Baye, Châsse de la cathédrale d’Astorga
AGNEAU DE DIEU
I.es sculptures du ciborium de Saint-Marc de Venise que nous attribuons au x® siècle nous od'rent une traduction du symbolisme des plus claires, en nous montrant l’Agneau placé sur la croix à la place du Sauveur lui-même. Un basrelief de la même église encastré sur la façade septentrionale présente l’Agneau divin et les agneaux apostoliques'.
A l’époque où nous arrivons la croix n’est plus seulement Un souvenir de souffrance, elle devient un attribut de gloire et de puissance, elle est figurée triomphante et l’Agneau la tient en guise de sceptre. Nous pouvons citer de cette nouvelle pensée des monuments importants tels que l’autel de Sainte-Marie-Aventine à Rome-, le manuscrit de Prudence (Bibl. Nat., 8os). L’autel portatif de Modène, retouché aux xiP et xiv® siècles, mais qui doit remonter à une époque antérieure et sur lequel l’Agneau est au centre d’une croix, chargé de la lance et des clous
A la fin du x® siècle nous voyons introduire dans l’iconographie d’autres innovations comme dans l’intéressante miniature de la bibliothèque d’Aschaffenburg où l’Eglise recueille dans un calice le sang de l’Agneau (PI. XXIV.)
Le manuscrit de Cambrai (364), (PL XXII et XXIILi, mérite une étude spéciale dans celle des images de l’Agneau, il contient une illustration de l’apocalypse et une multitude de miniatures. Nous le voyons apparaître (P 12 et 14,'' dans un médaillon et accompagné des animaux évangéliques; à la page 30 il est figuré sur une roche escarpée, il domine la foule immense qui porte le nom divin sur le front, foule virginale de ceux qui sont restés étrangers aux femmes, qui n’ont connu aucune tache ni aucun mensonge; à la page 43, l’Agneau occupe le centre de la cité, etlui sert de lampe : Liiccnia estAgnus (xxi, 22,33), il tient la croix et derrière lui s’épanouissent les rameaux touffus d’un arbre qui débordent au-delà des murailles urbaines. Nous avons emprunté de nombreuses miniatures à ce codex que nous