CHAPITRE PREMIER
première prédication du Bouddha devant les cinq premiers disciples.
Dans les images anciennes du temple de Kaïlâsanatha (vni® siècle) à Kahchîpuram (PL XI. A), et du temple de Koranganatha à Srinivasanalur (x® siècle) (T. I, Architecture^ PL XXX, A), on voit toujours des biches aux pieds du Dieu. La présence de ces biches ne peut s’expliquer que d’une manière : la première prédication du Bouddha eut lieu dans le parc des biches ; ces animaux représentés par les Bouddhistes ont subsisté dans les anciennes images représentant Dakslîinâmûrti. Mais il n’y avait aucune raison de représenter des biches aux pieds de Siva ; aussi de nos jours, i elles ont totalement disparu (1).
Gangadaram. — Dans les temples Pallavas on rencontre ^ fréquemment des bas-reliefs représentant Siva faisant sortir j le Gange de sa chevelure. Le Dieu tient à la main une tresse de J cheveux ; la déesse Ganga, dontlecorps est pareil à celuid’une i sirène, apparaît, les mains jointes. Ce sujet est celui de l’uni- ! que bas-relief que l’on trouve dans une des deux caves de Trichinopoly (celle qui porte des inscriptions) (vn° siècle). !
On le voit très souvent dans le temple de Kaïlâsanâtha à Kanchîpuram (viii® siècle) (voir A. Rea, Pallava Architecture, ' Kaïlâsanatha, plate LIX, LVII, XLIV, fîg. 2, et CXXIII, fig. 2. | Muktesvara Temple, plate CIV et XCVIl, fig. 2) (2). ^
Mais l’intérêt de cette image réside dans ce fait que, très I répandue dans les sculptures anciennes, elle est tout à fait I inconnue des artistes modernes. !
Siva et Pârvatî montés sur le bœuf. — Au contraire, jamais î on ne voit sur les temples anciens Siva et Pârvatî montés sur i
(1) Il existe dans le Kaïlâsa d’Ellora un grand 'bas- relief (celui qui fait vis-à-vis à Siva se vétissant de la peau de l'éléphant) de Dakchinàmourli, dont la ressemblance avec l’image de Bouddha est frap- | pante).
(2) Ce sujet se trouve aussi dans le Kaïlâsa d’Ellora, et une fois sur le vimâna de Tanjore (x’ siècle).
L'ICONOGRAPHIE SIVAÏTE
un bœuf ; or c’est, de nos jours, une des images les plus fréquemment répétées.
Ce bœuf blanc, la monture ou « vâhana » de Siva est, selon la légende, Dharmadéva, dieu delà vertu. Mais il est généralement appelé Nandi. La planche Xll représente ce sujet ; de chaque côté du groupe divin des brahmes offrent des fruits ou des parfums et portent des bannières d’un genre spécial appelées « alavatomes ».
Sumaskanda. — On représente encore de nos jours (PI. XllI, A) Siva avec Pârvatî (Ouma) et un petit enfant, Soubramaniar (Skanda).
Historique. — Soumascanda ne se rencontre nulle part dans les caves d’Ellora et de Bâdâmi, mais par contre cette image est le grand leit-motivde l’iconographie des Pallavas. Elle est si souvent répétée dans le temple de Kaïlâsanatha à Kanchîpuram qu’il est inutile d’en faire le recensement, il suffit de dire que les reproductions de ce dessin y sont innombrables. 11 semble que ce motif représente la partie essentielle du sivaïsme des Pallavas vers 700, car cette image se trouve ordinairement devant te Lingam, sur le mur qui forme le fond du sanctuaire (voir (PL I, Aj.
Siva et Pârvâtî portant Soubramaniar sur ses genoux sont assis sur un banc ; l’attitude de la divine famille est pleine de calme et de noblesse. Le bras gauche de Siva est posé comme celui de Bouddha méditant: les autres bras ne tiennent d’autres insignes que des serpents. Vichnou et Brahma, l’un à droite, 1 autre à gauche, se tiennent des deux côtés et en arrière de Siva (PL XIII, B).
Râvana au-dessous du Kaïlâsa. — Le paradis de Siva est une montagne blanche (d où le nom de Bajatadri, montagne d argent), c est là que Kaïlaiyàli (le Dieu du Kaïlâsa) habite avec son épouse, ses enfants, ses adorateurs et la troupe des Ganas (le Kailàsa est appelé Ganaparvata, la montagne des Ganas). A 1 entrée du Pudu Mandapam de Madura on voit une très belle statue représentant le géan t Bàvana au-dessous