CHAPITRE PREMIER
l’index. Dans l’iconographie moderne, c’est une grande boucle ornée de trois flammes (soudar).
Tels sont les emblèmes principaux de Siva. Mais on peut citer encore : \° une sorte de petit soulam appelé pâçoupata dont le nom est dérivé du mot sanscrit paçoupati (le maître des créatures vivantes, épithète de Siva) ; 2“ l’écuelle qui renferme le feu (ti) ; 3“ le nuage formant drapeau, d’où le nom de Jîmûtakêtu (Siva) ; 4° l’écuelle du mendiant (en tamoul : cahalam, du sanscrit kapâla).
Enfin, nous en avons donné la raison, Siva est vêtu d’une peau de tigre.
Mounmoûrti ou Trimûrti. — Nous avons dit que dans le Sud de l’Inde, Siva est considéré comme le Dieu suprême ; la planche IV représente un sujet qui montre bien que, pour les Saïvas, Brabmâ et Vichnou sont des divinités consubstantielles de Siva, mais inférieures à celui-ci.
Siva est au milieu et n’a qu’une seule jambe, de son côté j gauche sort Vichnou qui n’a que la jambe gauche, et du côté droit de Siva sort Brahma qui n’a que la jambe droite. Vichnou et Brahma semblent émaner de la substance même de Siva-
Historique. — Ce sujet a été vu par Langlès {Monuments de l' Hindoustan) dans le Poudou mandapam de Madura.
Nous ne l’avons jamais rencontré dans des monuments plus anciens.
Dans les monuments des vi^ et vu' siècles, on voit très souvent l’image de Siva ayant Brahma à sa droite et Vichnou à sa gauche, mais ces deux derniers apparaissent comme des acolytes et des subalternes. Il est à remarquer que dans les anciens temples sivaïtes (des Avatars et Kaïlâsa à Ellora, Kaïlàsanatha à Kahchîpuram) la partie gauche du temple est consacrée à l’iconographie vichnouïte.
l’iconographie sivaïte
Il ne serait pas impossible qu’au vi® ou vu* siècle on ait songé à une trinilé : les Hindous auraient pu s’inspirer des trinités bouddhiques et même des trinités égyptienne ou chrétienne. Toutefois, ce n’est que dans l’iconographie moderne que le dogme de la Irinité se trouve exprimé d’une façon très nette comme nous venons de le voir (I).
Dans l’iconographie hindouiste on représente quelquefois Siva avec trois visages (Trimukha) tel qu’il était dans la forêt de Darouka près de Maïvaram.
Plus souvent le Dieu a cinq visages (Panca-mukha).
C’est, très probablement, à tort que l’on a donné le nom de « Trimourti cave » aux trois cellules qu’on trouve au nord du groupe de Mavalipuram. Nous avons dit précédemment que la cellule septentrionale ne contient pas, comme on le prétend, l’image de Brahma, et nous pensons plutôt que la sculpture représente Soubramaniar. Nous croyons en effet, pouvoir affirmer que Brahma est toujours représenté avec trois visages. Or, l’image en question n’a qu’une seule tête et elle est à peu près semblable à celle d’une cave de T ri-
(1) On ne voit jamais dans les temples anciens un seul Dieu à trois têtes représentant Vichnou, Siva et Brahmâ. Dans la cave d Eléphanta il existe une colossale image d’un Dieu à trois visages qui est très connu sous le nom de Trimourti.
Quelques auteurs (par exemple Langlès) ont douté du bien fondé de cette interprétation ; mais comme cette image est un peu dégradée, il serait difficile de se prononcer.
Le doute n’est plus permis, si au lieu de se borner à la cave d’Eléphanta, on étudie l’iconographie des caves d’Ellora. On y retrouvera cette même image en plusieurs endroits, notamment au sanctuaire de la partie du Kaïlâsa appelée Lankeçvara. En examinant ces sculptures mieux conservées, on pourra s'assurer que le sujet représente un Siva à trois visages. 11 est possible que le Dieu est considéré ici comme créateur, conservateur et destructeur ; en tous cas, il ne porte aucun des insignes de Vichnou et de Brahmà, mais seulement ceux de Siva.
Il est probable que cette image était à la mode dans la région de Bombay au ix' siècle.