CHAPITRE PREMIER
cembre-janvier), d’où son nom de Mârgaji-Tirumanjana (procession de Mârgaji).
Historique. — Des statues de Siva dansant à ia manière de Chidambaram se trouvent dans des niches des vimânas de Tanjore et de Gangaïcondapuram. Elles occupent dans ces deux temples la niche la plus occidentale de la façade méridionale du vimâna.
Cette pose spéciale est donc connue depuis le commencement du XI® siècle, sur les rives de la Caveri et du Couleroun. Dans ces images anciennes, le geste est sensiblement plus élégant que dans l’art moderne.
Nulle part nous n’avons trouvé l’image de Siva dansant à la manière de Chidambaram dans les temples d’Ellora, Badami, Mavalipuram, Kânchîpuram. Dans tous ces monuments, Siva danse dans toutes les poses, excepté celle de Chidambaram.
A Mavalipuram, Nadé.sa est représenté au premier étage du Dharmaraja ratha.
A Kânchîpuram, Siva dansant, mais d’une façon qui n’est pas celle de Chidambaram, se rencontre si fréquemment que nous ne saurions indiquer tous les endroits où on le voit (par exemple A. Rea, Pallava Architecture : dans le temple de Kaïlâsanatha : pl. XXVIII, pl. XXXVIII, pl. XL, fig. 2, pl. LI, fig. I, pl. CXXIIl, fig. 3, etc., et temple de Tripurankesvara, pl. CIX, fig.l) (1).
Yânaiouritône (Paramassivam écorchant l’éléphant).
On voit souvent, dans l’art moderne, Siva au milieu delà
(t) A Badami, Nadésa est représente à droite de la façade de la cave n“ 1 . A Ellora ce sujet se trouve dans toutes les caves brahmaniques. La ligure B, pl. VIII, représente Siva dansant dans la cave « Rameçvaram » . Nadésa est aussi représenté dans la cave brahmanique d’Aïwoli près de Pattadakal.
OMK II
Pl.ANCll!-: IX
Siva sur son char dans la cave « dàs avatàras » a Ellora I Vl* siècle) .
Bitchandi à Chidambaram (Xlli'- siècle).
Tomk li
l’i.ANC.l
l’iconographie sivaïte
peau d’im éléphant, le pied posé sur la lête du pachyderme
(fig. 6).
Fig. 6. — Yànaiourilone (Siva dans la peau de l’éléphant).
Un géant ayant pris la forme d’un éléphant (sanscrit ; gaja) poursuivait des adorateurs de Siva. Celui-ci l’éventra, transperça le géant avec son soulam et se fit un vêtement de la peau de l’éléphant.
Historique. — On trouve ce sujet représenté dans les temples de Kaïlâsanatha et de Muktesvara à Kahchîpuram (Hea, Pallam Architecture, pl. CXXIII, fig. 1 et pl. CV adroite) (1).
Bitchandi. — C’est le nom de Siva mendiant. Lorsqu’il eut,
(1) A Ellora, il se rencontre partout. La fig. B, pl. VIII, représente un grand bas-relief à gauche de l’entrée de la cave « Üoumar-Lena ». Siva transperce le géant en écorchant l’éléphant.
CHAPITKE PREMIER
SOUS la forme de Baïravar, coupé la tète de Brahma, il fut pris de folie, et, sous la forme d’un « andi », il se mit à mendier dans le monde entier. C’est sous cette forme qu’il alla dans la forêt de Tàrougavanam et qu’il séduisit les femmes desrichis qui envoyèrent contre lui le tigre, l’antilope et la hache incandescente.
Bitchandi, est toujours accompagné de l’antilope (màne) qui saute près de sa main droite. De la main gauche il tient un soulam qui est appuyé sur son épaule. Des autres mains, il tient le tambour (oudoukaï) et l’écuelle du mendiant (cabalam, du sanscrit kapâla).
11 est nu (digambara, vêtu d’air), et il est chaussé de sabots en bois que portent les religieux et qu’on appelle pâdaraksa. Ils sont retenus aux pieds par une cheville appelée kamil et qui passe entre les orteils.
H'ulor'ique. — Siva mendiant est représenté sur le Dharmarâja ratha à Mavalipuram (viC siècle). Sur le temple de Kaïlasànâtha à Kanchîpuramon le voit souvent au milieu des femmes des richis de la forêt de Taruka (voir par exemple : A.Rea, Pallava Architeclure, pl. LXIetXLVl, fig. 1).
La figure B, Pl. IX, le montre sur le gôpuram de l’est à Cbidambaram.
Siva sur son char (Tripurasamhari). — Siva est quelquefois représenté debout sur un char conduit par Brahmâ. Le Dieu qui a pour arme Pinàka (1 ) lance des flèches contre la ville de Tripuram où s’étaient réfugiés trois géants.
Historique. — Ce sujet est deux fois répété dans le temple de Kaïlâsanàtha tà Kanchîpuram [k Pallava A rchiteclure
pl. XXXIII, fig. 6 et pl. XXXIX, fig. 1). Il est rare de nos jours (2).
(1) Pinâka est le nom de l’arc de Siva. Aussi le Dieu est il appelé Pinàkapàni (Celui qui porte Pinâka).
(2) On trouve ce sujet représenté trois fois à Ellora, deux fois dans le Kaïlassa et une fois dans la cave « des avatârs » où il constitue un grand bas-relief, le dernier à droite au fond de la cave(Pl. XI, B).