humanité ravie ne cesse plus de figurer l’objet de son amour.

Une légende rapportée par les actes de saint Clément nous montre un Agneau faisant surgir une source, tableau qui rappelle l’Agneau debout sur le tertre d’où sortent les quatre rivières.

Dans le baptistère de Saint-Jean de Latran un Agneau d’or, splendide présent de Constantin, est placé sur les fonts.

Au iv*^ siècle le sarcophage de Junius Bassus (359) nous offre dans ses tympans l’Agneau mis à la place du Christ, multipliant les pains, baptisant, enfin ressuscitant Lazare, etc'. (PL XIII). Sur d’autres sarcophages l’Agneau est représenté à côté de Jésus.

Pour le v° siècle saluons la suave mosaïque de l’oratoire de saint Jean Evangéliste^ où l’Agneau est environné d’une couronne de lauriers, de lis,

I. I). Ant. DK Waal, Romische qnartalsclirlft fur chriüichc alterthuntsknuste , 1896.

2 Le Latran au nioycn-âge, p. 511.

AGNEAU DE DIEU

d’épis et de pampres, à Milan une couverture d’ivoire du même genre et de la même époque. Saint Ambroise avait fait peindre un Agneau dans son église.

Saint Paulin le dépassa dans l’essor qu’il donne à l’iconographie et à son symbolisme. A la basilique de Fondi l’inscription qu’il traça sur la mosaïque suffit avec les monuments contemporains pour ranimer la peinture sous nos yeux ; au milieu s’élevait la croix dans un bois rempli de fleurs et de fruits (floriferi nemns paradisi), au sommet la sainte Colombe y versait ses effluves divins. Sous la croix était disposé le trône souverain dont s’approchait à droite la troupe des agneaux qui sont accueillis ; à gauche celle de boucs qui sont repoussés (circionstaiif soliimi). Devant le pied de la croix l’Agneau divin est debout sur la montagne des fleuves mystiques {suh cruce sfat Christiis in agno).

Dans une de ses basiliques de Noie saint Paulin avait déjà orné l’abside d’une mosaïque de la même composition, mais avec quelques traits différents ; il voulut y représenter le mystère complet de la Sainte Trinité, à l’époque où les arien s l’attaquaient ; il plaça au sommet la main divine, image de Dieu le Père, au-dessous l’Esprit-Saint figuré par une colombe, au-dessous la croix enrichie de pierreries et entourée d’une auréole lumineuse (cruccni corona htcido cingit gloho) et ornée de 12 colombes souvenir des apôtres {cui coronœ sitni corona apostoli) ; enfin au pied de cette croix, il met l’Agneau, victime du saint sixcnücQ (sanctani fatenîiir cnix ci Agniis victimaniy .

Nous avons essayé une restauration de ces mosaïques, et groupé autour les divers monuments contemporains que les textes de saint Paulin ramènent à la mémoire. (PI. XIX.)

Parmi les monumentsantiques nous rappellerons le linteau de porte à Saint-Paul-hors-les-Murs où l’Agneau est figuré entre une croix et un chrisme^, un verre doré du Vatican, la frise de Saint-Côme et Damien, souvenir de l’apocalypse où l’Agneau divin sur un monticule domine les agneaux apostoliques. (PI. XX.)

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