‹ Archéologie du sud de l'IndeChapitre 22 sur 85 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

De nos jours elle est considérée comme une Grâma-dêvatâ (divinité de village) ; elle est vénérée spécialement par les « Soureurs » ; les marchands de « Kallou » (jus de palmier) ornent le fond de leur boutique avec l’image de Kâlî.

§ 3. — Poulléar.

Les plus illustres fils de Siva et de Pârvatî sont Poulléar, l’aîné (Munnôn) et Soubramaniar, le cadet, qui sont fréquemment représentés aux côtés de leur père : Poulléar à la droite du Dieu, Soubramaniar à sa gauche. Le troisième fils de Siva est Vîrabhadra.

Le nom de Poulléar, qui est une corruption du mot tamoul Pilléyâr (le Fils), désigne le Dieu plus connu dans l’Inde par les épithètes de Ganésa (sanscrit Ganeça, de gana, troupe ; iça, chef) et de Ganapati, en sa qualité de conducteur de la troupe des Ganas (petits génies du Kaïlâsa).

Dieu de la prudence et de la sagesse, son pouvoir est très grand pour triompher des difficultés.

Aussi est-il l’objet d’un culte fervent sous les noms de Vighneçvara et de Yinâyaka, c’est-à-dire « vainqueur des ; difficultés ».

Le caractère distinctif de Poulléar, c’est qu’il est repré- i

senté avec une tête d’éléphant sur un corps humain. Aussi j

est-il surnommé Anaimukavan (du mot tamoul « anai » qui ! signifie éléphant), Gajamukha, Gajanana (du mot sanscrit j gaja, éléphant) et Tumbikkaiyan, celui qui a une trompe I (du mot tamoul tumbikaï, trompe). On explique cette parti- ! cularité de plusieurs manières :

Pàrvatî, au bain, eut envie d’avoir un fils ; une sueur couvrit son corps, et au moment où elle l’essuyait elle Irouva un enfant dans le creux de sa main. Siva étonné lui demanda :

« Quel est cet enfant ? » « Pillai âr » ? Les Dévas vinrent lui rendre hommage à sa naissance. Sani, le génie de la planète Saturne, dont les regards réduisent en cendres tout ce qu’ils

(l.MK

I'lanciii: XV

A. Chàmoundi (image moderne).

B. Combat de Chàmoundi et du géant Mahichasura à Mavalipuram (Vil siècle I.

Tomiî II

l*LAXCIin

Chàmoundi debout sur la lete de Mahicha (Vil® siècle).

l’iC OROGRAPHIE SIVAÏTE

atteignent, restait en arrière et la tête baissée. Pârvati prenant sa réserve pour une insulte lui fit des reproches; enfin poussé à bout il regarda Poulléar dont la tête tut réduite en cendres. Pour consoler Pârvatî, Siva ordonna à Sani de couper la tête du premier être vivant couché du côté du Nord .

Fig, 9. — Poulléar.

Cet animal étant un éléphant, on adapta cette tête sur le corps de Peu Tant.

Suivant une autre légende, Siva et Pârvatî virent deux éléphants prenant leurs ébats dans une forêt ; ils eurent l’idée de les imiter, et le fils qu’ils avaient conçu dans cette circonstance naquit avec une tête d’éléphant.

On commémore l’anniversaire de sa naissance par la fête de Pillaiyâr-Chaturtti (quatrième jour après la nouvelle lune de chaque mois, mais plus spécialement du mois d’Avani) (août-septembre).

Page 1