‹ Archéologie du sud de l'IndeChapitre 14 sur 85 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Nadeça [maître de danse), Nadarâja [roi de la danse) (1).

Siva est très fréquemment représenté dansant le « tândava ». La légende suivante en donne la raison :

Siva et Kâlî (son épouse) se querellèrent un jour au sujet de leur talent dans l’art de la danse, chacun d’eux prétendant qu’il dansait mieux que l’autre. Ils prirent Vichnou pour arbitre. Kâlî imitait si parfaitement les gestes de son époux que Vichnou ne distinguait aucune différence, et se trouvait dans l’impossibilité de se prononcer. Mais Siva eut recours à un stratagème : il leva la jambe bien plus haut que la pudeur ne pouvait le permettre à une femme. Kâlî n’osa l’imiter, et Siva fut déclaré vainqueur.

De nos jours, Siva dansant le « tândava » est représenté de plusieurs manières. On voit quelquefois le Dieu dans un mouvement désordonné levant une jambe jusqu’à la hauteur de la tête. Mais l’image la plus universellement répandue dans le Sud de l’Inde, c’est celle qui est adorée à Chidambaram (PI. Vil) .

La particularité de cette image est la position de la jambe (kàl) et du bras gauches, qui sont lancés presque horizontalement de l’autre côté.

Le Dieu danse de nos jours au milieu d’un « tirouatchi » presque circulaire, et orné (comme tous les tirouatchis) de motifs ressemblant à des flammes.

Le Dieu a les cheveux épars et décorés du croissant de la lune. La figure de Ganga apparaît au milieu de la touffe de nattes (jatà) relevées sur la tête.

Des quatre bras, le bras droit d’arrière porte le tambour (oudoukaï) orné de serpents; la seconde main droite est levée, l’extrémité des doigts dirigée vers le haut dans la i)osition appelée abhaya-hastam. L’un des bras gauches tient une écuelle contenant le feu sacré (ti) et l’au tre bras gauche est porté en avant.

(î) Appelé aussi Nacleçvara, Dieu de la danse.

Nadeça vient du sanscrit Naleça ; Nadarâja du sanscrit Natarâja.

Pi .AXCIIE VI! ^

ifoME H

Nadaràja. iSiva dansant'. Ima;e mjJertc.

To.mk 11

Planciik

A. — Siva dansant (cave •'< Rameçvaram a Ellora, Vl“ sièclel.

B. — - Siva écorchant l’éléphant (cave » Dhumar Léna » a tllora, IX'' siècle).

l’iconographie SIVAÏTE

Le Dieu est vêtu d’une peau de tigre.

Ses foulards (ouroumalé, vastéran^ sont faits de serpents et de tètes humaines (munda-mâlâ). Il a le pied gauche levé et le pied droit est posé sur un géant (asura) appelé « Assamandja ') ou Vyâdhi (le roi des maladies) qui est à plat ventre, terrassé par le Dieu, et tient à la main un serpent. L’antilope (mâne) saute à son côté.

Des Gandrouvers (Gandharvas) volent dans l’air, tandis que des musiciens (Kinnaras) forment tout un orchestre pour la danse du Dieu. Les uns frappent sur des tambours (dole), frappés avec la main ou des tambourins (nagar) frappés avec des baguettes : d’autres musiciens jouent de la musette (lourti), des cymbales (talam), et toutes sortes d’instruments du genre de la clarinette (nagassaran, otou) ou du cor (bouri, combou, toutaré, carna, pilancojel).

A la gauche du Dieu, se tient Bhadra-Kàlî, son épouse, et à sa droite Vicbnou constate la supériorité de Siva sur Kàlî dans l’art de la danse, et bat du tambour.

Autour de Siva, ses adorateurs dont nous parlerons plus loin : Pandanjéli, le Dieu à corps de serpent; Viagrapadar, le tigre-pied ; Nandiguessourer, à tête de bœuf ; Bringui, aux trois jambes ; Koundôdara; les grands docteurs sivaïtes : Appar, Mânikiavâtchakâ, Sambandar, Soundarar. Enfin, les brabmes appartenant à la très belle et très illustre caste des Dikshitars, vouée spécialement au culte de Chidambaramùrti (Nadésa).

Il n’y a pas dans toute l’Inde du Sud, de sanctuaire plus vénéré que celui de Chidambaram, et des pèlerins innombrables y viennent porter leurs offrandes.

A Madura, à Srirangam, les brabmes interdisent l’accès des enceintes centrales. Il n’en est pas ainsi à Cbidambaram : on peut pénétrer jusqu’auprès du célèbre « Sabha », le « Kanaka », le temple d’or, et apercevoir à quelques mètres de soi la statue de Sabapatbi (Nadaràja), Dieu deTillaï.

La fête de Chidambaram a lieu au mois de Mêrgaji (dé-

oo

Page 1